Migrants : Les catholiques appelés à s’engager

Publié le 15/01/2013
France
Migrants : Les catholiques appelés à s’engager
 

En écho à la journée mondiale des migrants célébrée le 13 janvier dernier, un colloque sur les catholiques et les migrations est organisé à Paris les 18 et 19 janvier prochains. Il rappellera, entre autres, pourquoi des associations comme le Secours Catholique doivent s’engager auprès des migrants.

Le 18 et 19 janvier prochain, le Collège des Bernardins, dans le 5ème arrondissement de Paris, organise un colloque s’intéressant aux liens entre le catholicisme et la migration. La conférence reviendra le vendredi matin sur l’histoire mouvementée du catholicisme et de la migration. Les intervenants s’attelleront dans un deuxième temps à répondre à des questions telles que : « le message social de l’Église catholique sur la question de l’immigration a-t-il un impact sur les dirigeants politiques ? ». Le samedi, des évêques de France et d’Afrique s’interrogeront sur les motivations réelles qui poussent l’Église catholique et ses fidèles à intervenir dans le domaine de l’immigration. Enfin, des représentants de différentes religions partageront leur regard sur la foi et les migrations.

«  Foi et espérance, un binôme inséparable dans le cœur des migrants »

Un thème traité récemment lors de la journée mondiale des migrants, le 13 janvier dernier. Celle-ci abordait la question - choisie par le Conseil Pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement – des migrations comme pèlerinages de foi et d’espérance. « Foi et espérance forment un binôme inséparable dans le cœur de très nombreux migrants, à partir du moment où se trouve en eux le désir d’une vie meilleure, en essayant très souvent de laisser derrière eux le “désespoir” d’un futur impossible à construire, a affirmé le Pape Benoit XVI, dans son message pour la journée mondiale des migrants. Aujourd’hui, nous voyons que de nombreuses migrations sont la conséquence d’une précarité économique, d’un manque de biens essentiels, de catastrophes naturelles, de guerres et de désordres sociaux. A la place d’une pérégrination animée par la confiance, par la foi et par l’espérance, migrer devient alors un “calvaire” pour survivre, où des hommes et des femmes apparaissent davantage comme des victimes que comme des acteurs et des responsables de leur aventure migratoire. »

Construire la fraternité universelle

Tous les catholiques se sont donc unis à la prière de l’Eglise universelle pour les peuples migrants. « L’enjeu [de cette journée] est de faire avancer la construction de la fraternité universelle, base indispensable d’une véritable justice et condition de la paix en aidant chaque communauté chrétienne à s’ouvrir aux questions que soulève la présence des migrants et des exilés chez nous », a expliqué Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort-Monbéliard, responsable de la pastorale des migrants. Le père Dominique Fontaine, aumônier du Secours Catholique, a proposé, dans le cadre de cette journée, une réflexion théologique rappelant l’importance de Diaconia 2013 qui, selon lui, « va nous aider à découvrir à travers la rencontre des migrants, en particulier des plus démunis d’entre eux, que nous pouvons, grâce à leur témoignage de vie, redécouvrir la confiance dont nous avons besoin au milieu des difficultés de nos communautés chrétiennes. Nous pourrons nous aider les uns les autres, car eux aussi ont besoin de nous, de notre écoute et de notre soutien pour continuer avec nous leur pèlerinage de foi et d’espérance. »

Le Secours Catholique et d’autres associations favorisent le respect des migrants

Le Secours Catholique apporte un soutien important, à travers toute la France, aux migrants. Dernièrement, grâce à un plaidoyer en faveur des migrants, l’association a participé à faire évoluer la situation de sans papiers. En effet, la grève de la faim que menaient quarante sans papiers depuis 73 jours dans le but d’obtenir que leur droit au séjour en France soit examiné ou réexaminé, a été suspendue le 13 janvier. Le Secours Catholique avec Emmaüs France, le CCFD-Terre solidaire et la Cimade avaient appelé, le 12 janvier, chaque partie – les sans papiers et le préfet – à trouver d’urgence « une solution de sagesse et d’humanité. » Malgré leur soutien aux personnes sans papiers, les associations avaient rappelé « leur extrême réserve devant l’utilisation de l’arme de la grève de la faim. Cette pratique, brutale et violente, met en danger la santé, l’intégrité voire la vie des personnes grévistes lorsqu’elles en viennent à considérer que c’est leur ultime recours pour se faire entendre et reconnaître leurs droits. » Elles ont estimé intéressantes les dernières propositions du préfet consistant à délivrer un récépissé de séjour aux personnes grévistes. « Ce délai de séjour provisoire permettrait ainsi à ces personnes de reprendre une alimentation, de se rétablir, de recevoir les soins et le suivi médical dont elles ont besoin. Il leur permettrait aussi de voir leur situation administrative examinée avec humanité par la préfecture, dans des conditions de sérénité et avec le temps nécessaire à une étude attentive de tous les éléments à faire prévaloir », ont affirmé les associations dans leur communiqué.

 

Clémence Véran-Richard
©PHOTOPQR/VOIX DU NORD/C.Lefebvre
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