Aide au développement : Vers plus de transparence

Aide au développement : Vers plus de transparence

Publié le 24/03/2017
 

En s’engageant à publier selon une seule et même norme les informations sur les projets qu’ils financent, nombre de pays et d’organisations - parmi lesquelles le Secours Catholique -  mettent en pratique la transparence qu'ils préconisent en matière d’aide au développement et de coopération entre le Nord et le Sud.

Quand pays du Nord, organisations humanitaires ou personnes privées participent financièrement au développement de projets dans les pays du Sud, savent-ils précisément comment est employé leur argent ? Connaissent-ils l’impact de cette manne sur les populations ?

Jusqu’il y a peu, il était difficile de suivre la trace de ces fonds transférés du Nord au Sud. Si l’obligation de publier certaines informations était souvent respectée, les dites informations provenaient de sources diverses, délivrées dans des formats, des langages informatiques, des mesures ou des définitions incompatibles les unes avec les autres. Impossible dès lors de se représenter une vue d’ensemble de la coopération au développement dans tel ou tel pays, pour tel ou tel secteur.

En 2008, lors d’une réunion à Accra (Ghana) certains donateurs ont souhaité coordonner l’aide apportée au développement en partageant le maximum d’informations et en les rendant lisibles pour tous, donc transparentes.

L’idée soutenue par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) se traduit technologiquement par l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (IATI) qui établit une seule et même norme pour publier les données.

« L’IATI met en place une norme de publication, explique Alexandre Daval, coordinateur de projets internationaux au Secours Catholique. L’adhésion à l’IATI est libre. Mais dès que l’on accepte de publier, on a l’obligation de publier sous cette norme-là. »

 

« Tout citoyen pourra désormais vérifier que l’argent donné a été utilisé à bon escient »

Alexandre Daval, coordinateur de projets internationaux au Secours Catholique


Dès la fin du premier trimestre 2017, le Secours Catholique publiera sur le site IATI.org le montant des aides accordées aux programmes internationaux qu’il soutient. « Nous appliquons à nous mêmes ce que nous exigeons des autres, dit Alexandre Daval. Toutefois transparence ne veut pas dire exhaustivité. En effet, nous exclurons de la publication des projets mis en œuvre par des partenaires dans des zones où cela pourrait porter préjudice aux relations entre le SCCF et le gouvernement ou entre le SCCF et ses partenaires (travail sur les droits humains, zones affectées par un conflit). »

En rassemblant sur un même site et selon un même format, toutes ces données permettent de cartographier le périmètre des aides, de mesurer leur efficacité, de mieux cibler et de rééquilibrer certaines d’entre elles.

En ayant accès à ces informations, les gouvernements des pays aidés disposent du montant total des aides attribuées à tel ou tel de leurs secteurs et obtiennent une vue générale de la situation qu’ils ont en charge. Egalement, tout citoyen peut s’informer sur ce site et vérifier que l’argent reçu a été utilisé à bon escient.

Cette initiative se situe dans la droite ligne des initiatives de transparence de l’industrie extractive (ITIE) ou de la transparence exigée des banques par plusieurs textes, français et européens.

Contribuables, donateurs, politiques et citoyens, grâce à cette initiative, ont progressivement accès à une information claire et transparente. Une information qui fait reculer le flou qui pouvait entourer jusqu’ici certains flux financiers et éventuellement favoriser la corruption.

 

Accéder aux actions du Secours Catholique sur la base de données IATI

 

Jacques Duffaut
Crédit Photo : © Lionel Charrier - Myop /Secours Catholique - Caritas France
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