Palestine : jour de solidarité et appel à la paix

Publié le 29/11/2013
Palestine
 

Depuis plusieurs décennies, l’Onu dédie le 29 novembre à la solidarité avec le peuple palestinien. Comme chaque année, le Secours Catholique et ses partenaires s’y associent.

La journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien rappelle la date historique du 29 novembre 1947. Ce jour-là, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait la résolution 181 qui prévoyait la création d’un État juif et d’un État arabe en Palestine, et plaçait Jérusalem sous un régime international spécial. Cette résolution n’a jamais été appliquée.

Cette année, le nouveau directeur de la Caritas Jérusalem, le père Raed Abusahlia, a écrit une lettre émouvante à l’adresse de ses partenaires et amis dans laquelle il rappelle la douloureuse vie qu’endurent depuis 66 ans les chrétiens et les musulmans palestiniens. Il y déplore l’impasse des négociations de paix. « La solution à deux États est presque morte et toutes les négociations en cours ne sont qu’illusion et perte de temps », écrit-il.

« La situation est pire dans la bande de Gaza où le siège est encore plus sévère et ses répercutions encore plus catastrophiques, poursuit-il. À Caritas Jérusalem, nous sommes témoins des conséquences désastreuses d’une vie où il faut chaque jour subir des injustices. (…) Cependant, nous croyons qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit, parce qu’aucune force ne pourra jamais contrôler la volonté d’une nation qui réclame sa liberté et parce qu’aucun peuple au monde n’accepterait de vivre définitivement sous occupation. »

La paix est urgente et possible

Et pourtant, la veille de cette journée du 29 novembre, Shimon Peres, le président israélien, en visite au Mexique, a jugé que la paix avec les Palestiniens est « urgente » et « possible », avançant que les deux parties étaient d’accord pour négocier une paix sur le principe de deux États. « Nous ne sommes pas nés pour être ennemis, nous ne sommes pas nés pour enlever la terre à quiconque, nous sommes nés pour répondre à l’appel de la paix », a encore dit M. Peres (lauréat 1994 du prix Nobel de la paix avec le leader palestinien Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin après la signature des accords d’Oslo l’année précédente).

À tous ceux qui, en France et en Palestine désespèrent d’une paix juste en Terre sainte, ces paroles sont porteuses d’espoir pour qu’un jour, plus ou moins éloigné, tous les responsables israéliens et palestiniens trouvent ensemble le courage de bâtir une solution à ce conflit.

L’association israélienne Sadaka Reut

Le Secours Catholique s’engage en Israël et en Palestine. Il est un partenaire historique de Caritas Jérusalem. Et il s’implique également auprès de différents partenaires palestiniens et israéliens.

Parmi ces derniers, citons l’association Sadaka Reut (deux mots signifiant « amitié », l’un en arabe, l’autre en hébreu). Sadaka Reut lutte depuis 30 ans contre le racisme entre juifs et arabes. Fondée en 1983 par un groupe d’étudiants juifs et arabes souhaitant un meilleur avenir, ses actions visent à rapprocher les jeunes de leurs deux communautés pour qu’ils se rencontrent, se connaissent, apprennent les uns des autres et construisent ensemble une paix durable.

“Made in Israël” ?

Le Secours Catholique s’engage aussi en France. Il organise des actions locales dans le cadre de la campagne “la colonisation israélienne illégale, Palestine en danger”. Cette campagne, orchestrée par la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, a pour objectif l’étiquetage des produits des colonies.

Les colonies israéliennes installées dans les territoires palestiniens depuis 1967 sont illégales au regard du droit international. Pourtant, les colonies entretiennent des relations économiques avec l’Union européenne. Et il est actuellement impossible de savoir si un produit étiqueté “made in Israël” a été fabriqué ou non dans une colonie.

La campagne appelle le gouvernement français à mettre en place l’étiquetage des produits des colonies. Interpellé par un député, Laurent Fabius a affirmé que la France « étudie actuellement, en lien avec plusieurs de ses partenaires européens, la possibilité de publier un code de conduite sur l’étiquetage distinctif des produits issus des colonies ».

Le défi de la Paix

Le Secours Catholique appelle à prier pour la paix en Palestine. Notamment en partant du message du Conseil œcuménique des Églises qui figure au dos de la brochure Le défi de la Paix réalisée par le Secours Catholique et d’autres associations caritatives chrétiennes :

« Il est temps de stigmatiser la violence frappant les civils et de garantir que tous soient en sécurité. (…) Il est temps que tous respectent les normes du droit international humanitaire et des droits humains. Il est temps de partager Jérusalem, capitale de deux nations et cité sainte de trois religions. Il est temps que musulmans, juifs et chrétiens soient libres de visiter leurs lieux saints. (…) »

« Il est temps d’honorer tous ceux qui ont souffert, Palestiniens et Israéliens. Il est temps de tirer la leçon des injustices passées. Il est temps de comprendre la colère qui gronde et d’en éliminer les causes. Il est temps que ceux qui ont du sang sur les mains reconnaissent ce qu’ils ont fait. Il est temps de susciter le pardon entre les communautés et de réparer ensemble la terre blessée. »

« Il est temps de marcher vers l’avenir en tant qu’êtres humains créés à l’image de Dieu. Tous ceux qui sont en mesure de dire la vérité au pouvoir doivent la dire. Tous ceux qui veulent rompre le silence entourant l’injustice doivent le rompre. Tous ceux qui ont quelque chose à donner pour la paix doivent le donner. Pour la Palestine, pour Israël, pour notre monde troublé, Il est temps pour la paix. »

Jacques Duffaut
© Elodie Perriot/Secours Catholique
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