TITRE_GENERAl
Dans son rapport L'État de la pauvreté en France 2016, le Secours Catholique pointe de profondes disparités entre la ville et la campagne.
Éclairage à travers l'exemple de différents territoires ruraux et urbains.
*Ces chiffres concernent les personnes accueillies au Secours Catholique le reste des personnes accueillies se situe en milieu péri-urbain.
« Après avoir augmenté durant deux ou trois ans avant 2010, depuis six ans la proportion de mères célibataires s’est stabilisée chez nous », rapporte Jacques Brame, vice-président du Secours Catholique du Nord. « Par contre, le nombre d’hommes seuls s’accroit » (de 16 % en 2010 à 18 % en 2015). Parmi eux, on compte des hommes sans domicile fixe qui fréquentent les accueils de jour, d’autres en difficulté financière à la suite d’une séparation souvent liée, comme cause ou conséquence, à la perte de leur emploi. Et enfin des personnes migrantes.»
« On remarque une proportion croissante de mères seules qui cumulent des difficultés de transport, d’isolement géographique et relationnel », remarque Pascal Petit, responsable du Secours Catholique du Berry. Nicole Nadau, dans le grand Médoc, comme Christine Comas dans le Jura, font le même constat. Parmi ces femmes, observent-elles, beaucoup ont quitté la ville en espérant une vie plus facile à la campagne. « Elles vont dans des coins très reculés, attirées par les loyers moins chers, explique Christine Comas. Ce sont les plus isolées, car elles n’ont pas de soutien familial.»
« La majorité des personnes au chômage que nous accompagnons sont des mères célibataires qui, sans solutions de garde, n’arrivent pas à jongler entre le travail et les enfants », constate Pascal Bouchard, référent bénévole à Bordeaux, sur la rive droite de la Garonne. « On a pas mal de jeunes aussi, qui ne sont pas qualifiés ou pas assez. » Le principal frein à l’emploi, selon lui, reste l’absence de moyen de transport individuel. « Les postes auxquels pourraient prétendre ces personnes sont souvent loin de leur domicile, dans des zones mal desservies et à des horaires décalés, donc en dehors de ceux des transports en commun. »
« Nous accompagnons majoritairement des personnes au chômage, mais proportionnellement moins qu’en ville », constate Pascal Petit, délégué du Secours Catholique du Berry. La raison ? Une plus forte proportion de travailleurs et de retraités pauvres à la campagne. « C’est lié aux secteurs d’activité et aux régimes de retraite », précise-t-il. « Chez nous, il y a beaucoup d’intérimaires, dans l’industrie du jouet ou les services à la personne », rapporte Christine Comas, animatrice dans le Jura. Dans le Médoc, ce sont plutôt des saisonniers qui ne travaillent que quelques mois dans la vigne ou le tourisme, observe Nicole Naudau, bénévole.
« Plus des deux tiers des personnes que nous rencontrons dans le Nord-Pas-de-Calais perçoivent l’allocation logement, un peu moins de la moitié le RSA », détaille Jacques Brame, vice-président du Secours Catholique du Nord. « Il y a aussi les personnes éligibles à l’allocation adulte handicapé, celles qui touchent leurs droits au chômage, celles qui font des petits boulots. Enfin il y a les personnes étrangères sans emploi, ni droit reconnu. » Pascal Bouchard, bénévole à Bordeaux, est effaré « de voir avec quoi vivent certaines personnes. À chaque petit imprévu, l’équilibre précaire se rompt. C’est le drame ».
« La plupart des personnes que nous accompagnons sont allocataires des minima sociaux. Beaucoup touchent le RSA-socle, le strict minimum », témoigne Isabelle Simon, animatrice au Secours Catholique de Haute-Saône. Dans le Jura, les travailleurs pauvres sont presque autant que les bénéficiaires du RSA (21 % contre 27 %). « En milieu rural, on va trouver beaucoup d’emplois peu ou pas qualifiés et faiblement rémunérés », explique Pascal Petit, responsable du Secours Catholique du Berry. « On a aussi des retraités, du secteur agricole notamment, qui touchent de toutes petites pensions. »
« Roubaix (59) est une ville un peu particulière, car c’est un lieu de grande misère où il y a une forte concentration de personnes étrangères », explique Bernard Mathon, bénévole de l’équipe locale du Secours Catholique. « Notamment des hommes seuls originaires du Maghreb qui galèrent. » Des marchands de sommeil exploitent cette situation : « Tout espace est occupé. Dans un logement qui était habité autrefois par 4 ou 5 personnes, ils vont être aujourd’hui 8 ou 10. On nous a rapporté le cas de Roubaisiens vivant dans un garage « aménagé », ou dans une entrée de maison qui a été fermée. »
« Le problème n’est pas tant la stabilité que l’état du logement », explique Isabelle Simon, animatrice au Secours Catholique de Haute-Saône : « Nous suivons des locataires dans le privé qui vivent dans de vieux logements insalubres et mal isolés. Mais ils n’osent pas se plaindre de peur de se retrouver à la rue. » Guy Nécaille, bénévole dans l’Aisne, évoque pour sa part le cas des propriétaires pauvres : « Souvent des jeunes et des personnes âgées, qui à cause d’une perte d’emploi ou du passage à la retraite ne touchent plus un revenu suffisant pour assumer le remboursement du crédit et les charges. »
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Les voix de la pauvreté

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Dans son rapport L'État de la pauvreté en France 2016, le Secours Catholique pointe de profondes disparités entre la ville et la campagne.
Éclairage à travers l'exemple de différents territoires ruraux et urbains.
Perso_URBAIN

*Ces chiffres concernent les personnes accueillies au Secours Catholique. Le reste des personnes accueillies se situe en milieu péri-urbain.

