Urgences : les bénévoles se sont mobilisés tout l’été

Publié le 17/09/2014
Urgences : les bénévoles se sont mobilisés tout l’été
 
Cet été, le pays basque a été touché par d’importantes inondations. Des dizaines de bénévoles du Secours Catholique se sont mobilisés pour aller à la rencontre des personnes sinistrées, constater les dégâts, écouter la détresse.

« Du jamais vu. » C’est ainsi que les habitants ont qualifié le spectacle de leurs villages dévastés par les crues cet été. Face à l’urgence, l’aide du Secours Catholique s’est mise en place très rapidement.

Comment s’est organisée l’aide ?

« Nous nous sommes tout de suite déplacés dans les communes les plus touchées pour faire une toute première évaluation des besoins, indique Priscila Ludovico, animatrice à la délégation des Pays de l’Adour. Il a fallu ensuite rapidement déterminer qui pouvait se rendre disponible, et voir comment les autres acteurs, notamment les pouvoirs publics, se mobilisaient. Du côté de Saint-Jean-Pied-de-Port, il y a eu très vite une forte mobilisation des élus, que l’équipe a accompagnée. À Saint-Palais, en revanche, les bénévoles ont eu très vite envie d’apporter une réponse plus importante : on a donc décidé de faire appel à l’équipe nationale Urgences du Secours Catholique. Deux bénévoles habitués aux grands sinistres nous ont rejoints. »

« Nous avons un réseau opérationnel, sensibilisé à tous types de catastrophes et capable de se déployer à tout moment. Pour cela,15 personnes sont mobilisables pour accompagner les acteurs locaux dans leur gestion des catastrophes en organisant leur sensibilisation et formation », confirme Thierry Cuenot, responsable du département Urgences du Secours Catholique.

« Ils nous ont beaucoup aidés, notamment en nous donnant des conseils pour aller vers les gens. Ce n’est pas évident », souligne Nadine Necol, responsable de l’équipe locale de Saint-Palais.

Des bénévoles des départements voisins sont également venus prêter main forte.

Quelle a été la mission des bénévoles ?

Les visites à domicile constituent l’essentiel du travail des bénévoles. « Elles se font en binômes, avec toujours un bénévole local, car il faut connaître les petites routes, parler basque... », indique Priscila Ludovico.

« C’est presque du porte à porte, explique Nadine Necol. Avant toute chose, il faut écouter la détresse des personnes sinistrées. Ensuite, on leur fait remplir un dossier pour qu’elles nous donnent des informations sur leur situation financière et leurs besoins urgents. Au total, environ 140 familles ont été visitées sur le canton de Saint-Palais, qui comptait 23 communes sinistrées. »

Un travail de titan qui a nécessité près de quatre semaines d’opérations intenses.

Quelle aide a été apportée ?

Des aides d’urgence ont été accordées à une quarantaine de familles, les plus sinistrées. Appareils électroménagers, machines à laver, réfrigérateurs, gazinières... « On a voulu faire travailler les magasins de Saint-Palais, avec lesquels on a signé des conventions afin qu’ils prennent les bons d’achat donnés aux familles », précise Nadine Necol.

Un bénévole de Pau, fort de son expérience professionnelle dans les assurances, a également aidé certaines familles à monter leur dossier d’assurance.

Le travail des bénévoles a permis de rencontrer des personnes déjà en difficulté avant les inondations, et pourtant inconnues des services sociaux et des autres associations. Les bénévoles sont notamment allés à la rencontre des agriculteurs, qui avaient besoin en urgence de piquets et de fils barbelés pour que les bêtes ne se sauvent pas. « Cela a été très enrichissant de pouvoir les rencontrer, car traditionnellement les agriculteurs ne demandent pas d’aide », confie la responsable de l’équipe locale de Saint-Palais.Au total, 25 000 euros ont été attribués pour faire face à l’urgence. « Actuellement, on revisite les familles. Certaines n’ont pas été indemnisées à la hauteur de ce qu’elles espéraient. D’autres continuent à venir nous voir pour nous demander de l’aide », explique Nadine Necol. « Il s’agit maintenant de suivre et d’accompagner les personnes dans la durée », ajoute Priscila Ludovico. Deux mois après les inondations, le travail des bénévoles est loin d’être terminé.

Marina Bellot
Crédits photos: © Gaël Kerbaol / Secours Catholique-Caritas France
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