Sans-abri et mal logés

Sans-abri et mal logés

 

Il y a près de 3,5 millions de personnes mal-logées en France. Le droit au logement pour les populations les plus démunies est pourtant un droit fondamental, pour lequel le Secours Catholique milite depuis sa création. 


Dès 1954, Jean Rodhain, fondateur du Secours Catholique, crée deux « Cités d’urgence » en Île-de-France. Destinées à accueillir et nourrir des personnes sans-logis et/ou en situation d’exclusion sociale, d’autres Cités ne tardent pas à ouvrir leurs portes en France, donnant naissance dès 1990 à l’Association des Cités du Secours Catholique (ACSC).

Depuis, le Secours Catholique a mis en place plusieurs alternatives d’accueil et d’hébergement, afin d’améliorer les conditions de vie des personnes sans abri et de les accompagner vers la réinsertion sociale. 
Il poursuit cette action à l’étranger, auprès des populations sinistrées ou logées dans des conditions très précaires.

 

L'accueil

Dans les petites communes rurales comme dans les moyennes villes et grandes agglomérations, le Secours Catholique a créé des lieux pour offrir un premier accueil et accompagner les demandes diverses des personnes à la rue afin de faciliter leur quotidien.

Plus de 70 accueils de jour leur sont ouverts à travers toute la France. À Paris, Avignon, ou encore Marseille, ces personnes y retrouvent des repères et un accueil convivial. Cela commence par une écoute, une orientation, et parfois se prolonge par un accompagnement dans la durée pour les aider à accéder à leurs droits : domiciliation, recherche d'hébergement, démarches pour bénéficier des prestations sociales...  En parallèle, ces accueils proposent des services (douches et pressing), des repas et divers ateliers culturels, éducatifs et sportifs.

 
Sans-abri et mal logés
Reportage

Visite dans l'accueil de jour du Père Corentin à Paris

 

Au sein des haltes rurales, comme à Chauffailles en Saône-et-Loire ou à Angers dans le Maine-et-Loire, les personnes à la rue bénéficient du confort minimum le temps d’une halte de quelques jours. Un lit, une cuisine, une machine à laver, mais aussi l’accès aux soins et une consigne pour que les voyageurs puissent déposer leurs affaires sans s’en soucier. Ils trouvent ici, simplement, un endroit où se sentir un peu chez soi.

Je suis content, le matin au réveil, d’avoir dormi dans un lit et de boire un café chaud.

André, 52 ans, en halte à Chauffailles.

En parallèle, des équipes mobiles organisent régulièrement, de jour ou de nuit, des tournées de rue. Elles vont à la rencontre des personnes qui vivent dans la rue pour leur proposer un soutien et de l’assistance, ou juste une présence.

 

Tournée de rue : un café et un sourire

Tournée de rue : un café et un sourire
Tournée de rue :

un café et un sourire

 

L'hébergement

Plus de 141 000 personnes sont sans-abri en France (en 2015 selon l’Insee). Parmi elles, on trouve de plus en plus de familles, souvent contraintes d’alterner entre la rue et des conditions de logement inacceptables. Le Secours Catholique a donc fait de l’hébergement l’une de ses priorités, et ce depuis de nombreuses années.

L’Association des Cités du Secours Catholique (ACSC), créée en 1990, dispose ainsi de 19 centres d’hébergement implantés à travers la France. Ils accueillent tout au long de l’année des personnes en situation d’exclusion et/ou de handicap, donnant la priorité à des publics spécifiques comme les femmes, les familles, ou les hommes seuls.

Au-delà de l’hébergement, l’ACSC leur propose un accompagnement social individualisé, afin de les guider sur le chemin de l’insertion. L’association a d’ailleurs élargi ses compétences aux domaines médical, social et éducatif.

Visiter le site de l'ACSC

L’hébergement à l’hôtel est une autre solution d’urgence proposée par les pouvoirs publics aux personnes sans-abri. Il permet d’accueillir près de 30 000 personnes en Île-de-France, dont 15 000 enfants. Mais du fait de la pénurie de logement et du manque de places dans les centres d'hébergement, cette solution provisoire peut s’éterniser et plonger les familles dans une situation d’instabilité permanente. Près d’une famille sur deux hébergées à l’hôtel y habite depuis plus d’un an. Certaines y sont même depuis quatre ans.

En 2014, le Secours Catholique a mené une importante enquête en Île-de-France, permettant de mieux connaître les publics hébergés à l’hôtel et les problèmes que cela implique, notamment en matière d’insertion sociale. Il a ainsi pu définir ses propositions, à la fois pour améliorer les conditions de vie des familles dans les hôtels et à la fois pour trouver des solutions de relogement dans le parc immobilier public ou privé.

 

Un constat alarmant en Île de France :

30 000 personnes vivent à l'hôtel. La moitié sont des enfants.
44% des familles y sont hébergées depuis plus d'un an.
et  80 % vivent dans des conditions indignes,
dans une unique pièce.

