Calais : témoignages d'un démantèlement

Publié le 24/10/2016
Calais
Calais : témoignages d'un démantèlement
 

Alors que le démantèlement de la jungle de Calais est en cours,  plusieurs témoignages viennent illustrer l'ambiance vécue dans le camp. Celui d'un migrant anonyme qui dit pourquoi il ne peut rester en France, celui de Clémence, membre de l'équipe du Secours Catholique de Calais qui a vécu une longue journée auprès des mineurs isolés, celui de Bakry qui explique pourquoi il ne partira pas en Angleterre et choisit de rester en France; et celui de Mariam Guerey, salariée du Secours Catholique de Calais, qui revient sur l'engagement de l'association et de ses bénévoles auprès des migrants depuis de longs mois. 

 

La France est belle et j'y resterais mais...

Témoignage anonyme d'un migrant, portrait d'un habitant de la "Jungle".

L’absurdité de ce temps se résume dans un regard. Celui de cet homme perdu qui contemple ce qu’il reste de la jungle. Il y aura passé plus d’un an et les souvenirs qu'il en garde, il ne les oubliera jamais.

Cet homme, d’un certain âge, pleure. Rien qu’un instant. Il rentre peut être pour la dernière fois dans sa caravane, debout devant un désert de cendres et de déchets, entre des  pieux calcinés, des cabanes de palettes et de plastiques retournées. Les vitres sont éclatées, les armoires vidées.

Il s’arrête une minute. Son regard exprime les mots qui manquent.

« La France est belle et j’y resterais. Mais mon père de l’autre côté attend mon aide, il est vieux, je dois être auprès de lui. Maintenant c’est dur de vivre tout seul. »

Essayer et essayer encore, mais que faire alors que toutes les voies sont fermées ? Pas de réponse par la voie officielle, pas de chance par la non officielle.  Quelle que soit l’option choisie, le mur est construit. Il faudra attendre, il faudra être refusé, il faudra attendre à nouveau, puis être encore refusé. Il faudra se cacher, se faire attraper, puis se recacher et se faire rattraper. Seul. Et avoir déjà tout essayé.
 

Une souffrance que l'on ne peut s'imaginer


Mais rester, rester encore, rester jusqu’à demain car, qui sait?, demain il y aura peut-être un bus pour moi vers l’Angleterre, un avocat qui m’aidera ou simplement quelqu’un qui pourra me répondre autre chose que « je ne sais pas ».

Mais il sait que demain, il n’y aura personne. Dans ce regard, l’espoir n’est plus là. Comme si on avait volé toute chance d’avenir. Car il sait que demain, l’errance reprendra, comme pour tous ceux pour qui nous n’avons pas voulu trouver de solution. 

Ce regard alors est peut être celui de l’errant, ou de l’oublié. Le regard d’une souffrance que l’on ne peut s’imaginer.

 

Clémence : « Je suis en colère »

Clémence Patoureaux est membre de l'équipe du Secours Catholique de Calais. Elle  a vécu une longue journée auprès des mineurs isolés,

Camp de Calais – 25 octobre 

À 19 heures, ce mardi 25 octobre, avant de quitter le site, nous sommes allées récupérer un sac dans un des camps de la route des Dunes. Quand nous sommes passées devant l’entrée du village de containers, un jeune Soudanais nous a interpellées. Il venait de subir une opération dentaire et il n’avait aucun endroit où dormir. Nous avons demandé au personnel employé dans le village de containers si ce jeune homme pouvait y être mis à l’abri et y dormir. Nous avons été envoyées d’une personne à une autre. Tous nous expliquaient que l’accès aux containers était réservé aux jeunes enregistrés (munis d’un bracelet) ou aux mineurs de moins de 14 ans.

Le temps de trouver une solution et de contacter d’autres membres du Secours Catholique, une dizaine de mineurs nous ont abordées. Ils ne savaient pas où dormir. Ils avaient peur de passer la nuit dans la “jungle“. Certains habitaient des cabanes détruites dans la journée alors qu’ils étaient près du sas de départ des bus. Ils n’avaient pu rien récupérer et ils n’avaient plus rien. Ils n’avaient pas pu se faire enregistrer dans la journée.

