Rio+20 : les ressources naturelles, objet de convoitise

Publié le 18/06/2012
Brésil
Rio+20 : les ressources naturelles, objet de convoitise
 

Huit membres du Secours Catholique sont au Sommet des peuples, à Rio de Janeiro, afin de faire entendre leur voix auprès de la Conférence des Nations unies sur le développement durable. L’association animera, au cours de cet événement, deux séminaires sur des thèmes qu’elle juge importants.

Le secteur minier, fléau pour l’environnement et les autochtones

Le 18 juin, des partenaires du réseau Caritas, venus de Bolivie, de Colombie, du Pérou, du Congo-Brazzaville et du Tchad, témoigneront de la menace que représentent les industries extractives pour l’environnement et les communautés riveraines. L’objectif de cette conférence est d’ouvrir le débat sur la pertinence du développement du secteur minier en Afrique et en Amérique latine et de poser les jalons pour des alternatives de changement politique et social basées sur le respect des droits de l’homme, la justice sociale et la durabilité.

Ce débat s’inscrit dans l’actualité puisque de nombreux mouvements de paysans et d’indigènes, notamment en Amérique latine, mènent des luttes contre le pillage de leurs ressources par des compagnies étrangères. Dernier élément positif en date : la France a suspendu les permis de forages du groupe pétrolier Shell au large de la Guyane, dans un souci de prise en compte des problématiques environnementales. Le Secours Catholique espère ainsi esquisser une modélisation participative d’un schéma gagnant-gagnant en matière d’exploitation minière.

L’accès à la terre, une bataille difficile

Le deuxième séminaire, organisé le 19 juin, portera sur la loi de restitution des terres en Colombie et sur le phénomène d’accaparement des terres dans un contexte de guerre civile. Plusieurs partenaires colombiens, mais aussi péruviens et boliviens, expliqueront comment dans leur pays respectif l’accès à la terre est difficile pour les petits paysans. Ce thème, auquel le réseau Caritas et le Secours Catholique accordent une importance croissante, avait déjà été abordé lors d’une conférence du Secours Catholique, le 31 mai dernier, dans le cadre de sa campagne d’action internationale (CAI).

« Le système de possession de la terre est une arme de guerre et peut-être un obstacle aux bonnes pratiques de développement », avait affirmé François Soulage, président du Secours Catholique, en guise d’introduction. Mgr Yvon Ambroise, évêque de Tuticorin dans le Tamil Nadu, et président de Justice et Paix Inde, a dénoncé la monétarisation de la terre, qui s’effectue au détriment des plus pauvres. « Les petits paysans sont sans terre. Ils s’endettent pour en louer une, ce qui les entraîne dans l’alcoolisme, la maladie et vers le suicide », a-t-il témoigné. Selon l’évêque indien, l’avidité pour les minéraux, qui s’accroît au fil des ans, a pour conséquences la privation des tribus de leurs droits, notamment à la terre, alors qu’elles l’entretiennent depuis des siècles.

« La terre, c’est notre âme à tous ! »

Au Burkina Faso, la terre est devenue source de conflit, selon l’Ocades-Caritas Burkina Faso. « La croissance démographique galopante accentue la pression sur les terres cultivables et les ressources naturelles telles que l’eau », a relevé l’abbé Isidore Ouédraogo, directeur de l’association. Celui-ci a également dénoncé l’achat de terres par des entreprises d’agrobusiness, qui pourtant les laissent en friche dans le but de spéculer. Il a également alerté sur la forte accélération de l’exploitation de l’or au Burkina Faso, qui pollue les sols tout en détournant les jeunes paysans de l’agriculture. « Notre défi, désormais, est d’introduire dans la loi foncière une légitimité des communautés locales dans la gestion des ressources naturelles et donc des terres, a expliqué l’abbé Ouédraogo. La terre, c’est notre âme à tous ! »

 

Clémence Richard
crédit : Élodie Perriot/SC
Écolière Haïtienne souriante dans sa classe
Plus d'informations
Solidarité internationale et développement
# sur le même thème