Qui croit encore que les démunis ont la belle vie ?

Qui croit encore que les démunis ont la belle vie ?

Publié le 07/03/2017
France
 

84 % des Français pensent que « beaucoup de personnes abusent du système », selon une enquête menée en 2014 pour le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie). Un chiffre alarmant que nuancent cependant les résultats d'un sondage publié ce jeudi 9 mars par le Secours Catholique et Viavoice.

Un constat demeure. En quelques années, la figure du « profiteur », de l’« assisté », du « fraudeur » s’est profondément ancrée dans l’imaginaire collectif. Ces préjugés divisent notre société et menacent la protection sociale. Ils empêchent aussi de penser des solutions nouvelles pour garantir la place et la contribution de chacun dans notre société. C’est pourquoi le Secours Catholique veut aujourd’hui les combattre.

 

Perceptions de la pauvreté et engagement solidaire en France

À la veille d’échéances politiques majeures, le Secours Catholique – Caritas France publie un sondage réalisé avec l’institut ViaVoice. Les résultats décrivent une opinion publique très consciente des enjeux liés aux inégalités, à la pauvreté et prête à s’engager. Néanmoins, des tensions et des contradictions persistent.
Lire le sondage
 

Enquête : « France qui se lève tôt » vs « assistés »

 

D’où viennent les préjugés à l’égard des personnes en précarité ? De quoi se nourrissent-ils ? Comment se diffusent-ils ? Quel impact ont-ils sur notre société ? Enquête sur la naissance et le développement de contre-vérités qui durent.

« Personne ne fait exprès d’être pauvre. » Nous sommes le 31 mai 2016 et Gérard Roche, vice-président de la commission des Affaires sociales du Sénat, a pris la parole dans l’hémicycle du palais du Luxembourg. Une proposition de loi, déposée par des élus Les Républicains, sur la lutte contre la fraude sociale est en passe d’être adoptée.

Le sénateur UDI de la Haute-Loire fait un long réquisitoire contre ce texte qu’il juge stigmatisant et contre-productif. Cinq minutes plus tard, la proposition est rejetée. Les sénateurs centristes ont choisi de s’abstenir ou de voter contre avec leurs homologues de gauche.

« J’ai réagi de façon très vive, car deux choses m’ont particulièrement choqué, explique aujourd’hui Gérard Roche. Il y avait une obligation pour toute personne en fin de chômage et qui voulait bénéficier du RSA de signer un certificat de bonne citoyenneté. Et surtout, le texte imposait aux allocataires du RSA des travaux d’intérêt général. Nous avons des gens en précarité, qui ont la malchance d’être laissés au bord du chemin par notre société et à qui on veut imposer des travaux comme s’ils avaient commis un délit. Cela m’a ulcéré. »

Un cas devient une généralité

Cet épisode est symptomatique du poids des préjugés sur les personnes en précarité, au sein de la classe politique, à droite comme à gauche. Ainsi en 2006, Nicolas Sarkozy opposait « la France qui se lève tôt et travaille dur » à ceux « qui sont aidés », reprochant à ces derniers de ne pas être « au rendez-vous de leur responsabilité ».

En 2011, le ministre des Affaires européennes fustigeait l’« assistanat », « cancer de notre société ». Trois ans et un changement de majorité plus tard, le ministre du Travail justifiait sa volonté de « renforcer les contrôles » des chômeurs, en soulignant : « Il n’est pas possible, dans un pays qui est en difficulté (…) d’avoir des gens qui (ne cherchent pas de travail) ».

Plus récemment, en février 2015, un ancien Premier ministre a dénoncé le cumul du RSA et de l’Allocation logement, facteur, selon lui, de démotivation dans la recherche d’emploi. Une déclaration à laquelle a d'ailleurs répondu Laurent, un quadragénaire allocataire du RSA.

Dans un billet rageur posté sur les réseaux sociaux, Laurent écrit : « Dans mon monde à moi, on aimerait avoir un emploi et des congés payés [...] Dans mon monde à moi, on ne se démotive pas d'avoir le RSA et les APL, on s'organise. »

« C’est devenu un sujet de dire qu’on condamne l’assistanat », regrette Jean-Marie Vanlerenberghe, rapporteur général de la commission des affaires sociales au Sénat.
 

C’est devenu un sujet de dire qu’on condamne l’assistanat.

Jean-Marie Vanlerenberghe.