Filtrage au faciès

Sur le sas de départ des bus où les mineurs doivent se faire enregistrer, nous avons pu observer le manque d’informations et les difficultés de ces jeunes migrants à comprendre comment s’enregistrer. À ce jour, nombreux sont ceux qui ne sont toujours pas inscrits ou qui ont été refusé lors du filtrage au faciès.

Devant le village de containers, aucun responsable, aucun représentant officiel pour nous répondre. Nous étions en compagnie d’une autre femme, membre de l’association Salam, qui s’occupait depuis la fin de l’après-midi de trois jeunes migrants. Cette femme nous a rapporté les propos d'un responsable préfectoral affirmant que seuls les mineurs de moins de 14 ans avaient le droit d’entrer. Selon elle, on lui a répondu : « Les mineurs de 16 ans ? Ce sont des hommes. » À notre demande d’hébergement pour la nuit, la réponse était : « les cabanes ».

Peur qu’on mette le feu à leur tente

Dans la journée, certains de ces jeunes ont vu leur cabane détruite. Ils étaient effrayés à l’idée de dormir dehors. D’après notre collègue de l’association Salam, ces jeunes gens étaient prêts à lui confier leurs portables et leurs objets de valeur s’ils étaient contraints à dormir dehors et, ainsi, à moins courir le risque de se faire braquer. D’autres avaient peur qu’on mette le feu à leur tente. Nombre de mineurs se sont retrouvés seuls après le départ de leurs amis majeurs.

À 21 heures, le bus des femmes a pris feu, à une dizaine de mètres de l’endroit où la plupart de ces jeunes gens avaient vécu jusque là et où ils venaient d’envisager de se rendre pour passer la nuit. S’ils y avaient été installés au moment de l’incendie, ils auraient couru un risque considérable. D’autres feux ont été signalisés un peu partout cette nuit et notamment dans le campement voisin du quartier détruit.

Alors, avec la bénévole de l’association Salam, plusieurs personnes ont cherché des solutions. Une proposait à ces jeunes de dormir dans une mosquée afghane sous la surveillance des bénévoles de l’association l’Auberge des migrants. Mais comme les mineurs étaient soudanais, ils ont catégoriquement refusé cette proposition car ils craignaient des attaques. Finalement, nous avons trouvé une mosquée soudanaise dans laquelle au moins dix jeunes ont pu être abrités.

« Je suis en colère ! »

Une fois cette solution trouvée, encore fallait-il des couvertures et des sacs de couchage. C’est à ce moment-là que le bus a été incendié. Les bénévoles de l’Auberge des migrants se sont occupés des couvertures. La situation devenant tendue, nous avons décidé de partir. Les mineurs s’étaient presque tous décidés à dormir dans la mosquée. En nous éloignant sur la route, nous avons croisé d’autres mineurs à qui nous avons transmis l’information.

Officiellement, il a été dit que lors du démantèlement une solution serait trouvée pour chaque mineur. Or, dans cette situation, ce sont les membres d’organisations non gouvernementales (ONG) qui ont spontanément trouvé une solution. Il est à souligner que les migrants concernés avaient véritablement l’air d’être mineurs. Nous, nous avions peu de doute quant à leur minorité. Ils étaient tous perdus et démunis, fatigués et apeurés.

Un de ces jeunes garçons nous a dit en français : « Je suis en colère ! »

 

Bakry : « Pourquoi je ne partirai pas en Angleterre »

Soudanais de 24 ans, Bakry est bénévole au Secours Catholique. Il vivait dans la jungle de Calais depuis 4 mois. Il a partagé ce témoignage lors d'une conférence sur les "flux migratoires en milieu rural."
 

Oui, je suis migrant.


Oui, j’habite dans la jungle de Calais

Mais je préfère me présenter différemment. Je m’appelle Bakry. Je suis Soudanais et j'ai 24 ans. J’ai réussi ma première année d'études en informatique. Aujourd’hui, je suis bénévole au Secours Catholique de Calais. Cela fait 4 mois que je suis ici. Je suis demandeur d’asile en France. Voilà, c’est comme ça que je me vois.

Lorsque Hisham, salarié du Secours Catholique avec qui je travaille et avec qui j'ai des liens d’amitiés, m’a proposé de l’accompagner pour témoigner et faire part de mon vécu à l'occasion de la première soirée de conférences autour des « flux migratoires en milieu rural» près de Nevers, j'ai aussitôt accepté.

