Hébergement : l’hôtel, une solution indigne qui touche familles et enfants

Publié le 12/02/2015
Hébergement : l’hôtel, une solution indigne qui touche familles et enfants
 

Alors qu’une nuit solidaire pour le logement, à laquelle le Secours Catholique-Caritas France participe, se tiendra à Paris le 12 février, une enquête du Secours Catholique d’Île-de-France révèle les conditions de vie indignes des personnes hébergées en hôtel dans la région, dont la moitié sont des enfants.

Les délégations franciliennes de l’association ont publié une enquête sur l’hébergement en hôtel des personnes sans domicile afin de faire des propositions aux pouvoirs publics. Cette étude, qui doit être une première étape vers la création d’un observatoire du “mal-hébergement”, révèle que parmi les 260 personnes ayant répondu à l’enquête, 89 % sont en famille.

La moitié d’entre elles sont des enfants dont la moyenne d’âge est de 6 ans. « J’ai des enfants qui sont intelligents, ils comprennent les choses, ils savent que c’est une situation qui n’est pas facile, ils font attention. Mais, on le voit, on le sent, ils le vivent très mal. Ils aimeraient avoir leur intimité surtout pour mes enfants de 15 et 12 ans », témoigne l’une des personnes auditées.

« L’hôtel, initialement prévu comme une solution d’urgence, devient une solution durable »

La majorité (67 %) ne viennent pas de la Communauté européenne et gagnent moins de 500 euros par mois. Près des trois quarts déclarent bénéficier d’un suivi social. L’étude dénonce également le fait que « l’hôtel, initialement prévu comme une solution d’urgence, devient une solution durable ». En effet, 44 % des personnes interrogées sont hébergées en hôtel depuis plus d’un an, dont 19 % depuis plus de deux ans.

L’enquête révèle les conditions indignes dans lesquelles se déroule souvent cet hébergement. De fait, 80 % (ou plus de 70 %) des familles sont hébergées dans une unique pièce. 82 familles sur 260 disent pouvoir cuisiner à l’hôtel. 108 mentionnent la présence d’humidité ou de moisissures et 85 celle de nuisibles.

« On est nombreux, on est tous malades, on a une chambre qui fait 9 m2. Ça, c’est le mur de notre chambre, il est moisi à cause de l’humidité, ma mère elle est asthmatique c’est gênant. Les cahiers sont tout moisis », rapporte un enfant hébergé à l’hôtel.

Les motifs d’insatisfaction les plus récurrents sont la douleur morale (32 %), l’isolement (25 %), la rupture des liens familiaux et amicaux (15 %). « Le fait de vivre comme ça, ça rend nerveux. Les prisonniers, ils ont un endroit pour manger et on peut leur rendre visite. Nous, on ne peut pas nous rendre visite. », dénonce l’un des participants à l’enquête.

La dégradation de la scolarité des enfants est également motif d’insatisfaction important (14 %). « Il est difficile de donner une éducation correcte à mes enfants dans ces conditions. Nous avons une chambre pour deux adultes et deux enfants dans la même pièce », affirme l’une des personnes interviewées.

Solidaires avec les personnes en difficulté d’hébergement et de logement

Le Secours Catholique suggère, entre autres nombreuses propositions, de revoir le dispositif de gestion des hôtels, de renforcer l’accès aux droits par la domiciliation notamment, de fortifier l’accompagnement social, d’instruire des dossiers de droit au logement ou à l’hébergement opposable, d’optimiser le dispositif d’intermédiation locative Solibail.

Participez à la nuit solidaire pour le logement qui débutera jeudi 12 février 2015 à 18h place de la République à Paris et s’achèvera à 6h du matin le lendemain.

Clémence Véran-Richard
Crédits photos : © E. Fradin / SC
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