Toulouse : vers Pâques en solidarité

Publié le 09/03/2015
Toulouse
 

Depuis 2012, l’accueil de jour du Secours Catholique l’Ostalada à Toulouse et la paroisse voisine, Saint-Sernin, partagent ensemble un repas chaque vendredi soir de carême. Au menu : soupe et rencontre.

« En 2013, en pleine réflexion sur Diaconia, le prêtre de la paroisse Saint-Sernin et l’aumônier de la délégation Ariège-Garonne ont monté une proposition de rencontres autour du carême, se souvient Armelle Clénet, bénévole à l’accueil de jour l’Ostalada et membre de l’équipe d’animation spirituelle du Secours Catholique à Toulouse. Cela s’est traduit par “les soupes de carême” à l’Ostalada. »

Le principe : une équipe de volontaires fait la soupe – réalisée notamment à partir de nourriture de la Banque alimentaire –, puis elle est partagée avec tous ceux qui veulent, entre 19h et 21h, lors des six vendredis avant Pâques.

Une diaconie

Près d’une trentaine de paroissiens, de bénévoles et de personnes accueillies de l’Ostalada se sont ainsi découverts l’an dernier. « Cette année encore, ce temps rassemble : nous étions 44 lors du premier vendredi, explique Armelle Clénet. Paroissiens, étudiants de la pastorale des jeunes, bénévoles de l’accueil de jour et personnes qui fréquentent l’Ostalada venant seules ou avec des amis… Ces rencontres ont chaque fois un visage différent. Elles permettent de créer du lien entre les actions du Secours Catholique et la paroisse, notamment grâce à l’implication du père Vincent Gallois. »

Ce lien, « cette diaconie » souligne-t-elle, se construit petit à petit. Au début du carême, Armelle Clénet, des bénévoles et accueillis de l’Ostalada, des paroissiens engagés dans l’équipe d’animation des églises du quartier se sont rencontrés « pour réfléchir ensemble au “goût” à donner à cette soupe de 2014 ».

« Plusieurs fois, certains paroissiens ont exprimé le désir d’aider, la volonté de faire quelque chose pour les personnes de l’Ostalada, raconte Armelle. À chaque fois, il fallait alors rappeler : les soupes de carême ne sont pas là pour donner une aide, mais pour vivre une amitié. Ce qui est beaucoup plus difficile. »

Vendredis de l’Espérance

S’est aussi posée la question du sens du carême. « Par exemple, est-ce qu’un repas qui se rapproche du jeûne est adapté au public en situation de précarité qui vient ? Est-ce qu’un ventre qui crie famine met en condition pour rencontrer l’autre ? Finalement, nous avons choisi de renforcer le menu, avec du fromage et une salade de fruits, de soigner la présentation en décorant les tables et de trouver un moyen visuel, dans la salle, de faire sentir la montée vers Pâques. »

Une grande fresque orne ainsi un mur avec six thèmes (l’accueil, le partage, le pardon, l’humilité, la paix et la joie). Elle est illustrée par le groupe des Vendredis de l’Espérance, un temps de partage spirituel à l’Ostalada, qui se réunit ce jour-là le matin.

Aujourd’hui, Armelle Clénet reconnaît que beaucoup de visages et d’attitudes ont changé. Et quand des paroissiens sortent en s’exclamant « Vraiment, ces personnes sont très intéressantes », elle enchaîne immédiatement « Et vous leur avez dit ? ». « Parce que ça, c’est fondamental » ajoute Armelle.

Après Pâques, l’an dernier, huit paroissiens ont intégré l’équipe de l’Ostalada. « Nous tissons une toile de partage discrètement : quand le curé invite tout le monde à la galette des rois, nous venons avec un groupe de personnes qui fréquentent l’accueil de jour. Nous essayons de pousser à un échange réciproque. Aujourd’hui, certains accueillis par le Secours Catholique sont connus des habitués de la messe, ils ont un nom et une histoire. À leurs yeux, ils sont quelqu’un. »

Sophie Lebrun
Crédits photos: © DR
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