Cet événement a été organisé par plusieurs organisations avec le soutien d'Amnesty International. Parmi les intervenants : François Gemmene, spécialiste des questions liées aux flux migratoires, et Asif Arif, avocat au barreau de Paris.

Ce fut ensuite mon tour de prendre la parole face à un public de personnes françaises. Je me suis exprimé en anglais et Hisham traduisait gentiment mes propos.
 

Je suis content et inquiet


J'ai évoqué le possible démantèlement de la jungle. Bientôt, il n’y aura plus de jungle. Je suis à la fois content et inquiet. Je suis content car je vais quitter cet endroit. Malgré les efforts des associations et des bénévoles pour rendre notre vie un peu plus facile, ce lieu quasi sauvage ne permet pas que notre dignité soit respectée.

Je suis content de pouvoir partir. Ici, nous tombons malades. Je suis heureux car je vais habiter avec les Français. Ils seront mes voisins. On pourra faire connaissance. Je crois que quelque soit l’endroit où l'on ira, ça sera mieux que la jungle.

Cependant je veux aussi partager ma peur. J’ai peur car je ne sais pas où est-ce qu’ils m’amèneront. Qu’est-ce que c’est que ces CAOs ? Resterai-je avec mes amis ? Partagerai-je une chambre avec 2, 3 ou 10 personnes ? Quelqu’un pourra-t-il s'occuper du suivi de mon dossier de demande d’asile ? Qui sera à mon écoute? Avec qui partager mes projets? Comment recevrai-je mon courrier ? Serai-je accepté par d'autres associations pour devenir bénévole? J’ai peur que si l'on ne prend pas soin de nous, d'autres petites jungles se forment un peu partout en  France.
 

Tout ce que je demande c'est un endroit sûr qui respecte ma dignité


J'ai ensuite répondu à plusieurs questions posées par le public. Une femme quinquagénaire s’est adressée à moi : « Vous vous exprimez bien en langue anglaise, pourquoi ne partez-vous pas en Angleterre ? » La question n’était pas facile mais ma réponse a été la suivante : « Chère madame, la période de migration, je l’espère, devrait être de courte durée dans la vie d’une personne. Avec le temps, un réfugié s’intègrera à la société qui l'accueille, il en parlera la langue et pourra s'ouvrir à sa culture. Cette personne deviendra citoyenne. Tout ce que je demande c'est un endroit sûr qui respecte ma dignité. J’espère que cet endroit sera la France. Voilà la raison pour laquelle je ne pars pas en Angleterre.

Je suis bénévole au Secours Catholique et je rends visite deux fois par semaine aux personnes migrantes hospitalisées pour identifier leurs besoins et pour traduire les échanges de l’arabe à l’anglais. J’ai vu de mes propres yeux des personnes entre la vie et la mort, des personnes amputées, des personnes blessées, les jambes, les bras, les bassins fracturés.  Ces personnes ont risqué leur vie pour traverser la Manche afin de rejoindre l'autre rive. Pourquoi donc risquerais-je de nouveau ma vie, moi qui ai fui un pays à cause de problèmes difficiles ? En France, j'ai maintenant des amis et des projets, j’ai commencé à apprendre la langue et je mène un travail solidaire.».

 
Calais : témoignages d'un démantèlement
L'enseignement de la langue est une clef pour favoriser l'intégration des personnes nouvellement arrivées.
 

Mariam Guerey : « Nous ne les abandonnons pas ! »

Mariam Guerey est salariée du Secours Catholique de Calais. Depuis de nombreuses années, elle porte assistance aux migrants stoppés de ce côté-ci de la Manche, et tente d'alléger leurs souffrances et d'entretenir l'espoir. Aujourd'hui, Mariam rend hommage aux équipes de bénévoles qui l'épaulent dans son travail inlassable, qui semble vouloir prendre fin avec le démantèlement de la "Jungle", ou de la "Lande" de Calais, mais qui se poursuivra tant que les guerres et la pauvreté pousseront les hommes à chercher ailleurs une vie meilleure.

