Noël aux Philippines : « L’espoir et l’optimisme »

Publié le 23/12/2013
Philippines
 

Aux Philippines, deuxième pays le plus catholique d’Asie, les célébrations de Noël ont commencé dès le 16 décembre. Malgré les dégâts et le nombre de victimes causés par le typhon Haiyan, les habitants ont partagé une semaine de recueillement et se préparent à fêter Noël sans électricité.

Cette année, Noël se fera sans faste, très simplement. Dans ce pays qui compte 80% de Catholiques et qui détient le record des plus longues fêtes de Noël au monde – elles débutent dès le mois de septembre avec des chants – il n’y a guère qu’une seule tradition qui est maintenue dans les zones touchées par le séisme : la Misa de Gallo (Simbang Gabi), neuvaine de messes célébrées du 16 décembre au 24 décembre.

Dès le premier jour, à l’aube, des milliers de survivants du super-typhon Haiyan ont convergé vers les églises encore endommagées et toujours sans lumière du centre de l’archipel.

« Quelles que soient les épreuves et les souffrances que nous avons traversées, nous devons essayer d’avancer, d’oublier et de recommencer à zéro », déclare le père Isagani Petilos à ses fidèles. Son église, Santo Niño à Tacloban, n’a pas retrouvé toutes ses fenêtres et son toit est troué à plusieurs endroits. « Nous devons apprendre à accepter ce qui s’est passé dans nos vies et espérer encore qu’il existe une vie belle devant nous. »

« Deux ou trois sapins de Noël »

Un peu plus loin, sur l’esplanade de ce qui était l’hôtel de ville avant la catastrophe, un sapin de 16 mètres de haut, fait de débris récupérés, a été dressé et des chants de Noël sont diffusés par haut-parleurs. Mais dans les rues, pas de guirlandes lumineuses contrairement à la coutume.

L’électricité n’a été rétablie que dans moins d’un pour cent des maisons et installations de cette grande ville particulièrement touchée par le typhon. Seules quelques dizaines de restaurants, de stations-service et de magasins ont pu rouvrir.

« Normalement, avec les fêtes de Pâques, le temps de Noël est l’une des périodes les plus célébrées aux Philippines. Il y a des lumières partout, des guirlandes, des sapins, des chorales. Cette année, ce sera beaucoup plus modeste que d’habitude, raconte Nick Harrop de Caritas Royaume-Uni (Cafod). De Tacloban à Palo, sur l’île de Leyte, je n’ai croisé que deux ou trois sapins de Noël. »

L’espoir face au chaos

Abilene Abihar vit avec sa famille dans une petite communauté d’environ 100 personnes. Elle raconte qu’une trentaine de personnes autour d’elle ont succombé au passage du typhon. Elle a déjà reçu une petite quantité de nourriture grâce à l’église et en recevra davantage très bientôt. Malgré ce qu’elle vit, elle fait preuve d’une incroyable résilience, comme tous les survivants rencontrés par les équipes Caritas sur le terrain.

Elle a commencé à reconstruire un abri temporaire avec des matériaux récupérés. Devant, sur un petit porche, elle a installé un sapin de Noël, symbole d’espoir face au chaos qui l’entoure.

« C’est ce qui nous surprend le plus lorsqu’on arrive sur place, raconte encore Nick Harrop, l’espoir et l’optimisme dont font preuve les Philippins face à cette terrible épreuve. Ils ne se voient pas comme des victimes mais comme des survivants et sont extrêmement reconnaissants pour toute l’aide qu’on leur apporte. Cette année, Noël va être pour eux un moment de réflexion sur ce qui s’est passé. Ils prient énormément, pour les victimes, mais aussi pour tous les catholiques du monde qui pensent à eux. Même s’il pleut et que les églises n’ont plus de toit, ils continuent à s’y rendre pour prier. »

La croyance veut que celui qui a participé, chaque matin, aux neuf Misa de Gallo verra son vœu exaucé.

Dernier bilan

Le 8 novembre dernier, le typhon Haiyan a dévasté presque tout ce qui se trouvait sur son passage, faisant 6 009 morts et 1 779 disparus, et déplaçant quatre millions d’habitants, dont les maisons ont été soit rasées, soit endommagées. Un peu plus de 100 000 d’entre elles sont toujours hébergées dans des centres d’évacuation d’urgence.

Concepcion Alvarez
© Ritchie B. Tongo/Epa/Maxppp
Écolière Haïtienne souriante dans sa classe
Plus d'informations
Solidarité internationale et développement
# sur le même thème