Syrie : «Les moyens manquent pour les réfugiés»

Publié le 12/06/2013
Syrie
Syrie : «Les moyens manquent pour les réfugiés»
 

Chargée de projet Urgence au Secours Catholique – Caritas France, Elise Joisel revient du Liban. La crise syrienne révèle ici, dit-elle, des besoins humanitaires immenses.

Après avoir visité le camp de Dalhamieh, dans la vallée de la Beqaa, à l’est, vous avez déclaré : « Les conditions sont réunies pour que se développent un grand nombre de maladies, notamment des infections de la peau. »

Les conditions sont en effet réunies : la promiscuité est telle dans le camp (5 à 12 personnes par tente), l’hygiène si mauvaise, même s’il y a quelques latrines, l’assainissement si insuffisant. Et l’été commence, avec de grosses chaleurs, et un impact immédiat : l’eau fait déjà défaut ! Cet état sanitaire médiocre fait craindre le développement de maladies infectieuses (gale et leishmaniose).

L’aide humanitaire permet-elle d’éviter pour l’instant l’explosion des taux de malnutrition chez les enfants vivant dans les camps ?

Pour l’instant, oui. Mais le problème se pose avec acuité chez les nouveaux arrivants d’autant que l’aide humanitaire est débordée : 3 000 Syriens arrivent au Liban chaque jour ! Avant d’être enregistré, il est difficile de recevoir une aide. Or, l’enregistrement est très long : souvent un mois. Caritas tente d’aider ces personnes, soit en fournissant des matelas, des couvertures… dans le cadre d’un programme de l’Union européenne, soit en distribuant des kits alimentaires par le canal du Programme alimentaire mondial.

Comment aider les réfugiés dans la durée sachant qu’ils sont de plus en plus nombreux et que l’Union européenne, notamment, est à court d’argent ?

Tout le monde est à court d’argent. C’est inquiétant. Le 6 juin, l’ONU a demandé 3 milliards de dollars (ndlr : « pour faire face aux besoins d’un million de réfugiés syriens dans la région »). Cet appel ne serait actuellement couvert qu’à 60 %. Le problème n° 1 pour les réfugiés, c’est la location d’un morceau de terre, d’un local ou d’un appartement. Après deux ans et demi de crise, ils n’ont plus de ressources. Il va falloir qu’on trouve une solution pour régler ces loyers. Le gouvernement libanais, lui, ne veut pas qu’on les paie car il y voit un risque de concurrence déloyale.

Autre problème, la tension entre Libanais (4 millions) et réfugiés (plus de 1 million) : elle est en hausse. La pression économique est très forte. Il va falloir aider les Syriens pour qu’ils puissent se nourrir. Des difficultés peuvent naître aussi du fait que ces derniers sont la plupart du temps sans travail. Question de long terme : comment créer de l’emploi ?

Yves Casalis
© Secours Catholique
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