D’où viennent ces préjugés ? Souvent du terrain, répond le sénateur du Nord-Pas-de-Calais : « Les élus vont entendre parler du fils de Mme untel qui ne travaille pas et pourtant gagne plus que son voisin. De telle personne qui calcule son temps de travail pour ne pas perdre les aides, ou de telle famille qui pourrait se débrouiller autrement... »

« Dans presque chaque village, confirme Gérard Roche, on a l'exemple d'une personne alcoolique qui n’a jamais travaillé. On dit qu’elle nous coûte chère et on lui tape dessus, sans chercher à comprendre qu'elle est malade. Cela entretient la défiance. »

Annaïg Abjean, directrice de la Mission régionale d’information sur l’exclusion (MRIE) en Rhône-Alpes, observe : « Très souvent, les élus sont sollicités en commission pour arbitrer la suspension ou non d’une allocation. Ils ne voient donc que les cas qui dysfonctionnent et ne se rendent pas compte que ce ne sont que 15 dossiers sur des milliers d’allocataires. »
 

L'argent du RSA sert à acheter de l'alcool, de la drogue et à la prostitution

Un conseiller départemental de Mayenne.

Ces histoires circulent entre élus, explique Jean-Marie Vanlerenberghe, « et d’un cas, on va faire une généralité. Certains vont grossir le trait pour susciter l’indignation et nourrir l’idée qu’en France, nous sommes trop généreux, trop naïfs ».

En novembre 2016, un conseiller départemental de la Mayenne assurait ainsi sur les ondes de France Bleue : « L'argent du RSA sert à acheter de l'alcool, de la drogue et à la prostitution. »

Gérard Roche se souvient de la première discussion au sein du groupe centriste portant sur la proposition de loi contre la fraude sociale. « Les avis étaient bien plus partagés que lors du vote du 31 mai, relate le sénateur. Certains, qui sont aussi conseillers départementaux, disaient : “Le RSA coûte cher, il faut bien qu’on fasse quelque chose, il y a trop de tire-au-flanc.” »

 

Un fort écho dans l’opinion publique

Dans un contexte de précarisation, vécue ou redoutée, ces préjugés trouvent un fort écho dans l’opinion publique. « La souffrance sociale est alors mise sur le compte non de la crise ou des inégalités sociales, mais de l’“assistanat” », constate le sociologue Nicolas Duvoux.

Selon un baromètre de la cohésion sociale publiée en 2014 par le Crédoc, 84 % des Français pensent que « beaucoup de personnes abusent du système », et près d’un quart d’entre eux considèrent que s’il fallait réduire les dépenses de prestations sociales, il faudrait diminuer le RSA en priorité. Ils n’étaient que 5 % à le penser en 1999.

Un sondage publié jeudi 9 mars par le Secours Catholique et l'institut Vivavoice nuance quelque peu ces chiffres alarmants. Néanmoins, selon les réponses données dans le cadre de cette enquête, la première priorité pour lutter contre la pauvreté serait « la lutte contre la fraude sociale ».

Une observation confirmée par un autre sondage publié le 15 mars, réalisé cette-fois ci par Ipsos-Sopra Steria pour Radio France et France Télévisions. Pour 71 % des sondés, « la lutte contre l’assistanat doit être une priorité ».
 

Les préjugés réduisent les personnes à leur détresse matérielle, sans analyser les mécanismes par lesquels se crée ou se perpétue la pauvreté.

Jacques Toubon

En négligeant ou niant les réalités auxquelles les personnes en situation de précarité sont quotidiennement confrontées, « les préjugés réduisent les personnes à leur détresse matérielle, sans analyser les mécanismes par lesquels se crée ou se perpétue la pauvreté », déplore Jacques Toubon, le Défenseur des droits. « Ils peuvent ainsi conduire à considérer les victimes comme responsables de leurs propres maux ».

Jean-Marie Vanlerenberghe craint que la diffusion de ces préjugés conduise à terme au détricotage « d’un système de protection sociale dont on peut pourtant s’enorgueillir ». Dans certains départements, ils justifient déjà des mesures politiques stigmatisantes.

Brigade anti-fraude au RSA

Ainsi, dans le Haut-Rhin, le conseil départemental a instauré en janvier un dispositif “RSA contre bénévolat”. Dans l’Ain, une “brigade contre la fraude au RSA” a été créée en 2015, mobilisant six agents à temps plein.

Les élus de l’opposition avaient pourtant objecté que la surveillance s’était beaucoup renforcée ces dernières années et qu’il n’y avait pas besoin d’une nouvelle structure.

La Caisse d'allocation familiale du département avait, elle-même, souligné que le phénomène de fraude représentait « moins de 1% des dépenses, moins de 1% des allocataires ». En vain.

« C’est autant d’énergie, de moyens humains et financiers qui pourraient être consacrés par le département à la lutte contre le chômage, la précarité et l’exclusion », regrette un responsable associatif local.

L’Isère et la Drôme réfléchiraient à ce type de dispositif.  Dans la Drôme, les cas de fraude au RSA traités en quatre ans, entre 2010 et 2014, concernent moins de 2 % du nombre d’allocataires sur une année. Néanmoins, le président du département a décidé d’en faire une priorité.