DATA_2_URBAIN_1 DATA_2_URBAIN_2
DATA_2_URBAIN_3
« Après avoir augmenté durant deux ou trois ans avant 2010, depuis six ans la proportion de mères célibataires s’est stabilisée chez nous », rapporte Jacques Brame, vice-président du Secours Catholique du Nord. « Par contre, le nombre d’hommes seuls s’accroit » (de 16 % en 2010 à 18 % en 2015). Parmi eux, on compte des hommes sans domicile fixe qui fréquentent les accueils de jour, d’autres en difficulté financière à la suite d’une séparation souvent liée, comme cause ou conséquence, à la perte de leur emploi. Et enfin des personnes migrantes.
DATA_2_RURAL_1 DATA_2_RURAL_2
DATA_2_RURAL_3
« On remarque une proportion croissante de mères seules qui cumulent des difficultés de transport, d’isolement géographique et relationnel », remarque Pascal Petit, responsable du Secours Catholique du Berry. Nicole Nadau, dans le grand Médoc, comme Christine Comas dans le Jura, font le même constat. Parmi ces femmes, observent-elles, beaucoup ont quitté la ville en espérant une vie plus facile à la campagne. « Elles vont dans des coins très reculés, attirées par les loyers moins chers, explique Christine Comas. Ce sont les plus isolées, car elles n’ont pas de soutien familial. »
« La majorité des personnes au chômage que nous accompagnons sont des mères célibataires qui, sans solutions de garde, n’arrivent pas à jongler entre le travail et les enfants », constate Pascal Bouchard, référent bénévole à Bordeaux, sur la rive droite de la Garonne. « On a pas mal de jeunes aussi, qui ne sont pas qualifiés ou pas assez. » Le principal frein à l’emploi, selon lui, reste l’absence de moyen de transport individuel. « Les postes auxquels pourraient prétendre ces personnes sont souvent loin de leur domicile, dans des zones mal desservies et à des horaires décalés, donc en dehors de ceux des transports en commun. »
« Nous accompagnons majoritairement des personnes au chômage, mais proportionnellement moins qu’en ville », constate Pascal Petit, délégué du Secours Catholique du Berry. La raison ? Une plus forte proportion de travailleurs et de retraités pauvres à la campagne. « C’est lié aux secteurs d’activité et aux régimes de retraite », précise-t-il. « Chez nous, il y a beaucoup d’intérimaires, dans l’industrie du jouet ou les services à la personne », rapporte Christine Comas, animatrice dans le Jura. Dans le Médoc, ce sont plutôt des saisonniers qui ne travaillent que quelques mois dans la vigne ou le tourisme, observe Nicole Naudau, bénévole.
« Plus des deux tiers des personnes que nous rencontrons dans le Nord-Pas-de-Calais perçoivent l’allocation logement, un peu moins de la moitié le RSA », détaille Jacques Brame, vice-président du Secours Catholique du Nord. « Il y a aussi les personnes éligibles à l’allocation adulte handicapé, celles qui touchent leurs droits au chômage, celles qui font des petits boulots. Enfin il y a les personnes étrangères sans emploi, ni droit reconnu. » Pascal Bouchard, bénévole à Bordeaux, est effaré « de voir avec quoi vivent certaines personnes. À chaque petit imprévu, l’équilibre précaire se rompt. C’est le drame ».
« La plupart des personnes que nous accompagnons sont allocataires des minima sociaux. Beaucoup touchent le RSA-socle, le strict minimum », témoigne Isabelle Simon, animatrice au Secours Catholique de Haute-Saône. Dans le Jura, les travailleurs pauvres sont presque autant que les bénéficiaires du RSA (21 % contre 27 %). « En milieu rural, on va trouver beaucoup d’emplois peu ou pas qualifiés et faiblement rémunérés », explique Pascal Petit, responsable du Secours Catholique du Berry. « On a aussi des retraités, du secteur agricole notamment, qui touchent de toutes petites pensions. »
« Roubaix (59) est une ville un peu particulière, car c’est un lieu de grande misère où il y a une forte concentration de personnes étrangères », explique Bernard Mathon, bénévole de l’équipe locale du Secours Catholique. « Notamment des hommes seuls originaires du Maghreb qui galèrent. » Des marchands de sommeil exploitent cette situation : « Tout espace est occupé. Dans un logement qui était habité autrefois par 4 ou 5 personnes, ils vont être aujourd’hui 8 ou 10. On nous a rapporté le cas de Roubaisiens vivant dans un garage « aménagé », ou dans une entrée de maison qui a été fermée. »
« Le problème n’est pas tant la stabilité que l’état du logement », explique Isabelle Simon, animatrice au Secours Catholique de Haute-Saône : « Nous suivons des locataires dans le privé qui vivent dans de vieux logements insalubres et mal isolés. Mais ils n’osent pas se plaindre de peur de se retrouver à la rue. » Guy Nécaille, bénévole dans l’Aisne, évoque pour sa part le cas des propriétaires pauvres : « Souvent des jeunes et des personnes âgées, qui à cause d’une perte d’emploi ou du passage à la retraite ne touchent plus un revenu suffisant pour assumer le remboursement du crédit et
les charges.
»

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L'État de la pauvreté en France 2016