Asie mineure : la lutte pour la sécurité alimentaire

Publié le 09/07/2013
 

Responsable du pôle Asie au Secours Catholique-Caritas France, Jacqueline de Bourgoing s’est rendue en Mongolie en juin, pour rendre visite à la Caritas locale. Dans ce large pays coincé entre la Chine et la Russie, notre partenaire s’investit auprès des populations pauvres particulièrement touchées par l’insécurité alimentaire.

L’écart est saisissant entre le taux de croissance économique du pays, de 12,3 % en 2012, et le quotidien d’une partie de la population : un quart vit sous le seuil de pauvreté. Qu’en pensez-vous ?

Cet état de pauvreté est particulièrement dû à l’exode rural qui touche particulièrement la capitale Oulan-Bator. Dans les faits, 50 à 60 % des trois millions d’habitants sont nomades et les autres vivent en ville. Quatre sur dix résident à Oulan-Bator. La pauvreté est en particulier présente chez les nomades qui viennent grossir des bidonvilles. Le gouvernement donnant une pièce de terre à chaque nouvelle famille (1 ha à ½ ha), les arrivants plantent des yourtes dans la capitale de façon sauvage.

Quelles sont les priorités pour Caritas Mongolie ?

D’abord, la sécurité alimentaire. Le projet Approches agricoles innovantes et sécurité alimentaire en Mongolie, soutenu par le Secours Catholique-Caritas France, en est l’illustration.

Ensuite, le programme de réinsertion des migrants à Oulan-Bator. Enfin, le projet de soutien aux femmes seules (soit leurs maris travaillent dans les mines, soit ils sont décédés, ou les couples sont séparés).

Le projet de sécurité alimentaire, mis en œuvre à partir de 2010 dans les régions de Oulan-Bator et Gobi-Altaï, répond-il à l’objectif initial, c’est-à-dire l’amélioration de la qualité et de la quantité de la production agricole ?

275 serres ont été construites à bas coût par les habitants à côté de chez eux, avec l’aide d’un technicien, et 70 celliers (pour donner des capacités de stockage supplémentaires) ont également été bâtis. La période de culture des légumes atteint désormais neuf mois au lieu de trois mois.

Il y a au moins 300 personnes qui jouissent à présent d’une certaine sécurité alimentaire. Tout le monde veut des serres solaires parmi les habitants de Oulan-Bator, même si elles restent chères pour les plus pauvres. L’Union européenne, autre financeur du projet, est enchantée de leur impact.

Deux problèmes demeurent : l’approvisionnement en eau et la commercialisation. Sur ce point, le défi est de structurer les filières, d’organiser les producteurs en coopératives.

Avec ses huit membres permanents, Caritas Mongolie est très performante. Ils tirent parti de tout ce qu’ils font. C’est une dynamique impressionnante. Ainsi, le projet agricole les a fait énormément grandir dans plusieurs domaines : relations avec les pouvoirs publics, suivi et gestion financière du projet, compétences techniques pour installer des serres innovantes.

Yves Casalis
Crédits photos: © Fanny Jamet/Secours Catholique
Écolière Haïtienne souriante dans sa classe
Plus d'informations
Solidarité internationale et développement
# sur le même thème