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| Cœur de mère |
mise en ligne : 09-08-2004
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Le cœur de Maria Magela Escalona, Panaméenne réfugiée en France, chavire de bonheur car ses enfants l’ont rejointe. Après avoir été si longtemps séparés de leur mère. Silhouette gracile, peau mate, yeux noirs tour à tour embués de larmes et irradiés de bonheur, Maria, 37 ans, ingénieur informaticienne de formation, a essuyé des tempêtes. Au Panama, son mari l’ayant abandonnée, elle doit rapidement trouver une solution pour nourrir ses trois enfants. Ce sera l’armée de terre où elle obtient le grade d’adjudante. Mais très vite la sous-officier, soumise à des pressions politiques mettant en danger sa vie, doit se résoudre à confier ses enfants, Fernando Gabriel, Miguel Angel et Cinara Gisèle à sa mère, et à se réfugier en France.
Installée en juin 2000 dans la région de Perpignan où elle épouse un Français, Maria souffre de ne pas avoir ses enfants auprès d’elle. Déchirée, déprimée, pleurant chaque jour, elle se sent “détruite” et perd 15 kilos pendant ces années noires. Surtout lorsque sa maman, retraitée aux revenus infimes, avoue au téléphone : «Que vais-je donner à manger aux enfants ce soir ?» Ou lorsqu’elle apprend que quelques euros manquants pourraient dissuader les médecins d’opérer de l’appendicite l’un de ses fils.
En mars 2001, la jeune femme décroche un emploi, temporaire et partiel, de chauffeur d’autobus de ramassage scolaire. Elle gagne ainsi en proximité affective avec ses enfants grâce à l’achat de cartes de téléphone. Son “gain” est cependant limité, car Maria a une obsession : faire venir ses trois enfants en utilisant la procédure de regroupement familial. Durant près de trois ans l’ex-militaire va mener une bataille administrative, solidement épaulée pendant des mois par Catherine Escudier, bénévole au Secours Catholique. Le duo réunit les pièces nécessaires au dossier. Reste cependant un obstacle de taille : le coût des quatre billets s’élève à 3 930 euros. Le Secours Catholique national prend en charge la somme, Maria s’engageant de son côté à rembourser en deux ans son voyage aller-retour. Le 1er mai 2003 elle pose le pied dans l’Hexagone avec Fernando Gabriel, Miguel Angel et Cinara Gisèle. Son cœur de mère chavire de bonheur. Un an après, elle n’a toujours pas trouvé de mots pour le dire. |
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