Si lutter efficacement contre « ceux qui détournent la solidarité » est indispensable, considèrent Jean-Marie Vanlerenberghe et Gérard Roche, on peut déplorer l'intrumentalisation politique du sujet qui conduit à des discours et des moyens engagés disproportionnés par rapport à la réalité du phénomène, insistent les deux sénateurs.
 

C’est très dur d’aller “quémander”, s’afficher et être fiché auprès des services sociaux et des associations.

Franck Sitzia

Olivier Fantone, responsable du Secours Catholique du Vaucluse, dénonce l’effet contre-productif de la stigmatisation sur les personnes visées : « Le sentiment de rejet peut provoquer chez certains une réaction de repli ou de révolte qui va compromettre tout notre travail d’accompagnement. »

Alain Guérin-Boutaud, responsable du Secours Catholique de Haute-Loire, évoque pour sa part la honte et la culpabilité que fait naître ce type de discours chez les personnes en précarité. « Beaucoup ne vont même pas oser demander le RSA par peur d’être pointées du doigt. Surtout en milieu rural comme chez nous. » 

Franck Sitzia, allocataire du RSA au Puy-en-Velay (Haute-Loire) confirme : « Pour ma part, comme pour beaucoup qui ont gardé un peu de dignité, c’est très dur d’aller “quémander”, s’afficher et être fiché auprès des services sociaux et des associations. » (lire son témoignage complet). Aujourd’hui, près d’un tiers des personnes qui ont droit au RSA en France n’en font pas la demande.

La rencontre

Comment lutter contre la diffusion des préjugés ? Jean-Marie Vanlerenberghe veut croire à l'incidence des missions d’information menées par la commission des affaires sociales du Sénat.

« Chaque année, on prend du temps pour contrôler et vérifier le bon fonctionnement de notre système social, explique-t-il. On enquête, on analyse les chiffres, on fait des auditions pour mettre la réalité à jour. Ces informations sont publiées dans un rapport et reprises dans la presse. »

Par-delà l’information, Annaïg Abjean, de la MIRE, mise sur la rencontre. La responsable associative a pu observer l'effet provoqué par la médiatisation, ces derniers mois, de Christian Quesada dans l'émission « Les 12 coups de midi » sur TF1.

Cet allocataire du RSA, originaire de l'Ain, qui vivait avec 524 euros par mois, est devenu le plus grand champion de l’histoire des jeux télévisés en France. Durant six mois, le quinquagénaire a impressionné les téléspectateurs par ses performances et sa mémoire hors du commun. Sa simplicité a suscité leur sympathie.
 

Qu'est-ce qui fait que les préjugés ont la dent dure ?

Alain Guérin-Boutaud

« Dès qu’on est en contact avec de vraies personnes, toutes les idées désincarnées se cassent la figure », conclut Annaïg Abjean.

Au Puy-en-Velay, le Secours Catholique et d'autres associations locales ont animé le 17 octobre sur la place publique une exposition et un forum sur le thème des préjugés.

L'événement avait été préparé en amont avec des personnes en précarité. Alain Guérin-Boutaud, le responsable local du Secours Catholique, se souvient  : « Parmi les préjugés qui sont le plus ressortis dans les différents groupes de parole, il y a "on ne vit pas trop mal avec le RSA" et "les pauvres font tout pour touchez des aides". »

Depuis, la réflexion se poursuit au sein de ces groupes de parole. « Nous nous intéressons désormais aux causes, explique Alain Guérin-Boutaud : Qu'est-ce qui fait que les préjugés ont la dent dure ? Quels groupes de personnes font perdurer les préjugés ? Comment atteindre ces personnes pour les sensibiliser, les informer et en faire des alliées et non pas des ennemis ? »

Au niveau national, le Secours Catholique a démarré jeudi 9 mars un “tour de France contre les préjugés”.

 

« Je sais qui je suis, je connais mes valeurs »

Le point de vue de Franck Sitzia, 38 ans, du Secours Catholique du Puy-en-Velay (Haute-Loire).


« J’ai depuis très jeune connu la galère, les problèmes, la misère et j’en passe. J’ai longtemps vécu de la mendicité et de la démerde. C’est lorsque j’ai décidé de sortir de tout ça (la drogue, la rue), à 30 ans, que j’ai demandé le RSA.

Aujourd’hui, j’en ai 38, et une merveilleuse petite fille de 5 ans qui accompagne mon quotidien, qui l’améliore. Depuis, je me bats, tape des pieds et des mains pour m’en sortir. Après plusieurs recherches d’emploi sans aboutissements réels, des petits travaux et des saisons agricoles, je me suis mis à mon compte. Je suis bénéficiaire de la CMU-C et d’un RSA activité, ainsi que d’une allocation logement.

