Pousser notre porte

Publié le 13/09/2012
France
Pousser notre porte
 

Près de 2 500 lieux d’accueils du Secours Catholique offrent à ceux que la société a exclus des espaces de rencontres où des liens se nouent.

Appeler à l’aide n’est facile pour personne et pousser la porte du Secours Catholique est une démarche plus difficile qu’il n’y paraît. Elle est un aveu d’impuissance à sortir seul de ses difficultés. Combien de ceux que nous avons accueillis l’avouent. « Je vis très mal ma démarche envers vous mais heureusement que vous étiez là. Mille mercis à vous, au Secours Catholique et à tous ceux que l’on ne voit pas mais qui font que votre aide peut nous parvenir », témoigne Nadia.

Le premier accueil est essentiel

Ainsi, dans le Nord : « Les bénévoles de Somain accueillent les personnes en difficulté chaque jeudi matin autour d’un café et de petits gâteaux. Une autre pièce permet des échanges plus confidentiels. Certaines personnes viennent demander une aide, un conseil, parler de leur situation ou tout simplement dire bonjour et discuter avec l’une ou l’autre », explique Rose-Marie.

À Bordeaux, les personnes reçues à la Halte – ouverte à tous pendant la semaine sauf le lundi, réservé aux femmes –, peuvent « se poser », échanger quelques nouvelles, confier leurs difficultés, mais aussi prendre un petit déjeuner, se doucher, se raser et laver leur linge.

Les bénévoles, engagés dans ces lieux d’accueil et tous dévoués, très attachés à rendre service aux plus démunis, apportent non seulement une aide ponctuelle, matérielle, mais prennent aussi le temps de l’écoute et de l’échange avec les personnes : c’est le début d’un accompagnement. « C’est très important de pouvoir parler. On ne sait pas à qui dire ce qui est en nous », confie l’un d’eux. « Dans la rencontre, l’échange, l’accueil, on peut se confier », ajoute un autre.

Pour aider à se redresser

Accompagner, ce n’est pas assister, mais redonner courage à celui que nous recevons. Il faut qu’il reprenne confiance en lui, qu’il retrouve sa dignité pour avancer… Cela se fait d’autant mieux si les personnes peuvent rétablir les liens avec d’autres. Car bien souvent, la personne en difficulté s’isole. Dans la confiance qui s’instaure peu à peu des réponses adaptées sont proposées : participation à des groupes, accompagnement à la scolarité, vacances en famille…

Agir ensemble

Partout sur le territoire, les équipes de bénévoles développent des activités en groupe qui favorisent la rencontre, brisent la solitude, et développent les talents. Se retrouver avec d’autres permet l’ouverture, incite à la solidarité. Ainsi à Montbrison, des familles qui connaissent des difficultés financières se rencontrent avec assiduité et débattent de sujets comme l’éducation de leurs enfants.

À Roanne, une dizaine de mamans se retrouvent chaque mois, depuis plus de dix ans et partagent leurs préoccupations, leurs joies et inquiétudes. Une franche amitié au sein du groupe a tissé des liens entre chacune. Un projet de vacances s’est concrétisé. Des familles sont parties cinq jours au Mont-Dore.

Dans le Rhône, à Corbas, le jeudi, le groupe Terre’happy rassemble des apprentis potiers. À Villeurbanne, les rencontres Couleurs du cœur animées par une bénévole artiste peintre commencent autour d’un café, pour parler tout simplement des préoccupations du moment. Pour se connaître, écouter l’autre, en se respectant. Puis, peut commencer l’atelier de peinture et d’initiation à l’art. Sur tout le territoire, les délégations appellent de nouveaux bénévoles pour développer des actions et renforcer leurs équipes.

Appel aux bonnes volontés

À tous ceux qui voudraient rejoindre les effectifs, pour « se faire proches des plus petits et des plus pauvres », comme le recommandait Mgr Pontier dans sa lettre pastorale (2011), vous êtes invités à rejoindre la délégation de votre département. Soyez nombreux.

 

Marie-Hélène Content
© É. Perriot/Secours Catholique
Deux mamies sourient bras-dessus bras-dessous
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