Le cœur battant de Noël

Publié le 19/12/2019
France
Le cœur battant de Noël
 

Le père Hervé Perrot, aumônier national du Secours Catholique-Caritas France, revient sur le sens de la fête de la nativité et nous invite à être « avec les bergers de la crèche, porteurs de la Bonne Nouvelle : car la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ».

 

Cœur d’or, cœur gros, en avoir sur le cœur,  cœur à cœur, prendre à cœur, ouvrir son cœur, offrir son cœur…

Le cœur c’est l’espace de la Rencontre et de l’Amour. C’est pour cela que Dieu lui-même nous a ouvert son cœur ; nous a donné le meilleur de lui-même : Son Fils Jésus.

Car son désir le plus profond, c’est que nous soyons heureux. Parce que, de millénaire en millénaire, l’homme s’est éloigné de Dieu. Dieu qui était si proche de l’homme et l’homme de lui, oui !

L’homme s’est éloigné de Dieu et… a le  cœur gros de la distance prise avec Lui dans sa liberté.

 

« T’es où l’Homme ? T’es où ? 

 

Dieu a le cœur triste ; dès le départ, dans le jardin d’Eden, il nous cherche : « T’es où l’Homme ? T’es où ? » Puis avec Abel et Caïn : « Qu’as-tu fais de ton frère ? » et d’Alliance en Alliance Dieu et l’homme se cherchent pour retrouver l’osmose d’un Amour blessé… Cette blessure suintante de la séparation de l’Être et de l’Amour. Jusqu’à crier « Mais t’es où  Dieu ?  T’es où ? » De la distance à l’absence !

Dieu aime tellement. Alors Dieu s’est rapproché, Dieu s’est donné, Dieu s’est fait enfant, s’est fait homme, s’est fait l’un de nous.  « T’es où Dieu ? T’es où l’Homme ? »

On sait maintenant, oui on sait !

T’es là dans cet enfant de la crèche, dans cet homme de Palestine qui grandi avec papa Joseph et maman Marie. Tu es là comme le Verbe, la Parole de Dieu, t’es là dans ton cœur transpercé de la croix qui fera à dire à Simone Weil : « Jésus est tellement homme qu’il ne peut être que Dieu… » (comme le centurion).

T’es là au matin de Pâques dans un cœur toujours transpercé mais glorieux, t’es là au cœur de nos vies, tu nous donnes ton cœur, tu nous invites à retrouver le chemin du bonheur enfoui, de la « Rencontre ».

Ton cœur saigne et pleure avec nous, tu nous sauves au pas de nos libertés blessées, ta patience définit le Temps. Le chemin c’est toi avec nous et nous avec toi, et nous avec nos frères et sœurs et avec la création qui nous est donnée en partage et en gestion dans le respect de toute vie.

C’est dans ces lieux de blessure, de trahison, de fragilité que Dieu espère l’Homme.
 

Noël c’est Dieu qui espère l’Homme.


La crèche c’est le lieu et le temps de l’enfantement de l’Homme à l’homme, d’une Présence de pleine Terre.

À la suite du choix de Dieu pour les blessés, opprimés, orphelins, exilés, à la suite des choix de son Fils Jésus au service et à partir des personnes rejetées, exclues, pauvres, aux marges, nous savons que ce sont là les lieux qu’il nous faut investir, ce sont là les temps que nous devons prioritairement offrir pour être, avec les bergers de la crèche, porteurs de la Bonne Nouvelle : car la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.

C’est éminemment d’actualité aujourd’hui mais nous avons du mal à les écouter.

Noël nous réinvite à recevoir d’eux la Bonne Nouvelle et à leur permettre d’en être acteurs.

C’est la mission du Secours Catholique : une cardiologie de la Caritas !

Battement du Cœur de Dieu au Cœur de l’homme

et du Cœur de l’homme au Cœur de Dieu.

 

 

Commentaire d'Évangile : Luc 1,39

Par le groupe de la Fraternité Saint-Laurent de Toulon Massabielle.
De la Visitation
En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » […] Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

 

« Elle avait besoin de parler à quelqu’un »

« Personnellement, ce qui m’interpelle, c’est surtout que l’enfant d’Élisabeth, qu’elle porte en elle, ressente la présence de l’Esprit Saint, puisqu’elle éprouve un mouvement d’allégresse en elle. Quand Marie parle de Jésus, du Seigneur, apparemment l’enfant perçoit sa présence. Par l’intermédiaire des enfants, elle a réussi à ressentir ce moment d’allégresse, grâce à Dieu. »

« Elle arrive chez sa cousine, elle a entendu qu’elle a été touchée par l’Esprit Saint. Vu qu’elle portait elle aussi un enfant, cet accueil a une apparence d’amour et de tendresse. C’est une joie pour elle, une merveille, c’est un bonheur qui arrive en plus. C’est un accueil de joie, de fraternité, qui montre l’amour qu’elle a pour le Seigneur, et vers Marie. Ce sont des retrouvailles de fête. »

« Moi, je dirais aussi que, Marie, elle devait se tracasser quand même. Elle vient un petit peu parler de ça avec Élisabeth, parce que, quand même, ça ne devait pas être quelque chose de facile, elle avait besoin de parler à quelqu’un, et sa cousine, je pense qu’elle était capable de recevoir ça. »

« Nous ressentons tous aussi l’importance d’avoir un lieu pour partager nos joies et nos peines, et ça, on le vit grâce au groupe Massabielle. »

« Personnellement, j’ai un souhait, c’est que les gens tendent la main à ceux qui en ont vraiment besoin, et qui sont même à côté de chez eux, hein, des fois, pas loin. »

« Qu’on essaye d’aller plus de l’un à l’autre… »

Hervé Perrot, Groupe Massabielle
Crédit Photos : © Christophe Hargoues Secours Catholique.
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