Avril 2015, la maire de Calais, Natacha Bouchard, annonce devant la presse en s’adressant aux migrants : « Vous pouvez vous installer dans  la lande ». La lande ??? Je m’y suis rendue. J’ai vu !  Un très grand marécage. À part des tas de détritus déposés en différents endroits,  il n’y avait rien.  Je me suis dit que c’est le pire endroit de Calais, inondable, exposé au vent,  proche des usines de produits chimiques. On y respire les odeurs nauséabondes par temps de vent... mais c’est mieux que rien.

Aujourd’hui un an et 7 mois après, le ministre ordonne la fermeture du bidonville construit sur cette lande, faute de volonté pour aménager, structurer, construire pour abriter des êtres humains !!! C’est bien un énorme bidonville qui a poussé faute de mieux.

Une chaîne de solidarité entre les migrants, les associations, les gens venus de tous lieux dépassant les frontières s’est constituée et a fait passer un message de fraternité et d’humanité : « Nous ne les abandonnons pas ! ».

Croire en la capacité du genre humain à s’éloigner du pire


Lutter pour les droits de la personne humaine, c’est aussi croire en la capacité du genre humain à s’éloigner du pire pour produire le meilleur. C’était la devise de tous les bénévoles. Ce meilleur, qui n’est en réalité qu’une amélioration, a permis une certaine stabilité dans la vie de ces personnes migrantes dont beaucoup de femmes seules, enfants et adolescents abandonnés à leur sort, jeunes et adultes, tous errant dans la région.

Cette lande abritera donc le plus grand bidonville de toute l’Europe, une ville de plus de 8 000 habitants. On y trouve des  églises, mosquées, écoles, restaurants, épiceries, coiffeurs et beaucoup de choses encore…  Tout cela construit à partir de bois, bâches, palettes et tout ce qu’on peut récupérer.

J’ai envie aujourd’hui d’exprimer - ce que l’État n’a jamais fait - un grand merci à tous ces bénévoles qui ont œuvré pour rendre la vie possible à ces migrants qui n’avaient rien.  L’État, lui,  a toléré l’installation sur la lande sans se préoccuper des moyens, des flux qui arrivaient sans cesse , avec parfois des conséquences dramatiques. Si parfois des améliorations ont été faites, c’est bien grâce aux associations.Je vois encore le démarrage de la construction de ce bidonville sur la lande : tel bénévole ramène du bois, un autre des bâches, des couvertures, des caravanes pour abriter plusieurs familles qui ne souhaitaient pas se séparer… Une énergie incroyable. Plusieurs associations ont vu le jour, une immense solidarité pour le migrant qui n’est autre qu’un homme comme nous.  


 

 

Conscients que l’État français ne les désire pas


Cette énergie s’est alimentée de l’envie de vivre, l’envie d’aider. Énergie positive qui dégage une belle chaleur humaine entre bénévoles et migrants, qui redonne sourire et joie, qui prête attention, respecte la dignité. Comment ne pas continuer sur ce même chemin de la rencontre de l’autre qui, d’étranger qu’il était, devient un frère ?  Ces sœurs, ces frères sont bien conscients que l’État français ne les désire pas. Ils n’ont pas eu l’accueil qu’ils pouvaient espérer.

Souvent quand je suis au bidonville ils me demandent : « Est-ce que je peux venir avec toi en voiture à Calais ? », voulant découvrir  autre chose que ce bidonville, voulant découvrir ce qu’est Calais, voulant marcher et découvrir une ville normale pour ne pas rester dans ce qui est devenu un bidonville et dont ils ne savent pas, fort heureusement, que cet endroit a été une ancienne décharge de Calais.
 

Pourquoi le HCR n’intervient-il pas ?


Mohammed, un Soudanais qui a vécu 8 ans dans un camp de réfugiés au Soudan, m’a offert deux peintures lors des activités d’accueil de jour au Secours Catholique. La première montre des passerelles numérotées dans un camp au Soudan. La deuxième montre le bidonville de la Lande.  Quand il a commencé la peinture il m’a dit : « En Afrique nous avons réussi à faire un camp digne, avec des passerelles mais il n’y avait pas de sécurité. En France, on arrive à trouver des logements aléatoires, très précaires comme le bidonville de Calais, mais ce n’est pas structuré, ni pensé, pourquoi le HCR n’intervient pas ? ». La question reste en suspens !

