Clermont-Ferrand : la « survie » des personnes mises à la rue

Publié le 09/09/2013
Clermont-Ferrand
 

Depuis une semaine, plus de 200 personnes, adultes et enfants, campent sur une place du centre-ville de Clermont-Ferrand. Lundi 2 septembre, l’association qui gère le 115, à bout, a dû fermer quelques jours. Devant l’urgence, Louis Coudeyre, président du Secours Catholique du Puy-de-Dôme, a engagé ses équipes auprès des sans-abri remis à la rue.

200 à 250 personnes campent aujourd’hui encore sur la place de Jaude à Clermont-Ferrand. Comment la situation a-t-elle dégénéré ?

Le 115 dans notre ville est géré par l’Anef, qui fait une avance pour payer les factures d’hôtel des personnes appelant le 115 et attend en retour un remboursement de l’État [un fonctionnement basé sur une convention, ndlr]. Or, l’État a aujourd’hui un retard important. Cette association, qui a aussi d’autres activités (accompagnement d’enfants et de familles en difficulté…), en est à un point où elle n’aurait pas pu payer ses salaires à la fin du mois si elle avait continué. Elle a donc décidé, lundi 2 septembre, de ne plus assurer le 115. Les gens qui étaient logés grâce à l’Anef se sont retrouvés à la rue.

Depuis ce cri de détresse de l’Anef, comment sont accompagnées les personnes à la rue ?

Pour l’instant, une solution d’hébergement a été proposée dans un gymnase, qui a été équipé et peut recevoir 150 personnes. Vendredi soir, le tribunal administratif a astreint le préfet à reloger certaines familles. Sur notre demande, la mairie a fait installer des toilettes dans la cour et une grande tente afin que l’on puisse assurer une prestation alimentaire.

Néanmoins, certaines associations ont recommandé aux personnes sans papiers de ne pas venir nous rencontrer, prétextant que la police allait effectuer des arrestations en vue de reconduites à la frontière. Les demandeurs d’asile craignent donc de venir. En alternance avec le Secours populaire et les Restos du cœur, nous distribuons trois repas par jour. Mais jeudi, le Secours populaire n’a servi qu’une dizaine de petits déjeuners, au lieu des 250 prévus. Ce vendredi, le Secours Catholique a assuré la relève.

Nous avons rédigé avec la préfecture une explication de texte en six langues, les informant que la police ne viendrait pas pour sanctionner les situations irrégulières mais simplement pour assurer la sécurité.

Comment mettre en place une réponse sur le long terme pour ces personnes ?

C’est vrai que pour l’instant nous assurons les besoins élémentaires : c’est presque de la survie ! D’ailleurs, nous avons également lancé un appel et mis un container à disposition pour collecter des produits d’hygiène (couches, lingettes) et alimentaires pour les plus petits (petits pots, produits lactés) que la Banque alimentaire ne peut nous fournir.

Ensuite, certaines des familles qui ont été mises à la rue sont connues de nos bénévoles. Avec elles, nous avions commencé un accompagnement qui va continuer. Ce suivi doit permettre, au-delà d’une présence, d’aider à répondre aux besoins matériels et d’étudier avec eux les possibilités d’accès aux droits.

Julien Fournier
© Xavier Schwebel/Secours Catholique
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