Roms : le Secours Catholique met en demeure une municipalité de scolariser des enfants

Publié le 16/12/2012
Ris-Orangis
 

La délégation du Secours Catholique de l’Essonne a mis en demeure la municipalité  de Ris-Orangis, récalcitrante sur ce dossier, de scolariser des enfants roms.

« J’accepte que les enfants soient scolarisés dans ma commune s’ils ont une adresse rissoise », annonce Stéphane Raffalli, maire de Ris-Orangis dans l’Essonne depuis le 13 novembre. Ce dernier refuse la scolarisation de deux enfants roms vivant dans un camp situé sur sa commune. « Stéphane Raffalli estime que, ces enfants n’ayant pas de domiciliation dans sa ville, ils ne peuvent pas y être scolarisés. Mais si aujourd’hui ils ne sont pas domiciliés à Ris-Orangis, c’est uniquement parce que la mairie a refusé de le faire lorsqu’ils en ont fait la demande, s’insurge Laurent Lurton, délégué du Secours Catholique de l’Essonne. Sans domiciliation, ils n’avaient donc pas le droit à l’Aide médicale de l’État (AME). Nous avons donc été contraints de les domicilier dans notre centre de domiciliation le plus proche, aux Ulis. » Un argument supplémentaire pour Stéphane Raffalli qui demande donc à ce que les enfants soient scolarisés dans cette commune située à plus de 20 km de Ris-Orangis. « Si je domicilie ces enfants, je valide le fait qu’ils habitent dans un bidonville. Et cela, je le refuse. Par ailleurs, ma commune compte huit camps de Roms, soit le tiers de la population rom de l’Essonne. Ce n’est pas à l’échelle de ma commune que le problème doit être réglé mais au niveau national et européen », se décharge l’édile.

Dix jours pour scolariser les enfants

Face à son entêtement, la délégation du Secours Catholique de l’Essonne l’a mis en demeure, dans un courrier recommandé (à télécharger ci-dessous) envoyé le 3 décembre, de scolariser les enfants rapidement. L’association, en négociation avec les services municipaux depuis le début de septembre pour obtenir ce droit, lui a laissé dix jours (jusqu’au 13 décembre) pour inscrire à l’école les deux enfants, âgés de 7 et 10 ans, sans quoi elle saisira le tribunal administratif.

Une copie du courrier a également été envoyée au préfet de l’Essonne, Alain Régnier, délégué interministériel à l’hébergement et à l’accès au logement, au défenseur des droits et à la direction académique des services de l’Éducation nationale de l’Essonne. Cette dernière a d’ailleurs déclaré au quotidien Le Parisien que ce débat n’avait pas lieu d’être car « ces enfants ont leur place à l’école. » « Le droit à la scolarisation est un droit inconditionnel », rappelle Laurent Lurton.

Malgré l’avertissement du Secours Catholique, toujours pas de scolarisation

« Si je devais scolariser ces enfants, cela déstabiliserait très fortement les communautés scolaires », rétorque Stéphane Raffalli, contacté par la rédaction du Secours Catholique une fois le délai des dix jours écoulé. « Il faut, au niveau national, organiser des classes spécifiques et adaptées pour ces publics en total décrochage scolaire. » « Je pense que ma ligne de conduite est la bonne si l’on veut que les choses changent », ajoute le maire, jetant ainsi aux orties la circulaire interministérielle parue le 26 août qui rappelle le principe de l’obligation scolaire.

Le Secours Catholique a donc décidé de poursuivre la procédure.

 

Clémence Véran-Richard
© PhotoPQR/Le Parisien/Julien Heyligen
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