Georges : « On s’attache à certaines personnes »

Publié le 20/05/2014
Isère
 

Henri et Georges sont responsables de l’équipe de bénévoles de La Côte-Saint-André, au Secours Catholique de l’Isère. Ils s’occupent des personnes sans-papiers ou sans-abri. Bénévoles, salariés, personnes accueillies… Régulièrement, des acteurs du Secours Catholique prennent la plume et témoignent de leurs histoires, passées ou présentes.

Quelles sont les spécificités de l’activité de l’équipe de La Côte-Saint-André ?

Henri : Nous recevons actuellement beaucoup de Macédoniens et maintenant des Tunisiens. Ces derniers temps, nous nous occupons aussi de personnes en très grand difficulté, des sans-abri, des personnes qui logent dans leur voiture. Ils ne sont pas très nombreux. Ce sont des situations difficiles qu’il faut accompagner assez longuement. Ils ont perdu leur emploi, parfois leur logement. Ils sont provisoirement à la rue ou abandonnés par la famille. Grâce à des bons d’essence, nous leur permettons de se déplacer, de rechercher un travail. Nous fournissons également des chèques-services avec lesquels ils vont faire leurs courses au supermarché.

Pouvez-vous nous parler d’une situation particulière ?

Henri : Je pense à ce Tchèque, qui vit en France depuis très longtemps et aurait droit au RSA. Nous l’accompagnons dans ses démarches pour qu’il l’obtienne. De plus, il a dû changer sa voiture. Comme elle a été achetée en Tchéquie, il a dû régulariser ses papiers de véhicule (certificat de conformité, contrôle technique…).

Êtes-vous toujours d’accord, au sein de votre équipe, pour accompagner des gens aussi loin ?

Georges : Dans une équipe on n’est pas toujours d’accord pour cela c’est clair, il ne faut pas avoir peur de le dire. Je pense à ce couple de Macédoniens avec trois enfants qui avaient peur d’être chassés de France parce qu’ils n’avaient plus de permis de séjour. Ils sont d’abord partis pour l’Italie et sont maintenant en Allemagne. On s’en occupait à notre antenne depuis plusieurs années, mais des personnes de la paroisse aussi. Nous les avons suivis beaucoup plus que d’autres, nous leur avons donné davantage d’argent, même si cela a été fait, en partie, en dehors du Secours Catholique, avec d’autres partenariats et notamment dans le cadre de la paroisse. Certains bénévoles s’impliquent personnellement. Notre équipe était très travailleuse, mais certaines bénévoles n’auraient pas été d’accord pour aller aussi loin dans l’accompagnement.

Suivez-vous également des personnes qui restent dans la région ?

Henri : Il y a la situation de Laurent* qui vivait seul à La Côte-Saint-André, même s’il a deux frères. Il avait du mal à gérer son argent. Il avait effectué plusieurs séjours à l’hôpital psychiatrique et ne pouvait plus vivre seul. Georges l’a accompagné au moment de sa mise sous tutelle et durant son hospitalisation. Il lui rend visite de temps en temps, maintenant qu’il est installé définitivement dans une maison de retraite et de soins psychiatriques.

Vous attachez-vous à certaines personnes que vous suivez ?

Georges : Oui, je pense qu’on s’attache à certaines personnes, et c’est vrai que moi je me suis attaché à Laurent. Il est tellement seul. Il m’a dit un jour que sa vie avait été une croix ! Il peut être violent mais en même temps il a un côté attachant. Je vais le voir parce qu’il n’a personne qui vient lui rendre visite, à part ses frères de temps en temps. Ça lui fait plaisir.

Retrouvez toute l’actualité de la délégation de l’Isère sur son site web et devenez, à votre tour, bénévole aux côtés de Henri et de Georges.

Josyane H.
© Sébastien Le Clézio/Secours Catholique
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