Esquisses de jeunes gens dont l’action, l’imagination et le don de soi révèlent le désir de vivre harmonieusement ensemble. Toulon.Var. Les rencontres nationales du football solidaire : le sens de la relation.
Depuis 2003, la délégation du Secours Catholique de Toulon et l’association de quartier ‘les Amis de Jericho’ (structure d’accueil de personnes sans domicile) organise les Rencontres Nationale du Football Solidaire. Cette année, pour la première fois, ‘les jeunes solidaires’ du Var ont participé de manière structurée. Ils ont monté une équipe nommée ‘solide amitié’, en écho direct au rassemblement de Tous’1 2 004. « Le tournoi rassemble des personnes de tous horizons. Des délégués du Secours Catholique venus de toute la France, des bénévoles, des personnes sans domicile fixe ou en difficulté sociale, mais aussi quelques policiers. » explique Mohamed BERRAHO, bénévole au Secours Catholique et participant au tournoi. Le nombre de participants augmente de façon exponentielle : de 12 équipes en 2 004, les rencontres ont rassemblé 24 équipes, soit prés de 250 joueurs en 2005. 48 équipes en 2 006 ? Le contact est bien sûr la raison première du tournoi. Mais attention ! Les participants n’oublient pas l’enjeu sportif. Ainsi, il a fallu trouver des arbitres amateurs confirmés. Car si pour la première compétition l’arbitrage avait été quelque peu improvisé, il s’est avéré important d’y attacher plus d’importance. Les concurrents avaient en effet pris le tournoi très au sérieux. Reste la rencontre. Au-delà des quelques médailles pour les vainqueurs ou des photos pour l’ensemble des équipes, rassembler des personnes aussi différentes sur un terrain est chose trop rare.
Marseille. Bouches du Rhône. L’atelier d’alphabétisation donne naissance à un atelier de cuisine. L’atelier d’alphabétisation est situé dans la maison Bétanie (centre d’accueil de jour) à Marseille. Il s’adresse aux habitants du quartier quelles que soient leurs origines. Jean Obega, bénévole au Secours Catholique, souhaite élargir le concept afin de ne pas isoler les personnes, apporter du brassage et permettre au public ayant acquis des bases de français de progresser. Il monte un atelier de cuisine sur le site, fin 2 003. « C’est à la fois un lieu parallèle et complémentaire : il permet d’aborder l’apprentissage du français de façon ludique et indirecte. » Le vent de Tous’1 2004 atteint la côte méditerranéenne. De trois bénévoles, la structure se voit portée à 10 courant 2 005. De plus, et sans que ce soit son but premier, des personnes sans domicile fixe accueillies au centre se sont mêlées au groupe de l’atelier cuisine. Elles oublient un peu la rue, un instant. Parmi les sans-logis se trouve d’ailleurs un ancien maitre-cuisinier qui apporte sa connaissance au groupe. Chacun et chacune y va de sa recette. « D’autant que pour celui, ou celle, qui enseigne c’est un lieu de valorisation. L’apprentissage de la cuisine n’est en fait qu’un prétexte. » commente Jean Obega. Ceci avec un petit budget, une vingtaine d’euros consacrés à l’achat des ingrédients pour le démarrage, une collaboration du Secours Catholique pour les ustensiles et la participation des personnes à hauteur d’un euro symbolique.
Carcassonne. Les ‘camps aventures’ en réponse aux inondations de 1999 dans l’Aude.
Tout est parti du choc vécu par les enfants audois lors des inondations de l’année 1999. L’Aude avait débordé et submergé routes et villages. Durant les mois qui suivirent, les plus jeunes font des cauchemars, marqués par l’ampleur de la catastrophe. L’année suivante, le département urgence du Secours Catholique monte un premier camp afin de rassurer les enfants sinistrés. Les petits sont emmenés à la source de la rivière : le cours d’eau ne fait qu’1,50 mètre de large. L’année suivante la délégation locale du Secours Catholique continue avec le désir de donner des vacances aux enfants de familles en difficulté. Ainsi le premier ‘camp aventure’, tel qu’il existe aujourd’hui, débute en 2 001 avec 23 bambins. 5 jours durant, ils ont accès à des activités qui leur auraient été inabordables. « Bénéficiaires, par ailleurs, des actions du Secours, les familles accueillent les animateurs plusieurs mois avant le camp. Ainsi la relation avec l’équipe s’installe-t-elle durablement et perdure après les vacances.» explique Jean-Michel Ardourel, animateur de la délégation de Carcassonne. D’autant que les parents participent financièrement à l’action à hauteur de 50 Euros. Ici encore, Tous’1 porte ses fruits, dans la participation des jeunes solidaires à l’action ‘des milliers d’étoiles’, par exemple. Mais un nouveau projet est en préparation pour l’été prochain, avec un camp d’ados à cheval en totale autonomie durant 5 jours.
Toulon.Var. Action auprès des Roms de Fréjus.
Une quarantaine de Roms se sont installés à quelques pas d’une décheterie à Fréjus, au mois d’octobre 2004. Devant la précarité de leur situation, plusieurs associations, dont le Secours Catholique, regroupés autour de l’Union Diaconale du Var ont décidé d’intervenir. Fabienne Chaudit, animatrice de la délégation du Secours à Toulon, s’occupe plus particulièrement des enfants. « Les actions que nous menons auprès des plus jeunes sont parfois des plus simples. Outre les activités ludiques traditionnelles, jeux, danses, goûter, on peut donner de la joie -et en recevoir tout autant- simplement en apprenant à un enfant à tenir un stylo. C’est ce qui m’est arrivé avec un petit Rom. » Ici encore, les jeunes solidaires sont présents, ils sont quelques-uns à prêter main forte à l’animatrice. Un renfort d’autant plus utile qu’au mois d’octobre le camp a été rasé, dispersant les Tziganes dans la ville et rendant l’action plus difficile encore. « Il nous a fallu retrouver les personnes et arriver de nouveau à tisser le lien. » explique Fabienne Chaudit. Recréer et garder ce lien, l’un des rares existants entre eux et la société. « Il a fallu un long travail d’approche et de mise en confiance pour arriver à créer une relation, nous sommes obligés de tout reprendre à zéro. » Et la situation de ces personnes ne s’est pas améliorée : si telle famille est hébergée par des amis, tel couple, âgé et de santé fragile, vit dans un camion. D’autant qu’ils ne sont pas, pour la plupart, en situation irrégulière : ils ont des visas touristiques.
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