Mgr Pontier à Calais : « La rencontre est le chemin vers l’humanité »

Mgr Pontier à Calais : « La rencontre est le chemin vers l’humanité »

Publié le 13/05/2016
Calais
 

Jeudi 12 mai, une délégation de la Conférence des évêques de France, menée par son président, Mgr Pontier, s’est rendue à Calais pour découvrir de visu la situation des exilés. Retour sur cette journée.

Loin des images des médias, l’objectif des responsables de la Conférence des évêques de France, à Calais, était d’aller à la rencontre des exilés et des acteurs sur le terrain.

C’est au centre d’animation de jour du Secours Catholique que la délégation est accueilli, ce jeudi 12 mai, par Didier Degrémont et Vincent de Coninck. Ce premier contact permet de rappeler le contexte du camps de Calais : un camps passé de janvier 2015 à l’été 2015 de 900 à plus de 6 000 migrants, dans des conditions d’accueil et d’hygiène difficiles.

C'est aussi l’occasion de présenter les démarches engagées auprès des institutions pour les faire agir, et tout le travail de terrain des bénévoles : accompagnement administratif pour les demandes d’asile, cours de français,  atelier de réparation des vélos, ateliers de jardinage, débats et rencontres.

 
Mgr Pontier à Calais : « La rencontre est le chemin vers l’humanité »
Vincent de Coninck
« Les exilés de Calais, sont avant tout des réfugiés politiques »
 

S'ensuit la visite du centre Jules Ferry, un ancien centre de vacances transformé en accueil de jour, et du Centre d’Accueil Provisoire (CAP). Puis les évêques, accompagnés de soeur Christine Kohler, se rendent dans la « jungle ».

 

Chaleureusement accueillis, ils s'arrêtent parfois pour discuter, échanger. Certaines personnes qu'ils rencontrent dans le bidonville, ou dans l'un des deux centres, vivent à Calais depuis 5, 6, 7, voire 8 mois.

Dans la « jungle », Farouk, un imam afghan, leur offre le thé. Il est fier de faire visiter sa nouvelle école de français ouverte à tous.

 

Entretien avec soeur Christine Kohler

 

Le début d’après-midi est consacré aux échanges avec les bénévoles et les paroissiens investis dans l’animation, les ateliers d’alphabétisation, de soutien scolaire, la collecte de vêtements ou les visites à l’hôpital.

Au fil des témoignages on découvre que chacun est allé encore plus loin dans sa démarche. Des bénévoles racontent avoir été amenés à ouvrir la porte de leur maison, l'une pour permettre à des migrants de recharger leur téléphone portable, l'autre pour en accueillir pour la nuit, un autre encore pour partager le repas de Noël avec une famille syrienne

Chacun révèle la richesse qu’ont constituées ces rencontres : les liens qui se créent, la découverte d’autres cultures ou d’autres religions.

« Ils ont bouleversé ma vie »

Ils finissent par confier ce que cela a provoqué en eux personnellement : « Ils ont bouleversé ma vie » ; « Ils m’ont ouvert le cœur » ; « Ce "frère d’ailleurs" est venu pour trouver un pays en paix et reconstruire sa vie » ; « Cela m’a changé spirituellement » ; « La rencontre avec les exilés a fait grandir ma foi ».

Un moment d’échanges sincères, qui n’a pas laissé indifférent le président de la Conférence des évêques de France.

À la fin de la journée, lors de l’eucharistie, Mgr Pontier réussit à résumer cette journée en une phrase : « Rencontrer l’autre, c’est le chemin qui nous humanise et nous fait progresser. »

 

Le bilan de la journée avec Mgr Pontier

Charles-Antoine Berthonneau
Crédits photos : ©Charles-Antoine Berthonneau ; ©Élodie Perriot / Secours Catholique
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