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| L'avenir en héritage |
mise en ligne : 07-06-2004
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1912-1916. Ce fut d’abord Maryvonne. Puis Luce. Maryvonne et Luce Dauder. Toute une vie. Tout un temps. Une traversée à deux en complices. Deux sœurs. Deux cœurs. Ce fut, très tôt, la maladie de Maryvonne, ses hospitalisations successives, sa cécité à 30 ans. Luce est plus jeune, mais elle ne sera pas épargnée. Atteinte d’une congestion pulmonaire à 6 ans, affectée par des rechutes, ses études seront chaotiques. Travail, sérieux, rigueur paieront. Elle devient secrétaire de direction. «Nous étions très intéressées par toute l’actualité en France et dans le monde, commente Luce posément. Mon père travaillait dans l’import-export. Sa mort brutale en 1927 a été difficile. Nous étions privilégiées à l’époque, nous avions la TSF, une voiture, des vacances. Ma mère a pu ouvrir un commerce de vente de tissus. Maryvonne a appris le braille et décroché un emploi de standardiste. Catholiques et pratiquantes, nous participions du mieux que nous le pouvions à la vie de notre paroisse. Nous avons toujours pu, quelle que soit notre situation, donner une part aux œuvres.» Elles ont donné pour le logement parce que, dit-elle avec assurance, «c’est très important d’avoir un toit». Ces deux cœurs sont gros comme ça, avec un sens aigu du devoir et des valeurs.
Un don ultime
En 1990, Maryvonne et Luce, quelques rides au coin des yeux, vendent leur pavillon pour s’installer dans une maison de retraite. Décision sage dictée par le handicap de Maryvonne et par le rendez-vous des ans. «Nous avons choisi ensemble, comme pour toutes choses dans notre vie. Le Secours Catholique a toujours été pour nous une évidence pour ses orientations centrées sur la responsabilisation des personnes et non sur l’unique assistance.»
Dans la chambre de Luce, il y a des ombres chaudes et agréables, des cadres en noir et blanc avec des souvenirs dedans. C’est ici, dans cette ambiance feutrée et délicate, que nous évoquons le décès de Maryvonne en 2001 et cette volonté partagée de faire de la vie une histoire sans fin. «Nous avons longuement réfléchi avec ma sœur. Tout pensé. Tout pesé. Nos biens et valeurs pour le Secours Catholique et surtout faire en sorte que nul ne rencontre de difficulté. Il faut tout envisager quand on fait un legs. J’ai même détaillé le mobilier pour être sûre que personne ne se trompe et payé les pompes funèbres générales. Je fais attention, car pour moi cet argent va être très utile à des personnes en grande difficulté. Le legs ne fait pas mourir, sourit-elle. C’est un vœu, un souhait de don ultime… pour les autres.» L’avenir en héritage. |
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