Je reviens sur cet accueil offert par la population et je me dis : c’est fabuleux, les exilés ont pu vivre un vrai paradoxe, l’hospitalité de la population d’un côté, et de l’autre le non désir de l’État et de l’Europe entière de les accueillir.  

Tant qu’il y a encore des gens comme les bénévoles, il y a de l’espoir, l’espoir en l’Homme, l’espoir en l’humanité, l’espoir que demain sera meilleur pour tous.Nous avons partagé plusieurs repas avec les exilés dans ce bidonville, de bonnes tasses de thé, des sourires, des éclats de rire parfois, des regards qui expriment une sincère fraternité, nous avons grandi en humanité et en dignité. Nous avons pu écouter leurs parcours difficiles, leurs récits de vie en sont l’écho. Ils sont courageux, leur force c’est la force de leur espoir.  Beaucoup ont vu leurs amis, ou un membre de leur famille mourir au large, cela laisse des traces, des traumatismes, des souffrances. Souvent ils nous disent : « Pourquoi moi j’ai échappé à la mort ? »

 
Calais : témoignages d'un démantèlement
Dans la "jungle", les équipes du Secours Catholique ont épaulé les réfugiés dans la construction de bâtiments légers notamment collectifs permettant d'améliorer les conditions de vie des personnes présentes.
 

Ne les jugez pas avant de les connaître


Aujourd’hui, j’envie tous ces CAO où nos frères vont partir, je dis à ceux qui les recevront : « Accueillez-les, soyez à leurs côtés, ce sont des jeunes en quête de paix, leur regard est poignant, ils nous disent quelque chose de l’humanité.  Ils sont en manque de tendresse et d’amour, de reconnaissance, ils ne savent pas ce que c’est de détester ou de ne pas aimer.  Tout ce qu’ils souhaitent vraiment c’est qu’on les rencontre avec un regard qui ne fait pas de différence, un regard d’amitié et d’accueil…Ne les jugez pas avant de les connaître, essayez juste de comprendre pourquoi ils sont là, ce qu’ils ont dû endurer pour arriver jusqu’ici, on ne quitte jamais son pays par plaisir. Demain l’OFPRA, nous pouvons l’espérer, leur accordera le statut de réfugié ».

Où en est-on avec l’accueil des citoyens ? Où en est-on avec ce qui fait la devise républicaine qui nous rassemble tous : « Liberté, Égalité, Fraternité »
 

Travailler à l’idée que nous nous faisons de la dignité humaine


Il nous revient, à vous, à moi, à nous de travailler à l’idée que nous nous faisons de la dignité humaine. L’idée que nous nous faisons du monde à construire ensemble, forts de nos différences et de nos appartenances culturelles et religieuses qui sont des richesses plus que des obstacles.

Nous voulons un monde qui naîtra par l’accueil, la compréhension, le respect, l’intégration. Ce dont je suis sûre est que ce monde ne se fera pas sans eux, sans moi. Ce dont je suis sûre aussi est qu’il me faut changer en moi des choses, des idées, pour accueillir et vivre ensemble.
 
Demain le bidonville sera rayé de la carte… Pas les migrants.  L’État le sait très bien sinon pourquoi ce chantier du mur de la honte qui s’érige sur notre côte avec l’appui de la Grande Bretagne.
 
Je termine encore par ce merci que j’adresse à tous les bénévoles, merci à tous les artisans de l’aventure humanitaire. Continuons à suivre ce beau chemin car les migrants auront plus que jamais besoin de nous dans les jours qui viennent. Je n’en doute pas, nous reverrons des personnes dormir sous les ponts, dans les parcs. Cachées, parquées, redevenant invisibles. Mais pas invisibles de tous,  car nous serons encore et toujours là pour eux et avec eux.

 
Calais : témoignages d'un démantèlement
Reportage

Mobilisés dans la "Jungle" de Calais

Clémence Patoureaux, Mariam GUEREY et Bakry, membres du Secours Catholique de Calais
Crédits Photos : © Lionel Charrier, Myop, Secours Catholique-Caritas France / © Elodie Perriot, Secours Catholique-Caritas France / ©Sadak Souici/Wostok Press/Maxppp
Deux femmes discutent
Plus d'informations
Migrants
# sur le même thème