Le Kosovo, un État de droit en devenir

Publié le 16/02/2013
Kosovo
 

Pour Odile Perrot, docteur en sciences politiques et spécialiste du Kosovo, l’indépendance de ce pays, proclamée le 17 février 2008, a amené l’édification d’un État sans éradiquer la pauvreté.

Le Kosovo est-il aujourd’hui un État à part entière ?

Durant ces cinq dernières années, le Kosovo, sous supervision internationale, a renforcé ses institutions et poursuivi la construction d’un véritable État de droit. Alors que les conflits politiques se réglaient l’arme à la main au début des années 2000, c’est sur la scène démocratique qu’ils s’engagent aujourd’hui. Et si les observateurs internationaux ont noté des fraudes lors des dernières élections législatives, la Cour constitutionnelle a joué son rôle en annulant l’élection contestée du président de la République par l’assemblée nouvellement élue.

Est-ce que ce nouveau pays arrive à lancer son économie ?

Des progrès dans les infrastructures ont été faits : le système bancaire s’est généralisé, les routes ont été reconstruites et les bâtiments commerciaux aussi. Pour autant, c’était déjà la province la plus pauvre de l’ex-Yougoslavie. Aujourd’hui, le taux de chômage est estimé entre 45 et 50 %. Le secteur public offre un bassin d’emploi mais le recrutement fonctionne encore par cooptation, familiale ou politique. Dans le secteur privé, 90 % des entreprises sont composées d’une personne. Une grande partie de la population est très pauvre.

Peut-on dire aujourd’hui que le Kosovo est en paix ?

La paix est réelle même si la situation reste tendue, plus de treize ans après la fin de la guerre avec la Serbie. L’an dernier, à la suite d’incidents à la frontière entre les deux pays, le dialogue avec Belgrade a été rompu. Les élections serbes de mai 2012 ont amené au pouvoir un président et un premier ministre – ancien du parti socialiste de Milosevic – très nationalistes. Pourtant, ils ont relancé les pourparlers. Au nord du pays, les Kosovars serbes ne reconnaissent pas le gouvernement kosovar et contribuent à maintenir une tension entre les deux pays.

 

Sophie Lebrun
© DR
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