Centrafrique : les “hommes de paix” en danger

Publié le 22/04/2014
Centrafrique
Centrafrique : les “hommes de paix” en danger
 

Le 18 avril, Vendredi saint, le père Christ Forman Wilibona rentrait à moto dans sa paroisse Saint-Kisito de Paoua. Pris dans le flux de la circulation, il a été la cible d’hommes armés, identifiés comme d’anciens membres de la Séléka. Le prêtre a été tué de six balles.

Immédiatement après le crime, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et directeur de la Caritas centrafricaine, a publié un communiqué : « Nous dénonçons et condamnons ces actes barbares d’un autre âge qui pourraient compromettre l’élan de réconciliation nationale à laquelle nous aspirons. » L’archevêque appelle le gouvernement centrafricain à restaurer au plus vite un État de droit et invite les forces armées de l’Union africaine, la Misca, à désarmer les milices pour permettre aux populations de circuler librement dans le pays.

En première ligne

L’assassinat du père Wilibona marque la recrudescence de violences contre les religieux, en particulier à l’encontre des religieux du nord-ouest du pays. Il intervient deux jours après l’enlèvement de Mgr Nestor Azagbya Nongo, évêque de Bossangoa, et de trois prêtres diocésains qui l’accompagnaient, kidnappés le 16 avril à Batangafo dans le nord du pays. Leurs ravisseurs les ont transportés à Kabo, à la frontière avec le Tchad. Informés par les habitants de leur enlèvement par des ex-Séléka qui avaient confisqué le véhicule à bord duquel ils se trouvaient, des soldats de la Misca ont pu entrer en contact avec les ravisseurs et engager les négociations, qui ont permis finalement de libérer l’évêque et les trois prêtres.

« Aujourd’hui, les acteurs locaux engagés pour la paix – parmi lesquels les hommes d’Église – sont en première ligne dans le conflit. Ils sont exposés quotidiennement au même titre que leurs compatriotes civils pris dans la tourmente », rappelle Sébastien Dechamps, responsable des urgences internationales au Secours Catholique.

« Nous invitons la population centrafricaine ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté, a appelé Mgr Nzapalainga, à prier pour le retour de la paix et de la sécurité dans notre pays et à ouvrir leur cœur au dialogue et à la réconciliation. »

 

 
Jacques Duffaut
© Caritas Internationalis
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