Tigré : la sécheresse provoque une forte insécurité alimentaire

Tigré : la sécheresse provoque une forte insécurité alimentaire

Publié le 03/07/2017
Ethiopie
 

Les Éthiopiens affrontent, sur une partie de leur territoire, une sécheresse sans précédent due notamment à El Niño. De fait, il a très peu plu  depuis trois ans dans toute la Corne de l’Afrique. L'impact de la sécheresse est brutal : déforestation, bétail quasiment sans pâturages, conflits entre ruraux pour accéder à ceux-ci, crise alimentaire qui ravive les tensions ethniques…

Dans ce contexte, le projet porté en 2016 par la Caritas locale, avec le soutien du Secours Catholique-Caritas France, a été vital en permettant de fournir de l’eau potable à des milliers d’habitants sinistrés en construisant ou en modernisant des puits, des citernes… mais aussi des abreuvoirs et des bassins pour les animaux.

 
Tigré : la sécheresse provoque une forte insécurité alimentaire
Sebhatu Halibo

50% de la population n'a pas accès à l'eau potable en zone rurale

 

Caritas Adigrat mobilisée contre la sècherese

Au Tigré, région très pauvre et montagneuse au nord de l’Éthiopie, les villageois affrontent la sécheresse. Le terrible manque d’eau les oblige à marcher durant trois heures pour en trouver et à creuser des puits de 100 mètres de profondeur !

Beaucoup d’agriculteurs vivant au Tigré (5 millions d’habitants) sont privés de terre, de revenus, mais aussi d’eau, notamment dans sa partie orientale. Un défi quotidien pour des milliers de familles, dont une sur quatre est dirigée par une femme seule. Des femmes « au dénuement incroyable !», témoigne Jean-Pierre Brillaud, du pôle Afrique du Secours Catholique.

En période de sécheresse – le déficit en eau affecte fortement la région depuis deux ans – les puits, sources, micro-barrages, réservoirs… sont asséchés, les récoltes partiellement ou totalement détruites et le bétail, assoiffé autant qu’affamé, meurt.

Le projet de développement "Dynamiques communautaires dans le domaine de l’eau potable et de l’irrigation", porté par la Caritas diocésaine d’Adigrat et soutenu par la Caritas suisse et le Secours Catholique-Caritas France, a appuyé, dans une première phase, le développement de 26 Comités de gestion de l’eau, animés par 3 hommes et 3 femmes élus par les habitants.

 

Le temps nécessaire pour aller chercher de l’eau potable est passé de trois heures à dix… minutes !

 

La seconde phase a consisté pour les six responsables à se former en management mais aussi en matière budgétaire et fiscale, et à décider des règles d’utilisation du point d’eau dont ils avaient la charge : heures d’ouverture, quantité d’eau disponible par famille chaque jour… Une sorte de règlement intérieur que les 104 hommes et 100 femmes membres des comités sont tenus d’appliquer.   

Troisième phase : Caritas Adigrat a organisé un rassemblement des 26 comités et ce afin de travailler avec eux sur le financement de la maintenance des puits. À cette fin, ils abordent avec les villageois le délicat sujet du montant de la taxe à percevoir. Que faire pour les foyers les plus fragiles économiquement s’interrogent les membres ? Ainsi, les participants en dispensent parfois femmes seules et personnes âgées.

L’action du "groupe des 26" permet désormais à des milliers de personnes de boire de l’eau potable. Le temps nécessaire pour aller en chercher est, ici, passé, en moyenne, de trois heures à… dix minutes ! « Pour ces Ethiopiens il s’agit d’une véritable révolution ! », observe Jean-Pierre Brillaud.

Autre avancée prometteuse : la récente installation d’un laboratoire d’analyse de l’eau (analyses physiques, chimiques et bactériologiques) dans les locaux de Caritas à Adigrat. Le seul qui existait déjà au Tigré est basé à Mekele, la capitale régionale. Le nouveau laboratoire fournit les résultats des tests aux comités de gestion de l’eau.

Les 200 analyses effectuées dans les puits ont révélé que pour 10% d’entre eux l’eau est impropre à la consommation humaine. Une fois reçu l’agrément de l’État (sans doute d’ici fin 2017), le laboratoire proposera ses services à des ONG, des collectivités locales… Ainsi, à terme, « un grand nombre de Tigréens boiront une eau de qualité », affirme Jean-Pierre Brillaud.

 

Yves Casalis
Crédit photo : © Lionel Charrier - Myop /Secours Catholique - Caritas France
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