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Sauveur, l’esprit d’équipe
mise en ligne : 26-11-2004

Faconde de pilier de rugby, verbe truculent, Sauveur a parcouru les mers et les océans, manié la pelle et la pioche, travaillé à Lacq dans les Pyrénées Atlantiques dans la “grande famille” d’Elf et connu la galère après un licenciement économique à 50 ans passés. Aujourd’hui, à 58 ans, il offre de son temps au Secours Catholique où il est responsable des petits-déjeuners servis aux personnes sans domicile.

" À un moment, moi aussi j’ai eu besoin du Secours Catholique. Je n’avais pas tous mes papiers, j’avais été licencié… alors quand j’ai eu du temps à donner, je suis venu là. " Sans hésitation, Sauveur s’est engagé au service des plus démunis : " Je n’ai pas cherché d’autres services. Les petits-déjeuners, c’étaient très bien. J’aime ce contact avec les gens, les servir, mais surtout les accompagner, avoir une petite discussion… " 40 ans en arrière c’est également sans hésitation qu’il s’est engagé dans la marine. À 17 ans. Pour voyager et pour suivre un copain mais avec " la bénédiction de [son] père ". 7 ans et demi et l’équivalent de trois tours du monde dans la tête, le retour en France est un peu brutal. Il quitte l’armée et se retrouve à l’ANPE de Bayonne. " Le premier boulot que j’ai trouvé, c’était des travaux publics, la pelle et la pioche ", confie-t-il. Lui qui assurait des transmissions en morse s’adapte, s’accroche et finit par intégrer le groupe Elf sur le site de Lacq. Il y fera sa carrière jusqu’aux difficultés rencontrées par le site qui lui vaudront un licenciement économique accepté car " il fallait préserver les gens qui avaient des familles ". " Mais passée, la cinquantaine, pour retrouver un boulot… " De cette période entre deux eaux, Sauveur, volontaire et bagarreur, ne garde aucune rancœur. Elle lui a permis de rencontrer le Secours Catholique. Aujourd’hui, il fait profiter à l’association de son tempérament accrocheur, de " son esprit gagneur ". Il se reconnaît " éternellement râleur " et admet " secouer de temps en temps autant les bénévoles, pour pas qu’il reste à servir pour servir, que les accueillis afin de leur faire comprendre aussi que le petit-déjeuner, ce n’est pas un dû et les inviter à participer voire même à rejoindre le bénévolat ". Sauveur, qui aime " cette convivialité avec les gens qui se retrouvent en galère, ce contact direct " n’arrive pas à comprendre " comment certains arrivent à ne plus se rebeller contre ce qui leur arrive ". Alors tel un entraîneur ou un vaillant avant de rugby, il s’échine à les motiver, à leur faire remonter la pente entre un café et une tartine de pain…
crédit : E. Perriot / SC


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