Syrie : Caritas auprès de la population réfugiée

Publié le 09/08/2012
Syrie
Syrie : Caritas auprès de la population réfugiée
 

Au Liban et en Jordanie, les équipes de Caritas s’activent pour prendre en charge les réfugiés. On estime leur nombre à 250 000 en Jordanie. Au Liban, leur nombre est officiellement de 35 000, mais sans doute davantage en réalité.

Au Liban et en Jordanie, Caritas aide des milliers de réfugiés qui ont fui la Syrie. Voici le récit de Laura Sheahen, envoyée de Caritas Internationalis auprès de ces personnes qui reçoivent nourriture, soins médicaux et réconfort moral.

Lundi matin

Visite de réfugiés syriens entassés dans de minuscules appartements à Beyrouth, capitale du Liban. Les parents ne savent pas comment ils vont joindre les deux bouts. Ils s’inquiètent également de leurs enfants qui ont du mal à se faire des amis dans leur nouveau pays. Un garçon, Salem, dit : « Les gens ici ne veulent pas jouer avec nous. »

Lundi après-midi

Voyage dans des camps de tentes dans la vallée de la Bekaa, près de la frontière syro-libanaise. Caritas a distribué des vivres, du matériel d’hygiène comme du savon, et d’autres articles pour de nombreuses familles dans les camps. Un homme qui demande à être appelé "Jafaar" - la plupart des réfugiés syriens ne veulent pas donner leurs vrais noms - nous présente des adolescentes, dont les parents ne peuvent s’échapper de la Syrie. Il nous montre leur tente vide et demande si elles peuvent bénéficier des distributions de Caritas.

Les réfugiés ont fait les tentes en cousant des sacs en tissu ensemble. Ellels sont étonnamment spacieuses et aérées, mais très vulnérables aux incendies. Dans un camp, nous voyons les résultats d’un feu de cuisson qui a mal tourné : restes calcinés de plusieurs refuges et feuilles noircies sur les arbres au-dessus. Un homme dont les bras ont été brûlés en sauvant ses enfants a dû acheter lui-même une pommade. Un travailleur social du Centre des Migrants de Caritas Liban lui tend une note indiquant où obtenir des fournitures médicales gratuitement grâce à Caritas.

Mardi matin

À Baalbek, dans l’est du Liban, les femmes réfugiées syriennes font la queue devant un centre de Caritas avec des bons à la main. Dans un cellier, elles passent au crible des piles de vêtements donnés et se servent dans le stock de boîtes de conserve et de produits cosmétiques.

Mardi midi

Une clinique mobile de Caritas offre la possibilité d’un examen médical aux enfants de réfugiés syriens. Un médecin et une infirmière sortent d’une camionnette blanche. Une boîte de médicaments et une table font office de salle d’examen en plein air. Les femmes syriennes amènent leurs enfants. Ceux-ci, y compris les bébés, sont étonnamment sages. Peut-être qu’après des mois de bombardements, ils comprennent qu’il n’y a pas grand-chose à craindre.

Mardi après-midi

Les femmes syriennes continuent à arriver au centre Caritas pour chercher des vivres et des kits d’hygiène. Une femme raconte qu’elle dû vendre sa bague de mariage pour nourrir ses enfants.

Mercredi matin

Voyage à Mafraq en Jordanie, où Caritas distribue de l’aide d’urgence. Une femme nommée Manifa attend son tour à l’ombre. Un bénévole de Caritas Jordanie lui apporte un verre d’eau. Elle évoque la violence en Syrie : « J’ai davantage peur des bombardements que la fusillade. » Manifa a reçu de la nourriture et des couvertures, ainsi que des couches et du lait pour son bébé. « C’est très bien organisé ici, et ils vous traitent comme un être humain », constate-t-elle. Nous parlons avec Ahmed, qui nous montre ses blessures à la cheville. Il a été torturé en Syrie. Lui et sa famille ont traversé la frontière jordanienne.

Mercredi après-midi

Toujours dans Mafraq, nous rencontrons un médecin de Caritas qui voit des patients dans une salle de classe transformée temporairement. Elle est gynécologue, mais constate des pathologies diverses. « Il y a des problèmes nutritionnels », dit-elle. Nous visitons un appartement où vit une famille de 18 réfugiés syriens. Il y a quatre ou cinq matelas sur le plancher. « Nous aimerions retourner à l’école », dit l’une des petites filles avec nostalgie. Bien que certains parents réfugiés syriens mettent leurs enfants au travail, la mère de Fairuz, est persuadée que ses enfants retourneront à l’école. « C’est notre raison d’être, leur éducation », dit-elle.

Jeudi matin

Nous allons à Zarqa, dans le nord-est de la Jordanie, dans un centre de Caritas où les gens peuvent voir un médecin, obtenir des soins dentaires, ou chercher des aides. Nous parlons à Rawad, arrivée hier. « C’est pire que ce que vous voyez à la télé », dit-elle. Alors que le bus tentait d’atteindre la frontière, il a dû s’arrêter devant l’intensité des tirs. Les passagers sont descendus pour se mettre à l’abri du bus.

Jeudi après-midi

Dans les bâtiments annexes d’une paroisse de Zarqa, sont stockés de grands sacs de riz, des boîtes de nourriture, et des trousses d’hygiène. Un membre du personnel de Caritas ouvre un et vérifie les pains de savon, des bouteilles antiseptiques, brosses à dents et d’autres éléments à l’intérieur. Nous parlons à Dario et Christine, deux bénévoles de Caritas Milan en Italie. Ils aident Caritas Jordanie à emballer les articles et organiser les distributions. La situation en Syrie est tellement incompréhensible que « les réfugiés eux-mêmes ont du mal à expliquer ce qui se passe », constate Christine.

 

Crédit : CI/Flickr
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