Marseille : le Vieux-Port sous le signe de la culture pour tous

Publié le 10/06/2013
Marseille
 

Une légère brise, un soleil qui peine à se montrer et des touristes qui embarquent peu à peu. Ce samedi 8 juin, aux alentours de 10 heures, le Vieux-Port semblait bien calme. Pourtant, devant l’hôtel de ville, on dansait et on se faisait maquiller. C’est là que le festival des talents et des cultures, organisé depuis une semaine par le Secours Catholique, a choisi de débuter sa dernière journée de festivités.

Après une courte parade sur des airs musicaux aux rythmes déhanchés et vigoureux sur les quais, une soixantaine de personnes s’est dirigée vers un village dressé pour l’occasion à quelques mètres de là. L’après-midi, le déjeuner partagé, festivaliers et passants ont profité d’animations artistiques.

Du maquillage, du rythme et des dessins

L’objectif du festival était qu’un maximum de personnes ait accès à des activités culturelles. Par ce biais, la délégation du Secours Catholique voulait que tous puissent exprimer leurs richesses. C’est pourquoi les différentes animations ont insisté sur des travaux pratiques.

Une bénévole proposait ainsi un atelier peinture. « Il s’agit de mettre en évidence les talents des enfants. Souvent, ils ne savent pas qu’ils en ont » explique-t-elle. Pourtant, ces jeunes artistes en herbe venaient avec des idées plein la tête.

Un peu plus loin sur le Vieux-Port, un atelier de bande dessinée a attiré une dizaine de personnes. « J’ai mis en place une formule qui permet aux personnes qui n’ont aucune affinité avec le dessin de pouvoir produire quelque chose » raconte Flec, le dessinateur-humoriste en charge de ce stand. Les résultats étaient impressionnants : rien ne laissait penser qu’il s’agissait d’une première pour bien des participants.

Des enfants ont été invités à dessiner la Méditerranée au pastel. « Ils sont d’une créativité criante. C’est sublime et les enfants vont au bout de leurs dessins. Ils écoutent les conseils qu’on leur donne. L’encadrement y joue beaucoup » raconte, admirative, la grand-mère de l’un d’eux. Il était aussi possible de découvrir les percussions, le maquillage, des jeux en bois, la fabrication de fleurs en papier ou encore profiter de démonstrations de danses.

Sortir des églises

Les passants ne sont pas restés indifférents à l’événement, à l’image d’Eric, qui a salué l’initiative : « Si l’événement peut permettre aux gens de se regarder différemment, c’est une bonne chose. » Pour Hervé, le choix du lieu a été marquant. Ce festivalier notait que le Vieux-Port porte en lui un symbole fort : il a été très longtemps le lieu d’accueil des populations immigrées venant s’installer dans la cité phocéenne et représente le cœur de la cité. « Il y a une appropriation solidaire de cet espace, ce n’est pas seulement commercial. C’est dans la nature du lieu » assure-t-il.

Plusieurs personnalités ont rejoint cette journée, à l’instar de l’évêque de Marseille Mgr Georges Pontier ou encore le P. Laurent Mazas, membre du Conseil pontifical de la culture. « On crée de la fraternité lorsqu’on est capable de rencontrer l’autre et de croiser son regard. Le pape aime à dire qu’il faut sortir de ses églises, aller voir ailleurs. Cet événement illustre bien ces propos, explique-t-il. Quant aux ateliers proposés, il est beau de permettre aux enfants d’exprimer leurs visions. C’est très poignant. La fraternité est essentielle. Il vaut mieux l’inscrire dans nos cœurs que simplement sur les frontons de la République. »

Et Alexandre Bosc, animateur au Secours Catholique de Marseille en charge de ce projet, de conclure : « Ce qui est beau, c’est que les personnes accueillies sont venues. Ce n’était pas évident. Ce projet n’entre pas dans des actions de solidarité dites classiques. C’est une étape importante. »

Aurélien Tournier

© Diego Ravier/Secours Catholique
Deux mamies sourient bras-dessus bras-dessous
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