Qui est vraiment expert
en précarité ? Celui qui
voit et qui contemple
ou celui qui la vit et se bouge ?
Pour le premier, celui qui
constate, l’assistanat est le seul
remède à ce fléau avilissant.
Pour lui, les clichés sont
tellement puissants qu’en toutes
circonstances, le précaire doit
avoir la gueule de l’emploi :
le pauvre est triste, il bafouille,
il a peur, il estcommesur une
image d’Épinal, recroquevillé
sur lui-même. Foutaises !
Pour le second, moi qui suis
commelui, je vais te dire ce que
désirent ces gens, tous ces
« sans »commeon les appelle
aujourd’hui. Celui-ci, sa dignité
est souvent bafouée. Celle-là
rame ou erre toute la journée.
Celle-ci devient irascible, onne
comprend pas bien pourquoi…
Celui-là, celle-là, encore et
encore…Mais quand est-ce que
tout cela s’arrêtera ? Quand ils
deviendront des invisibles et
disparaîtront petit à petit de la
surface de la planète ?
Non, il ne faut pas.
Nous avons tous besoin les uns
des autres. Car il y a
de l’entraide, de l’ingéniosité,
de la ressource etmêmede la
générosité, en bref de l’humanité
chez ces gens là. Et j’en sais
quelque chose, car je suis
l’un d’entre eux.
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