Égypte : les coptes face aux violences

Publié le 21/08/2013
Egypte
 

Face aux violences dont ils sont victimes, les chrétiens d’Égypte adressent un cri de souffrance et insistent sur la nécessité de préserver l’unité de leur pays.

Pendant la semaine du 15 août, principalement au Caire, la confrontation entre les forces armées du nouveau régime et les Frères musulmans s’est traduite par de nombreux morts, un millier environ. Cette confrontation a suivi le départ forcé du président Morsi, démis par l’armée à la suite de la plus grande manifestation jamais organisée en Égypte.

Presque aussitôt, les 14 et 15, en 24 heures, 52 églises coptes ont été brûlées et détruites en Moyenne et Haute Égypte, à Minya, Assiout, au Fayoum, comme au Caire, à Gizeh et dans le nord du pays, à Alexandrie et à Suez. Dans les jours qui ont suivi, d’autres attaques ont eu lieu contre des écoles chrétiennes, une bibliothèque, des habitations et des commerces appartenant à des coptes.

Jamais, au cours des années passées, l’on n’avait connu une telle violence en si peu de temps, même si des accès sporadiques ont souvent été déplorés, quel que soit le président égyptien en place.

Nous avons été interpellés par bon nombre de nos contacts en Égypte. Selon eux, cette violence est « le prix à payer » voulu et organisé par les Frères musulmans. En fomentant ces actions ils espèrent semer la terreur chez les chrétiens égyptiens, les pousser à l’exil, et surtout diviser la société égyptienne. Rappelons que l’immense majorité des chrétiens d’Égypte est copte, mot dont l’étymologie signifie égyptien ; ils se sentent citoyens de ce pays tout autant que les musulmans.

Ces violences, ajoutent nos interlocuteurs, n’ont jamais été le fait de l’ensemble de la population musulmane au milieu de laquelle les chrétiens vivent souvent fraternellement depuis des siècles. Ils insistent sur la nécessité de préserver l’unité de l’Égypte.

Les Frères musulmans ne sont pas une émanation de la religion musulmane mais une idéologie politique utilisant l’islam. La violence dont ils ont fait preuve ces derniers temps, vis-à-vis des chrétiens comme de la société civile, a du reste été condamnée par le grand imam d’Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse du monde sunnite musulman.

De nombreuses autorités religieuses dénoncent cette violence. Elles montrent, en outre, l’écart entre notre perception occidentale de la situation en Égypte et la réalité telle qu’elle est perçue sur place.

Un cri de souffrance nous est adressé, dans une situation d’angoisse terrible.

Cyrille de Billy, responsable du pôle Moyen-Orient - Nord de l’Afrique au Secours Catholique

© Jonathan Rashad/Secours Catholique
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