
- C. Pottier-Le Bar Floréal / SC
Dans la nuit du 28 février 2010, une tempête d’une violence exceptionnelle a dévasté plusieurs communes du littoral vendéen et de Charente-Maritime. C’est la Faute-sur-Mer, petite agglomération vendéenne de 1 000 habitants, qui a payé le plus lourd tribut avec 27 morts.
En Charente-Maritime, l’eau a recouvert plus de 40 000 hectares, jusqu’à 14 kilomètres à l’intérieur des terres, submergeant une partie du territoire de 45 communes, inondant 4 830 maisons, tuant une douzaine de personnes et en blessant 200 autres. Dans l’obscurité, des dizaines de personnes se sont retrouvées prises au piège. Souvent, les volets électriques ont été fatals : une fois le courant coupé, impossible de s’échapper. Au total, Xynthia a fait 47 morts et provoqué 1 milliard d’euros de dégâts, selon les assurances, dont près de la moitié pour la seule Charente-Maritime.
Un an après, la préfecture de La Rochelle assure que les deux tiers des dégâts des habitations sont indemnisés, ainsi que la moitié des dégâts professionnels.
Zones à risques
Reste le gros dossier de la prévention et donc de l’établissement des zones à risque. En Charente-Maritime, on attendait pour la mi-janvier la publication définitive de la liste complète de ces zones, avec à la clé d’éventuelles expropriations. Trois zones, concernant 320 habitations, devaient encore faire l’objet d’une expertise supplémentaire.
Pour la première fois, l’État a proposé aux habitants des zones inondées de racheter leurs habitations au prix du marché antérieur à la tempête. En revanche, il ne sera plus permis de bâtir dans les zones « noires », rebaptisées « zones de solidarité ». Les propriétaires des habitations en zones « jaunes », susceptibles de subir d’autres tempêtes, auront l’obligation de sécuriser leur maison pour prévenir des catastrophes futures.
Aujourd’hui, les équipes d’urgence ont déserté les rues qui ont perdu leur nom et leurs numéros. Ne restent plus que les assistantes sociales et les bénévoles du Secours Catholique. Michel Braquart et Jean-Marie Pogu, respectivement présidents des délégations de La Rochelle et de La Roche-sur-Yon, ont le même souci que les bénévoles qui continuent d’arpenter le terrain : « Il faut éviter que les sinistrés basculent dans la précarité. » Les maisons de la zone « jaune », pour être sauvegardées, devront faire l’objet de travaux onéreux.
Les communes de Charente-Maritime touchées par la tempête comportent surtout des habitations principales et de très petites entreprises (contrairement à celles de Vendée). Si ces entreprises se sont maintenues tant bien que mal pendant la saison estivale, elles connaissent aujourd’hui des difficultés de trésorerie.
Partenariat
C’est pourquoi la délégation de Charente-Maritime a lancé une initiative à la fin de l’année 2010 pour les très petites entreprises (TPE), qui emploient moins de trois personnes. « Nous avons établi un partenariat avec le Crédit mutuel Océan, l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) et France active. Il permet d’attribuer une aide financière maximale de 300 euros ou de souscrire un emprunt de 6 000 euros auprès de l’Adie, ou encore un emprunt de 15 000 euros à 2,75 % auprès du Crédit mutuel Océan », explique Pierre Bouin, le délégué de Charente-Maritime, précisant que le Secours Catholique se porte garant à hauteur de 50 % des sommes empruntées. Au 31 décembre, l’association avait apporté une aide matérielle de 551 euros en moyenne à 127 familles.
En Vendée, l’association a été sollicitée par 189 familles sinistrées. Toutes ont été indemnisées, mais toutes n’ont pas encore été relogées. Les nombreux bénévoles des deux délégations resteront mobilisés tant que cela sera nécessaire.
Jacques Duffaut










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