Présidentielle : un journal porte la parole des sans voix

Publié le 27/03/2012
France
 

À l’approche des élections, ATD Quart Monde, Amnesty International et le Secours Catholique offrent une tribune aux personnes vivant la précarité. Paroles de sans voix est un supplément de 8 pages distribué ce mardi 27 mars par la presse nationale et régionale.

« On n’est pas des sans voix. Ce sont les autres qui n’ont pas d’oreilles. » Paulette Liard est émue quand elle prend la parole. Conseillère municipale de Loos, commune de 21 000 habitants près de Lille, elle a connu les épreuves de la pauvreté et la difficulté de pouvoir la dire. Cette mère de cinq enfants, grand-mère et arrière-grand-mère, est « heureuse aujourd’hui de pouvoir payer le loyer, l’assurance et de quoi manger ». L’article qui lui est consacré dans le supplément de 8 pages inséré dans la majorité des journaux du mardi 27 mars dévoile le courage qu’il lui a fallu pour parler tout haut de la pauvreté.

Avant de donner votre voix, écoutez celle des plus pauvres

Le Monde, La Croix, Libération, l’Humanité, Aujourd’hui en France, Direct Matin, 20 Minutes, Le Parisien et de nombreux autres quotidiens ont ajouté à leur édition du 27 mars ce deuxième numéro de Paroles de sans voix intitulé « Avant de donner votre voix, écoutez celle des plus pauvres ». Une initiative commune à ATD Quart Monde, à Amnesty International et au Secours Catholique. Quelques personnes rencontrées par ces trois associations racontent ce qu’elles vivent, une réalité généralement ignorée du personnel politique.

Il existe des exceptions. Le député UMP des Yvelines, Étienne Pinte, s’engage depuis vingt-cinq ans « aux côtés d’associations qui portent les demandes des sans voix ». Pour saluer le lancement de cette deuxième édition (la première avait été lancée peu avant les élections de 2007), Étienne Pinte a, le 26 mars, rassemblé à l’Assemblée nationale (ce « temple de la voix », comme il l’a qualifié) de jeunes journalistes stagiaires (rédacteurs de ce journal quinquennal) et les représentants des trois associations initiatrices autour de Paulette Liard et de Renée Thominot.

Passerelle entre deux mondes éclatés

Renée Thominot connaît elle aussi la précarité. Le chômage elle s’en souvient, même si elle est aujourd’hui à la retraite. Elle en parle avec une véhémence qu’elle revendique, qui lui donne « la force de se lever ». Ayant été il y a cinq ans la rédactrice en chef du premier numéro de Paroles de sans voix, Renée affirme que ce petit journal « est un outil, une passerelle entre deux mondes totalement éclatés ».

Les manières réalistes de sortir de leur condition

« Les personnes qui ont écrit ce journal, a déclaré François Soulage, président du Secours Catholique, portent les mêmes propositions que celles à qui nous avons fait rencontrer les candidats [à l’élection présidentielle]. Quand on leur donne la parole, ces personnes disent les manières réalistes qui les sortiraient de leur condition. »

Pour Geneviève Garrigos, présidente de la branche française d’Amnesty International, « il est plus difficile de défendre ses droits quand on est pauvre ». La pauvreté participe à la violation des droits de l’homme et il faut « écouter les pauvres pour que les solutions à leur problème soient adaptées ».

« On ne peut pas construire une société française sans organiser le travail en commun entre ceux qui ont une vie difficile et les décideurs politiques, a ajouté Pierre-Yves Madignier, président d’ATD Quart Monde, appelant à « prendre en considération cette voix pour engager un élan citoyen ».

Ce deuxième numéro de Paroles de sans voix a été tiré à 7 millions d’exemplaires. Vous pouvez le consulter en ligne en allant sur www.parolesdesansvoix.org

 

Jacques Duffaut
crédit : Jacques Duffaut/SC
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