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Halte au 49/16 pour Jean-Claude
mise en ligne : 01-06-2004

Jean-Claude se réjouit. A 55 ans, il a un toit bien à lui et un projet abouti. Sans abri des années durant, il a fréquenté, par nécessité, les différents dispositifs d’urgence de la ville d’Angers. Dix ans auparavant, lorsqu’il passe le pas du 49/16, l’espoir renaît.

Pour ce fidèle habitué de l’accueil de jour du Secours Catholique, c’est toujours le «49-16». 49 pour le département et 16 pour le numéro de l’ancienne adresse. En remontant le temps, Jean-Claude se souvient de l’accueil attentionné des premiers instants. Séduit par l’atmosphère chaleureuse que dégagent le lieu et les bénévoles qui le font vivre, il prend ses quartiers et s’implique dans les activités et ateliers de loisirs proposés. Très vite des liens se créent. A l’occasion des 10 ans de la Halte de jour, Jean-Claude émet l’idée d’écrire un livre qui retracerait l’histoire du lieu, avec les témoignages des personnes rencontrées. Un récit «pour ne pas oublier et pour voir aboutir un projet» comme il dit. Une sorte d’hommage aussi, à ceux qui ont su répondre de leur présence à des moments clés. «Ce qui aide quand on est à la rue, c’est d’avoir un projet, même petit et de pouvoir le mener jusqu’au bout. Ce projet là m’a donné un but et j’ai retrouvé de l’espoir malgré les galères. Et puis, il faut bien faire quelque chose de sa vie, se sentir utile à quelqu’un et laisser des traces. C’est important.»

Encouragé par Noëlle, une bénévole avec qui il se lie d’amitié, il entreprend ce travail d’écriture qui lui tient tant à cœur. « Jean-Claude a procédé par étapes. Il effectuait les recherches et me donnait les éléments à rédiger. Il a fait le choix des personnes à interviewer et a recueilli tous les témoignages. Sans domicile à l’époque et sans téléphone, il n’a jamais manqué un seul rendez-vous» confie Noëlle. A force de volonté et de petites économies de RMI, Jean-Claude achète une caravane : une autre étape. «La caravane, c’était pour me tester. Je me suis dit que si je parvenais à vivre dedans, alors je serai prêt pour un appartement. Aujourd’hui j’ai aussi un studio, mais il m’arrive de retourner vivre un temps dans la caravane. Quand on a vécu la rue, on ne supporte plus d’être enfermé. C’est comme un appel du large, une manière pour moi de décompresser.»



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