Inondations : les jours d'après

Inondations : les jours d'après

Publié le 15/07/2016
La Ferté-Imbault
 

Plusieurs départements français ont connu de fortes inondations à la fin de mai et au début de juin 2016. Passé les premiers secours, le Secours Catholique a déployé des dizaines de bénévoles pour aller à la rencontre des familles sinistrées, leur offrir une éventuelle aide matérielle, mais surtout une oreille attentive et un réconfort moral.

« Nous prenons la mesure du traumatisme plusieurs semaines après, confie une commerçante de Romorantin dont la maison a été envahie par les eaux de la Sauldre. Nous sommes en train de changer le Placoplatre du rez-de-chaussée et c’est seulement maintenant que nous accusons le coup. »

Le Loir-et-Cher, la Seine-et-Marne, le Loiret, l’Essonne et les Yvelines ont été les départements les plus touchés par ces pluies diluviennes de la fin du mois de mai qui ont provoqué des inondations persistantes jusqu’au début de juin.

Les équipes locales du Secours Catholique, celles qui n’avaient pas elles-mêmes été affectées par la catastrophe, ont apporté leur aide aux sinistrés dès les premiers jours, qui nettoyant, qui pompant, qui raclant la boue. Dans le même temps, l’équipe nationale des urgences France du Secours Catholique mobilisait son réseau de bénévoles et préparait son déploiement sur le terrain.

Évaluer les besoins

Hélion et François sont des piliers du département national Urgences France du Secours Catholique. Ils n’en sont pas à leur première mission. François Delmas habite Saint-Nauphary, dans le Tarn-et-Garonne. Hélion Lombard d’Espérel vient de Montpellier où il est responsable d’une équipe Secours Catholique du nord de la ville. « Nous sommes ponctuellement en renfort, explique ce dernier, auprès de la délégation du Loir-et-Cher. Notre rôle : faire du porte-à-porte à la rencontre des personnes qui ont souffert des inondations. »

Après une première évaluation des besoins, des « postes de commandement » ont été disposés aux centres névralgiques des opérations. Le poste de commande opérationnel (PCO) de Blois, par exemple, reçoit de la part des postes de commandement sur site (PCS) les dossiers constitués sur le terrain. À partir de ces dossiers, une commission statue sur les aides à apporter. Mais le travail de terrain ne se limite pas à cet aspect pratique.

 

Inondations : Dans le Loir-et-Cher

Inondations : Dans le Loir-et-Cher

Diaporama : A la rencontre des personnes sinistrées

 

À La Ferté-Imbault, petite commune de mille habitants, le binôme du Secours Catholique est composé de Christian Vilettes, venu d’Albi, et d'Yves Tiercelin. Les deux bénévoles remontent à pied la route qui part du village vers la campagne. Ici, certains habitants ont eu plus d’un mètre d’eau dans leur garage.

Betty Pregeant et ses trois enfants vivent dans une maison sans étage. Toutes les fenêtres et la porte sont ouvertes pour faire entrer dans la maison la chaleur de ce début d’été. Un amas de meubles et d’objets détruits par l’eau accueille Christian et Yves à l’entrée de la propriété. Les deux hommes expliquent la raison de leur visite.

Touchée par leur démarche, Betty Pregeant les invite à s’asseoir dans son jardin. Elle leur raconte les heures qui ont précédé son évacuation, la barque qui l’a ramenée deux jours plus tard pour évaluer le sinistre tandis que l’eau était encore là. Elle a une bonne assurance. La plus grande partie de son mobilier sera remboursée mais « il est réconfortant de savoir qu’il y a encore des gens comme vous », dit-elle en les raccompagnant.

Sur le long terme

Quelques centaines de mètres plus loin, l’accueil est tout aussi chaleureux. Aline Guindeuil invite Christian et Yves à voir son garage où l’eau s’est engouffrée. Cette trentenaire, mère de deux enfants en bas âge, est aussi puéricultrice agréée et garde quatre autres enfants chez elle.

Son mari et elle sont également bien assurés, mais l’assurance ne prend pas en charge les sièges et les tables de bébé détruits par l’eau. Les bénévoles mentionnent ce détail dans le dossier qu’ils constituent pour elle et espèrent que la commission des aides pourra compenser cette perte.

Si l’aide est acceptée par la commission, Yves et Christian reviendront voir Aline pour lui annoncer eux-mêmes la nouvelle. « C’est une reconnaissance envers le binôme et une poursuite de la relation engagée avec les personnes sinistrées, précise Hélion Lombard d’Espérel. Les dossiers seront ensuite archivés à la délégation du Secours Catholique qui, si nécessaire, accompagnera certaines familles en difficulté sur le long terme. »

Jacques Duffaut
Crédit photos : © Christophe Hargouës
Caritas Jerusalem en soutien à Gaza
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