au cèdre à paris

Le Cèdre, un centre d'entraide dédié aux demandeurs d'asile et aux réfugiés

 

Le Centre d’entraide pour les demandeurs d’asile et les réfugiés accueille près de 2600 personnes par an. Implanté dans le 19e arrondissement de Paris, il propose un accompagnement sur différents fronts aux étrangers ayant des difficultés de séjour. D'abord sur le plan administratif, mais aussi sur le plan moral.

 

L'entraide au sens large

Les démarches administratives, juridiques et sociales, sont un vrai labyrinthe pour la plupart des migrants arrivés sur le sol français et souhaitant y demeurer. Au Cèdre, une équipe de salariés et de bénévoles est présente pour répondre à toutes leurs questions et les guider dans leurs démarches. Ils peuvent bénéficier de l’aide de spécialistes du droit d’asile, et ce dans de nombreuses langues (anglais, russe, arabe, bengali, ...).

En parallèle, le Cèdre a développé une nouvelle facette, celle de l’accueil de jour. Conscients que ces personnes sont souvent isolées ou traumatisées, les bénévoles ont mis en place des ateliers à vocation d’insertion sociale. Ils déclinent par exemple les rapports humains dans le domaine de la communication, du travail d’équipe, de la professionnalisation, ou encore de la prise de responsabilité partagée.
 

La création de liens sociaux et l’aide à l’intégration à la culture française sont une partie essentielle de la mission du Cèdre.


Alice Bougenot, co-directrice du Cèdre.

Cela commence par l’initiation à la langue française, bien sûr, mais s’étend à divers ateliers (jeux, peintures, dessins…) et à des groupes de discussion ou de mobilisation citoyenne. Parmi ces ateliers :

  • Les cours de Français langue étrangère (FLE) : Répartis en quatre groupes de niveaux différents, ces cours hebdomadaires permettent à plus de 80 accueillis de développer leur autonomie linguistique ainsi qu’à comprendre la culture française.
  • L’informatique : Chaque semaine, quatre cours sont dispensés à une vingtaine d’accueillis (notamment pour apprendre les bases du traitement de texte), tandis que le cyberespace tourne à plein régime tous les jours.

 

 

En action à Austerlitz

Le Cèdre, c'est aussi une équipe mobile et en action sur le terrain. Les bénévoles se déplacent régulièrement dans les zones où on pu s'établir les réfugiés. Tous les mercredis de l'été, c'est sur les quais d'Austerlitz à Paris qu'ils se rendaient pour proposer des temps d’échanges collectifs et un soutien moral aux migrants installés depuis plusieurs mois. 

Alice Bougenot, la directrice adjointe du Cèdre, enfile sa veste estampillée « Secours Catholique ». Elle s’apprête à aller saluer les nombreux migrants vivant de part et d’autre du pont Charles de Gaulle, réparties entre quatre campements. 

Au détour d’une rangée de tentes, elle croise quelques autres militants associatifs ou simples particuliers venus donner un coup de main ou un cours de langue. 

Ce soir, une réunion est organisée avec les associations France Terre d’Asile et Emmaüs pour échanger sur leurs préoccupations. Profitant de la présence de l’interprète du Secours Catholique, les réfugiés pourront échanger plus facilement avec les intervenants des organisations mais aussi entre eux. « Même si la plupart ont des notions d’anglais, c’est plus facile pour eux de comprendre et de s’exprimer dans leur langue natale», explique Ramez Sabah, l’interprète.

« L’évacuation c’est demain, personne ne bouge »

Chaque semaine, l’ordre du jour de la prochaine rencontre est décidé conjointement, par les membres du Cèdre et les migrants. Les mêmes problématiques reviennent souvent. En premier lieu : l’hébergement. Depuis les évacuations des camps de La Chapelle et de la Halle Pajol, les exilés du pont Charles de Gaulle attendent leur tour, espérant une solution de relogement plus convenable. Plusieurs dates ont circulé : « L’évacuation c’est demain, personne ne bouge », prévenait-on la semaine dernière. Mais ce n’était que des rumeurs, ravivant le stress ambiant. 

 

Autre principale préoccupation : l’asile. Les migrants restent suspendus à l’avancée des procédures qu’ils engagent à la préfecture, guettant l’arrivée des courriers administratifs qu’ils reçoivent au compte goutte. L’un d’entre eux aborde une bénévole, un courrier à la main. Il est un peu paniqué. Elle « décrypte » pour lui ces quelques lignes qui, en fait, indiquent qu’il faut attendre un prochain courrier. 

Face à cette situation d’attente et d’incertitude, vécue difficilement, « notre rôle quand on vient sur place est surtout informatif, précise Alice. Nous essayons de diffuser une information claire en partant de leurs questionnements. »

Garder le moral

Dans un autre coin du campement, une partie de Bomboléo est en train de s’organiser. Un groupe se forme autour des joueurs. Des sourires éclairent les visages fatigués. Ces moments de détente et de partage avec les bénévoles sont essentiels pour soutenir le moral des troupes, atténuant un peu le sentiment d’abandon qui prévaut chez les réfugiés.

Ces échanges et ces instants de convivialité sont aussi un bon moyen d’établir un premier contact. Une fois la confiance installée, les bénévoles du Cèdre invitent les migrants à venir poursuivre les réunions dans leurs locaux, situés dans le 19e arrondissement. 

On essaie de donner un bon niveau d’information sur le terrain, mais les récits de vie et le suivi des démarches administratives nécessitent davantage de confidentialité.

Alice Bougenot, directrice adjointe du Cèdre.
 

Contacter le Cèdre

Secours Catholique
Centre d'entraide pour les demandeurs d'asile et les réfugiés CEDRE

23, boulevard de la Commanderie
75019 Paris

Tél. : 01 48 39 10 92
Fax : 01 48 33 79 70
Mail : cedre@secours-catholique.org

 

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Crédits photos: ©Élodie Perriot/Secours Catholique ©Adèle Martignon/Secours Catholique