Une météo d’une violence exceptionnelle et une urbanisation méprisant la mémoire des événements climatiques de la région ont eu raison des lotissements des communes de La Faute-sur-Mer et de L’Aiguillon-sur-Mer. Pour la seule commune de La Faute-sur-Mer, on déplore 29 morts et des centaines de personnes sinistrées. Après le passage de Xynthia, les secours se sont très vite déployés, en particulier les équipes du Secours Catholique.
« Le réseau des bénévoles s’est mobilisé à 40 % », se félicite Jean-Marie Pogu, président de la
délégation de Vendée. Dix jours après la catastrophe, les équipes comptaient toujours une centaine de personnes chaque matin, prêtes à visiter les maisons une par une pour s’informer des besoins des personnes sinistrées. Un centre de dépôt de vêtements et de produits alimentaires, ainsi qu’une écoute, ont été installés dans le gymnase de L’Aiguillon dès le lendemain de la tempête. Même réactivité exemplaire en Charente-Maritime, avec près de 70 bénévoles chaque jour, prêts à donner un coup de main pour le nettoyage des maisons.
La tempête, qui a fait 12 morts dans ce département, a endommagé 4 000 maisons, dont 120 sont jugées inhabitables par les autorités. La délégation a mis en place un lieu d’accueil pour aider les sinistrés à effectuer leurs démarches administratives.
Maisons inhabitables.
Après l’urgence viennent les questions de fond : les maisons construites sur des sols meubles, trop proches de la mer, ne résisteront plus très longtemps après les inondations. La plupart d’entre elles devront être rasées. Comment reloger au moins 1 500 personnes en Charente-Maritime ? Le conseil général a indiqué avoir trouvé de quoi reloger 900 familles. En Vendée, on a reçu 700 offres de logement, dont près de 200 ont été retenues, aussi bien dans des résidences secondaires que des mobile homes.
Mais il ne pourra s’agir que de solutions provisoires. Outre le relogement se pose le problème des ressources financières des sinistrés. En Charente-Maritime, 80 % d’entre eux sont des personnes modestes, qui n’avaient pas forcément contracté d’assurance pour leur maison et leurs biens. Beaucoup ont tout perdu, y compris leur outil de travail, qu’ils soient ostréiculteurs, agriculteurs ou artisans. Certes, le gouvernement a prévu d’indemniser les PME touchées à hauteur de 10 000 euros. Une fois les aides institutionnelles épuisées, ceux qui n’auront pas pu y recourir ou qui n’auront pas reçu suffisamment pour revivre normalement seront accueillis par les délégations du Secours Catholique.
En attendant, le sénateur de Vendée, Bruno Retailleau, a demandé l’ouverture d’une enquête parlementaire « afin de tirer rapidement les leçons de la tempête ». Le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, souhaite de son côté que la délivrance des permis de construire soit désormais confiée aux départements et non plus aux seules communes, « qui n’ont pas la capacité de résistance aux pressions spéculatives ». Un plan de réfection des digues (1 350 km) a d’ores et déjà été annoncé par le gouvernement. Et les assureurs prévoient que le coût de la tempête dépassera le milliard d’euros.










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