Patricia : « J’ai retrouvé un équilibre moral et familial »

Publié le 01/04/2014
Savoie
 

Patricia, mère d’une fillette de cinq ans, vit avec une pension d’invalidité. Son action de bénévole au Secours Catholique de Savoie l’a aidé à retrouver un équilibre. Bénévoles, salariés, personnes accueillies… Régulièrement, des acteurs du Secours Catholique prennent la plume et témoignent de leurs histoires, passées ou présentes.

« J’ai passé un BEP puis j’ai presque tout de suite commencé à travailler dans les grandes surfaces, en usine, etc., avec des périodes de chômage entretemps. Ça, c’était dans les années 1980.

Sortir du chômage, c’était à mon avis bien plus simple à l’époque. Par rapport à aujourd’hui, je trouve qu’on nous demandait moins de choses indiscrètes. Parce que quand on va s’inscrire [comme chercheur d’emploi], on vous demande des choses, je vous dis, qui m’ont laissée bouche bée. En quoi ça les regarde ? Par exemple ils demandaient un certificat de Pajemploi [1].

Un autre exemple : je suis reconnue “travailleur handicapé”. On m’a demandé un certificat plus récent de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) pour me mettre en invalidité. Ce qui déjà ne fonctionne pas de la même manière que dans la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) où c’est revu tous les cinq ans. La CPAM, dès qu’elle nous met en invalidité, c’est permanent.

« Ça aide beaucoup »

Mon certificat date de 1996, mais je ne peux pas en fournir un autre, c’est un certificat et puis voilà ! Ils veulent également que je m’inscrive en maladie… en maladie je veux bien, mais je ne suis pas malade. Je suis en invalidité ! Je ne vois pas le rapport entre les deux. Du coup [devant] toutes ces indiscrétions, je ne me suis pas [réinscrite en] recherche d’emploi.

Je continue avec ma petite [pension] d’invalidité qui est largement au-dessous du seuil de pauvreté, puisque je touche 350 euros. Étant donné que je n’ai pas pu travailler longtemps à l’époque. Et encore j’ai de la chance, parce que mon calcul a été fait avant la réforme de calcul invalidité, donc je touche un petit peu mieux que ce que j’aurais pu toucher après.

Mais malgré tout, avec une petite fille à charge de 5 ans et quand on n’a plus d’allocation, je peux vous assurer que c’est très dur. Après j’ai été mariée avec un agriculteur. Autant dire qu’on travaille bénévolement ! Mon mari actuel est un travailleur solidaire, chez Emmaüs.

À part ça, je peux dire aujourd’hui que j’ai retrouvé un équilibre, aussi bien moral que familial, et ce qui m’a beaucoup aidée ces dernières années, c’est d’être bénévole au Secours Catholique. J’ai commencé dans l’équipe de La Rochette et là actuellement je suis avec l’équipe de Chambéry, à l’atelier rencontres. Comme disait William, ça aide beaucoup : on ne pense pas, on ne reste pas à rien faire et on n’a pas d’idées noires. »

Retrouvez toutes les actions du Secours Catholique de Savoie sur son site web et devenez, à votre tour, bénévole aux côtés de Patricia.

Notes:

 

[1] Pajemploi est destinée à simplifier les formalités administratives pour les parents employeurs qui font garder leur enfant par une assistante maternelle agréée ou une garde d’enfants à domicile.

Crédits photos: © Sébastien Le Clézio/Secours Catholique
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