Municipales : des retraitées débattent à Cagnes-sur-Mer

Publié le 21/01/2014
Cagnes-sur-Mer
 

Alors que les municipales approchent à pas de course, des personnes isolées ou précaires se réunissent dans toute la France pour débattre des enjeux locaux, sous l’impulsion du Secours Catholique. À Cagnes-sur-Mer, un comité de personnes retraitées a entamé une réflexion depuis septembre.

Les personnes isolées sont des citoyens comme les autres. C’est fort de ce constat que le Secours Catholique a décidé, lors des élections présidentielle et législatives de 2012, d’inciter les personnes en situation de précarité à faire entendre leur voix, trop souvent tue ou ignorée, auprès des candidats de chaque scrutin électoral. Elles sont aujourd’hui invitées, par le biais de groupes locaux, à évaluer les programmes des candidats aux rendez-vous électoraux de cette année et à formuler des propositions.

À Cagnes-sur-Mer par exemple, un groupe de cinq retraitées de 65 à 90 ans se réunit depuis septembre, toutes les six semaines, pour débattre des élections municipales de mars prochain. La création de ce groupe a été encouragée par le Secours Catholique de Cagnes, qui s’appuie sur un nombre important de bénévoles, environ 70.

Chacune des retraitées était invitée par Maud Bagaria, une animatrice de l’association, à formuler une situation qu’elle trouvait injuste. Après un temps de partage, elles ont décidé que le plus injuste pour elles, retraitées, était de devoir choisir, lors des fins de mois difficiles, entre se soigner, se chauffer, manger et surtout se loger, dans une région où les loyers sont très élevés. « Beaucoup de personnes qui se sont installées à Cagnes pour leur retraite ne s’en sortent pas, relève Maud Bagaria. L’une des retraitées du groupe vit ainsi dans un petit mobil-home. »

La nourriture y est aussi plus chère qu’ailleurs. Une récente étude avait par exemple montré que la Provence-Alpes-Côte d’Azur était la région de France où le réveillon de Noël était le plus coûteux.

Les cinq femmes ont également débattu du transport spécial pour personnes âgées, aujourd’hui lacunaire. Son bon fonctionnement est pourtant indispensable à l’une des retraitées du groupe, malvoyante. « Cette dernière est heureuse de pouvoir s’exprimer. Elle nous a dit : “Ici, on m’écoute alors que ce n’est pas le cas d’habitude”, » rapporte Maud Bagaria. Les débats se poursuivront lors de prochaines réunions.

Pierre Wolf-Mandroux
Crédits photos: ©Sébastien Le Clézio/Secours Catholique
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