Laïla, maman solo

Publié le 10/10/2016
Nantes, Évry
Laïla, maman solo
 

À 36 ans, Laïla élève seule ses deux fils de 12 et 11 ans en banlieue parisienne. Depuis plusieurs années, ceux-ci partent dans des familles de vacances à Nantes grâce au Secours Catholique. Le temps d’une pause pour les enfants et aussi pour la maman. 

À chaque période de vacances scolaires, c’est le même rituel : Joël et Danièle ainsi que Gilbert et Marie-Paule, les deux familles de vacances de Nassim et Nabil, les fils de Laïla, viennent de Nantes pour récupérer les petits à Évry.

« On a toujours une soirée ensemble avant les vacances, c’est convivial », raconte Laïla. Cela fait sept ans que ses deux fils partent en vacances scolaires (deux semaines tous les deux mois, et un mois complet l’été) dans une « famille de vacances », et leur maman en parle en souriant : « Ils font beaucoup de jardinage, ils se promènent à vélo, ils fabriquent leur propre pain. Et les familles font des albums photos pour qu’à leur retour je découvre ce qu’ils ont vécu. »

Au fil du temps, un lien fort s’est créé. Nassim et Nabil pensent à appeler leurs parents de vacances à l’occasion de leurs anniversaires et ils s’écrivent régulièrement.

« Malheureusement, je ne peux pas offrir des vacances à mes enfants à cause de ma situation financière, explique Laïla. Grâce au Secours Catholique, ils voient autre chose que le bas de la cité, ils découvrent la nature. Ça leur permet de souffler et à moi aussi. J’ai remarqué que mes enfants sont devenus plus autonomes. Et l’aîné, Nassim, a fait des progrès à l’école, lui qui n’aimait pas lire auparavant. »

Laïla ajoute que ses deux fils aiment particulièrement faire des activités avec Gilbert ou Joël : « Ils ont aussi besoin d’une présence masculine car ils ne voient plus leur père. » 

 

« Positiver »

Le couple a divorcé en 2006, une période que Laïla évoque avec douleur : « Je n’aime pas trop revenir sur cette période de ma vie. La séparation ne s’est pas bien passée. Je suis tombée en dépression. J’ai dû arrêter de travailler car j’étais vendeuse en boulangerie et c’était dur de tenir devant les clients. De plus, j’avais des dettes à combler et mon ex-mari ne m’a jamais versé la pension alimentaire. On a ensuite été expulsés. »

Toute cette galère, Laïla ne s’y attendait pas, elle qui vient d’une famille « normale », de parents marocains qui ont élevé leurs six enfants dans le 93 et qui les emmenaient tous les ans en vacances au Maroc.

« C’était dur, mais il fallait que je m’en sorte pour les enfants. » Laïla retrouve un emploi dans les assurances et obtient un logement dans un CHRS, un centre d'hébergement et de réinsertion sociale. « J’ai toujours essayé de rester dans un état d’esprit positif pour que les enfants aussi restent positifs », observe-t-elle.

Puis vient la rencontre avec Chantal, bénévole au Secours Catholique. Laïla et les enfants découvrent les vacances en familles d’accueil, mais aussi les sorties familiales proposées par l’association durant les week-ends : une journée pique-nique, une visite des châteaux de Sénart, une sortie à Eurodisney, le partage de la galette des Rois…

« Ces activités nous permettent de souffler et d’avoir des loisirs que je ne peux pas offrir aux enfants, dit Laïla. Et ça me fait du bien de voir que je ne suis pas la seule mère en galère. Je rencontre ainsi d’autres personnes. »

 

Son rêve : des vacances au Maroc

« Ce n’est pas tous les jours facile d’élever ses enfants seule, confie Laïla. Le Secours Catholique m’offre une écoute attentive en la personne de Chantal. Quand je ne vais pas bien, je l’appelle et elle me réconforte. »

En ce moment, justement, Laïla doit de nouveau faire face au chômage. Licenciée pour motif économique, elle cherche un nouvel emploi, si possible dans le secrétariat, « avec des horaires qui me permettent de voir les enfants ».

Là aussi, elle se fait aider par le Secours Catholique d’Évry qui l’épaule dans la rédaction de son CV et de ses lettres de motivation, et qui l’oriente dans ses recherches.

Surtout, Laïla voudrait que ses enfants réussissent à l’école pour qu’à leur tour, ils obtiennent un travail stable : « J’essaie de leur transmettre les clés pour qu’ils réussissent dans la vie, et leurs familles de vacances m’aident en ce sens. »

Un jour, déclare Laïla, elle emmènera Nassim et Nabil au Maroc, pays de leurs grands-parents. Les deux enfants n’y sont jamais allés. « Ma famille y a une maison. Là-bas, on est coupé du monde, c’est ressourçant. J’aimerais tellement y aller avec mes garçons. Ce sera nos vraies premières vacances en famille. »

 

Cécile Leclerc-Laurent
Crédits photos : © Steven Wassenaar / Secours Catholique
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