202 sans-abri morts en six mois

Publié le 03/01/2013
France
 

«  La bourse ou la vie ? » Le ton est donné dès l’ouverture de la cérémonie qui rassemblait le 6 décembre près de 300 personnes devant le palais Brongniart, dans le IIe arrondissement de Paris. Le collectif Les Morts de la rue, dont le Secours Catholique est membre, a réclamé une fois de plus un pacte de justice sociale.

L’émotion est forte. Des plaques de rue, pareilles à celles qui désignent les artères de la capitale, portent le nom ou le prénom de chacun de celles et ceux qui ont péri ces six derniers mois. Des témoignages se succèdent : « Cette indifférence qui lui était si pénible a fini par le tuer », énonce au micro la sœur d’une des victimes.

Au milieu de la place, des mannequins entassés illustrent cette indifférence généralisée et ce gâchis. Les intervenants sociaux refusent d’être complices de cette hécatombe. Ils disent combien il est urgent d’agir. Leurs témoignages en disent long : « Je ne peux plus, comme seule réponse à une demande d’hébergement, me résigner à ne donner qu’un duvet » ; « Je ne peux plus voir les larmes dans les yeux des femmes et des enfants que je suis censé aider ou dans les yeux de mes collègues entre deux entretiens difficiles » ; « Je ne peux plus exercer mes missions quand il est impossible de faire valoir ce droit fondamental qu’est le droit à l’hébergement et au logement. »…

Les morts défilent. «  Claude, 60 ans, à Lyon. » «  Un homme entre 30 et 40 ans à Montpellier. » « Sylviane Clou, entre 40 à 50 ans, à Neuilly. » La longueur de la liste est indécente. Sa lecture s’achève sur une minute de silence.

Dans un même temps, la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars) annonçait qu’en novembre les demandes d’hébergement d’urgence ont augmenté de 37 % par rapport à la même période de l’année dernière. Trois sans-abri sur quatre qui appellent le 115 n’ont aucune proposition d’hébergement. La demande de places concerne de plus en plus de familles, en augmentation de 60 % en un an.

J.D. avec Victoire Le Cœur

© Sébastien Le Clézio/Secours Catholique
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