Europe : les citoyens mobilisés à Marseille

Publié le 13/11/2013
Marseille
 

Comment construire une Europe plus sociale, plus solidaire et plus proche de ses citoyens ? C’est le thème des trois jours de réflexion qui se tiendront à Marseille les 14, 15, et 16 novembre à l’initiative de 26 associations, dont le Secours Catholique.

Faire entendre la voix des citoyens les plus vulnérables à l’approche des élections européennes. Voilà l’objectif de la démarche lancée par 26 associations dont le Secours Catholique et plusieurs Caritas européennes. Migration, justice, emploi, santé... De nombreux ateliers thématiques auront lieu durant trois jours, dont l’un sur la place des personnes roms en Europe animé par Ionut Stan, lui-même Rom né en Roumanie, et animateur au Secours Catholique depuis plusieurs années. Il témoigne de son parcours et de ses attentes.

Qu’attendez-vous de votre participation à ce forum ?

Je suis très content de pouvoir animer cet atelier. Il réunira des gens qui travaillent avec les Roms et qui partageront leurs bonnes pratiques, mais aussi des familles roms qui apporteront leur témoignage et leur expérience. Quand un Rom parle, tout le monde écoute car trop peu ont droit à la parole. Cela donne de la couleur et du cœur et surtout ça aide à se rendre compte que le "problème" des Roms c’est la pauvreté et que c’est donc là-dessus qu’il faut agir.

Aujourd’hui, les Roms sont des citoyens de seconde classe partout en Europe, que ce soit en France, en Roumanie ou ailleurs. Ils ne peuvent pas faire valoir leurs droits. L’atelier permettra de préparer des propositions que l’on transmettra à la Commission européenne.

Nous ferons également une animation dans les rues de Marseille samedi. Des Roms vont danser et faire danser les passants : c’est l’occasion de partager une bonne expérience, quelque chose de positif. Après, ils pourront mettre des prénoms sur les Roms, s’intéresser à eux, voir l’humain derrière le mot Rom.

Quel est votre parcours ?

Je viens d’un foyer de six enfants, dans un petit village de Roumanie. Ma mère est issue d’une famille de maréchaux-ferrants qui a eu assez de sous pour lui payer un BTS. Elle a voulu que je fasse moi aussi des études. J’ai donc été à l’école puis à l’université, et après avoir obtenu un diplôme en administration publique, j’ai été journaliste puis policier en Roumanie.

Et puis j’ai décidé de changer de vie. Je me suis engagé comme volontaire civique au Secours Catholique à Toulon il y a quatre ans, et je suis aujourd’hui animateur dans la région PACA. Je suis content de créer des ponts entre Roms et bénévoles, d’aider tout le monde à se comprendre mieux et à faire réellement connaissance.

Avez-vous vous-même été témoin ou victime de discriminations en Roumanie ?

Les discriminations et le racisme en Roumanie sont plus cachés qu’avant, mais ils sont bien présents. À l’école, certains enfants roms passent plusieurs années sans apprendre ni à lire ni à écrire car ils sont mis de côté par les instituteurs. Certains de mes amis me disaient qu’ils étaient frappés par leur parents parce qu’un Rom avait eu une meilleure note qu’eux. Dans les restaurants, on leur refuse parfois l’entrée...

Retrouvez toutes les informations sur www.construireleurope.org

Marina Bellot
©Jacques Duffaut/Secours Catholique
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