Nathalie Becquart : « Une solidarité en lien avec la foi »

Publié le 01/07/2014
 

Nathalie Becquart, la directrice du Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations, religieuse xavière, a longtemps agi auprès de jeunes d’aumôneries étudiantes. Aujourd’hui, elle discerne une envie d’engagement solidaire chez les jeunes catholiques.

Dans l’opinion publique, on pense que les jeunes sont peu nombreux dans l’Église catholique et qu’en outre, ils ne s’engagent plus dans les actions solidaires. Est-ce vrai ?

Au contraire ! On constate un renouveau de la Pastorale des jeunes, c’est-à-dire de la manière dont l’Église rejoint les jeunes, et la présence de ceux-ci dans les lieux d’Église. Les trois grands mouvements scouts, les aumôneries étudiantes et bien d’autres observent une hausse de leurs effectifs. C’est une tendance qui dépasse l’Église : le bénévolat des jeunes augmente en France, et cela se ressent chez nous.

De même, la valeur première des jeunes aujourd’hui étant la solidarité, selon tous les sondages du moment, beaucoup de jeunes catholiques s’engagent pour des projets solidaires dans des propositions ecclésiales. Le boom des formations humanitaires ou de management associatif se voit aussi dans l’Église.

Y a-t-il une évolution dans la manière qu’ont les jeunes de se mettre au service de leur prochain ?

Je crois d’abord qu’ils se reconnaissent peu dans un mode d’action caritative que je qualifierais de “militantisme à l’ancienne”. Celui-ci appelait à s’engager pour une grande cause, des idées, dans une durée. Ils ont souvent peu de visibilité sur leur avenir et surtout, ils préfèrent être sur des projets concrets et ponctuels… et souvent, loin des grandes structures caritatives. Beaucoup mettent des choses en place localement, par exemple des maraudes. Cela répond mieux à leur rapport au temps, à leur besoin de souplesse. Au risque de réinventer la poudre chacun dans leur coin.

Les parcours en deviennent plus progressifs. Je me rappelle un jeune rencontré lors de la préparation du pèlerinage de la Pastorale des jeunes en Terre sainte en 2009. Il a été marqué par ce voyage, il a participé à une action concrète d’entraide sur place et, aujourd’hui, il est bénévole au Secours Catholique sur les actions Israël-Palestine. Il n’aurait sûrement jamais franchi le pas en lisant un appel à bénévolat classique ou un article de presse.

Les jeunes catholiques ont ensuite un vrai souhait de prière : ils prient, vont à la rencontre des personnes en précarité, puis prient en revenant. Ils ne comprennent pas une approche solidaire sans lien avec la foi.

Enfin, je vois un effet François. Beaucoup sont interpellés par le pape. Celui-ci rend visible l’impératif de solidarité ; son appel à aller aux périphéries, sa vision d’une Église pour les pauvres par les pauvres touchent les jeunes.

Le Secours Catholique est une association caritative catholique, qui est liée à plusieurs mouvements par des partenariats comme le Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ), les Scouts et Guides de France ou encore le réseau Ecclesia Campus de la Pastorale étudiante. En quoi ces liens sont-ils importants ?

Être en partenariat permet d’aller là où les jeunes se trouvent et d’être à leur écoute. Car aujourd’hui, les jeunes ont besoin d’être acteurs, co-constructeurs de leurs lieux d’engagement. Les échanges entre associations ou mouvements catholiques amènent les jeunes à avoir une meilleure connaissance de ces structures, mais cela ne se concrétise en action collective que si les organisations prennent en compte leurs avis et leurs modes d’action.

Un bon partenariat, c’est une relation dans laquelle chacun bouge. Ensuite, tout le monde ne peut pas tout faire… S’appuyer les uns sur les autres est indispensable.

Pour aller plus loin :

Le blog des Jeunes cathos : www.blog.jeunes-cathos.fr

 

Sophie Lebrun
Crédits photos: © DR
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