Malgré ces aides et beaucoup de bonne volonté, j’ai beau tout essayer, je n’arrive pas à tenir un mois, à peine 15 jours. Pourtant, si vous venez à la maison, vous n’y trouverez ni superflu ni télévision, le minimum vital pour ma fille et moi-même. Le RSA ne suffit pas pour vivre, même simplement, il permet à peine de survivre !

Pour ma part, comme pour beaucoup qui ont gardé un peu de dignité, c’est très dur d’aller “quémander”, s’afficher et être fiché auprès des services sociaux et des associations. Malgré toutes les critiques et les préjugés que l’on m’a collés, je sais qui je suis, où sont mes limites, et surtout, je connais mes valeurs. »

 

« Un enjeu bien plus que moral »

Entretien avec Laurent Seux, directeur France-Europe du Secours Catholique.

 

La lutte contre les préjugés est-elle avant tout morale, où est-ce un enjeu important dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion ?


Les préjugés discriminants abîment les personnes. Quand quelqu’un est mal, et que vous lui tapez dessus, vous détruisez ce qu’il peut encore avoir en lui d’estime, de ressort, de capacité à combattre. Il va devenir plus difficile pour lui de se dire : « Oui, je vaux quelque chose, je peux agir, je peux être utile. » Nous constatons à l’inverse, dans nos actions, que lorsque les personnes retrouvent un climat de confiance, de bienveillance, d’amitié, les choses commencent à redémarrer pour elles.

Les préjugés ont aussi un fort impact au niveau collectif. En stigmatisant les bénéficiaires de l’allocation chômage, du RSA, de la CMU…, en les séparant des autres et donc en nous divisant, ils contribuent au délitement du tissu social et ainsi à l’aggravation de la pauvreté.

Les préjugés influent enfin sur les choix politiques. Le discours stigmatisant sur les chômeurs, par exemple, qui n’auraient pas envie de travailler, peut amener à concentrer les moyens sur le contrôle des personnes, au lieu de dépenser cet argent et cette énergie à chercher des idées, à créer des envies et des alliances pour trouver des solutions nouvelles dans le but de permettre à ces personnes au chômage de travailler. Ce sont des dynamiques qui n’ont rien à voir, et le choix de l’une ou de l’autre dépend de l’opinion publique, du regard que les Français portent individuellement ou collectivement sur les personnes en précarité.

Pour toutes ces raisons, il y a un enjeu politique et social très fort à lutter contre les préjugés.
 

Pour être efficace, faut-il prioritairement viser les politiques ou l’opinion publique ?


Il faut se mobiliser sur tous les fronts. Quand je discute avec des élus, je fais état des chiffres dont nous disposons et je cite la parole des personnes que nous rencontrons au quotidien dans nos actions. Généralement, cela a un impact. C’est la force du Secours Catholique d’avoir cet ancrage local qui lui permet d’avoir ses propres données et témoignages issus directement du terrain.

Il faut vraiment qu’en face la personne soit de mauvaise foi pour qu’elle dise : « Ça ne tient pas. » On peut lui répondre : « Vous entendez peut-être quelques dizaines d’électeurs sur le marché, mais nous, ce sont 1,5 million de personnes que nous rencontrons et c’est ce qu’elles nous disent. »
 

Et au niveau de l’opinion publique, comment lutter ?


Il faut agir localement et miser sur la pédagogie de la rencontre. On a encore pu constater son efficacité, ces derniers mois, dans le cadre de la répartition des migrants de Calais un peu partout en France. Cela a occasionné énormément de changements de regard chez les habitants des communes accueillantes.
 

Cela rejoint la volonté du Secours Catholique d’agir “ensemble” pour un monde juste et fraternel.


Oui, le “ensemble” dit bien cette idée de rencontre fraternelle. Il exprime aussi une autre idée importante, celle de redonner du “pouvoir d’agir” aux personnes en précarité. Leur permettre de faire valoir leurs compétences et d’apporter leur contribution. C’est aussi une arme efficace contre les préjugés.
 

Pensez-vous réussir à convaincre ? 


Notre ambition n’est pas tant de convaincre que de sensibiliser. Il ne s’agit pas de dire aux gens ce qu’ils doivent penser, mais de les amener à s’interroger, notamment par rapport à leur propre expérience : « Est-ce qu’à un moment donné dans ma vie, j’ai senti que le regard des autres m’empêchait d’être ou d’agir ? »

On se rend compte qu’on a tous ressenti cela. À partir de là, on peut élargir l’analyse, faire des aller-retour entre soi, la société et les autres. Par-delà la sensibilisation à la situation des personnes en précarité, nous proposons une réflexion plus globale : comment aider chacun à penser sa place dans la société et sa contribution avec les autres.

Benjamin Sèze
Crédits Photos : ©Steven Wassenaar / Secours Catholique
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