Côte d’Ivoire : rétablir la confiance

Publié le 03/03/2015
Côte d'Ivoire
 Côte d’Ivoire : rétablir la confiance
 

Les 22 millions d’Ivoiriens vivent désormais dans une paix relative. Mais le rétablissement de la confiance entre groupes ethniques, religieux et politiques toujours divisés mobilise la commission épiscopale Justice et Paix et la Caritas nationale à l’approche des élections législatives et présidentielle de fin 2015.

Quelle est la situation politique et économique du pays ?

Le développement économique de la Côte d’Ivoire est réel. Le gouvernement du président Ouattara a lancé un plan national de développement pour les années 2012-2015 afin de favoriser la réhabilitation des infrastructures et la relance économique du pays. La difficulté, pour les pouvoirs publics, c’est de rendre transparente leur gestion, en assurant le suivi des projets éducatifs, de santé… annoncés et en veillant à leur mise en œuvre effective.

C’est pourquoi le “contrôle citoyen” sur ces projets, axe de travail de la société civile pour lequel elle se bat, est essentiel. Sur le plan politique, on sent dans le pays un vrai désir de paix et de réconciliation. La population veut travailler au renforcement de la cohésion sociale. À cet égard, elle souhaite que les élections se déroulent paisiblement.

Ce désir de paix et de réconciliation se heurte à une appartenance ethnique qui a cristallisé les oppositions politiques à partir des années 1990.

Il y a encore aujourd’hui, c’est vrai, une toile de fond ethnique mais ce n’est pas ce qui, à mon avis, caractérise le plus la vie politique ivoirienne. Le critère ethnique n’est pas la première clé de lecture. J’en veux pour preuve, par exemple, l’alliance du parti du président Ouattara, le Rassemblement des Républicains (RDR), avec celui de l’ancien président Bédié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui leur permet de gouverner ensemble depuis l’élection présidentielle de décembre 2010.

En quoi l’Église catholique s’engage-t-elle aux côtés de la population dans sa volonté de renforcer la cohésion sociale ?

Il faut savoir que la marche vers la réconciliation est fragile dans la mesure, notamment, où il n’y a pas de justice équitable : seuls les partisans de Laurent Gbagbo, chef de l’État de 2000 à 2010, sont jugés depuis cinq ans. Dans ce contexte, la Conférence épiscopale a déclaré en janvier 2013 : « Travailler à la réconciliation doit passer par la construction d’un État de droit, la condamnation et le refus de la violence, la création de conditions favorables à la participation de tous à la réconciliation et le règlement juste du foncier rural. »

Depuis fin 2012, la Caritas nationale et la commission catholique Justice et Paix travaillent de concert pour faciliter le rétablissement de la confiance entre groupes ethniques, religieux et politiques profondément divisés.

Elles accordent une attention spéciale, à l’approche des élections de la fin de l’année, aux questions foncière et identitaire. Celles-ci ont été à la base des conflits communautaires à l’ouest du pays. Elles diffusent, chaque mois, des émissions sur “la paix et les élections apaisées de 2015”, réalisent sur ce thème des affiches et prévoient d’organiser une marche de la paix au cours de la Journée nationale de la Paix, le 15 novembre.

 

Yves Casalis
Crédits Photos : © Xavier Schwebel / Secours Catholique-Caritas France
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