 

De l'hôtel au logement c'est possible

Ce rapport, publié par le Secours Catholique en février 2015, dresse un bilan des conditions d'hébergement à l'hôtel et émet des propositions pour améliorer son fonctionnement.
Il suggère notamment de revoir le dispositif de gestion des hôtels, de renforcer l’accès aux droits par la domiciliation et de fortifier l’accompagnement social.
Téléchargez notre rapport
 

La domiciliation

La domiciliation est aujourd’hui indispensable pour accéder aux droits civils, civiques et sociaux. Une adresse est en effet la première condition pour faire une demande de logement social ou d’asile, elle permet de faire ou refaire une carte d’identité, de s’inscrire à Pôle emploi, facilite les démarches de scolarisation…

C’est pourquoi, le Secours Catholique propose un peu partout en France aux personnes sans adresse fixe, français ou étrangers demandeurs d’asile, d’utiliser l’adresse postale de ses bureaux locaux.

 

Au Secours Catholique, la domiciliation est la première étape d’un accompagnement sur le long terme de la personne vers l’accès à ses droits.

 

Par ailleurs, le Secours Catholique se mobilise depuis 2013, aux côtés d’autres associations, pour défendre l’accès à la domiciliation, érigé en droit. Un droit aujourd’hui fortement mis à mal avec des besoins croissants, des dispositifs saturés et une réglementation complexe qui favorise les pratiques restrictives.

Le Secours Catholique et les autres associations portent auprès des pouvoirs publics des propositions d’amélioration et de simplification de la domiciliation.

 

Contre l'habitat précaire

Près du quart des personnes accueillies par le Secours Catholique, et particulièrement les jeunes, sont logées dans des conditions très précaires. Elles vont de centres d’hébergement en pensions, vivent dans des hôtels plus ou moins insalubres, dans des caravanes, des mobiles homes, des péniches, des squats ou des cabanes où l’eau, l’électricité, les toilettes et le ramassage des ordures sont souvent inexistants.

Depuis une quinzaine d’années, ce problème s’accentue avec la réapparition à la périphérie des grandes villes de bidonvilles. En France en 2015, près de 20 000 personnes, dont 40% d’enfants, vivent dans ces campements de fortune (selon la FNARS).

Bien que le problème concerne différent publics, il touche particulièrement des personnes originaires d’Europe de l’Est. Face à ces conditions de logement inacceptables, le Secours Catholique milite, notamment au sein du collectif Romeurope, pour que les personnes mal logées accèdent à des conditions de vie plus dignes, interpellant l’opinion et les pouvoirs publics.

Le Secours Catholique intervient également sur le terrain, notamment lors des évacuations des squats ou des bidonvilles, pour contrôler le respect des lois (DALO) et orienter les familles et personnes isolées vers des solutions de relogement adaptées.

Voir nos actions pour les familles Roms

 

Contre la précarité énergétique

Avec le loyer, les factures d’énergie demeurent la première source d’impayés des personnes rencontrées par le Secours Catholique. Afin d’aider les ménages ou personnes concernés à sortir de situations parfois inextricables, le Secours Catholique leur propose un accompagnement personnalisé.

Ensemble, le bénévole et la personne accompagnée entreprennent des demandes d’aides publiques ou tentent de trouver des solutions avec le bailleur ou le fournisseur d’énergie. Ce dernier peut par exemple accepter un rééchelonnement de la dette.

En derniers recours, pour éviter une expulsion ou une coupure de gaz ou d’électricité, le Secours Catholique peut accorder une aide financière pour régler l’impayé.

Les problèmes de précarité énergétique trouvent souvent leur source dans le manque d’isolation des logements. C’est pourquoi, le programme « Habiter mieux », mis en place en 2011 par l'État et auquel participent des délégations locales du Secours Catholique, permet aux propriétaires les plus pauvres de réhabiliter leur logement. Il soutient notamment des particuliers dans le montage des dossiers leur permettant d’engager des travaux de rénovation et d’isolation thermiques, avec un reste-à-charge de l’ordre de 10 à 15 %.

 

Pour le droit au logement

La loi du 5 mars 2007 a institué le Droit au logement opposable (Dalo).  Elle désigne l’État comme garant du droit à un logement ou un hébergement décent de toute personne qui ne parvient pas à y accéder ou à s’y maintenir par ses propres moyens. Depuis le 1er janvier 2008, toute personne ou famille qui éprouve des difficultés particulières, en raison de ressources insuffisantes ou de conditions d’existence inappropriées, peut faire valoir son droit à un logement (DALO) ou à un hébergement (DAHO).

Sur le terrain, le Secours Catholique compte 14 permanences Dalo : 12 en Île-de-France, une à Toulouse et une à Angers. Leur mission est d’informer, de renseigner et d’accompagner les personnes qui, selon la loi, peuvent prétendre au droit au logement opposable.

Les équipes des permanences Dalo accompagnent les personnes concernées dans le montage et le suivi de leur dossier tout au long de la procédure. Géraldine K., la première personne a avoir obtenu la condamnation de l’État (le 29 juillet 2014) pour ne pas avoir été hébergée convenablement, est accompagnée par le Secours Catholique.

Il reste encore beaucoup à faire pour permettre un accès à ce droit plus large, sur l’ensemble du territoire national. C'est pourquoi, le Secours Catholique participe au Comité de suivi Dalo qui veille à la bonne application de la loi.

Lire notre manuel pratique pour faire avancer le Droit au logement

 

8 ans après l'adoption de la loi Dalo,

près de 77 000 prioritaires au relogement ont trouvé un toit.
Plus de
54 000 personnes attendent toujours d’être relogées,
dont
75 % dans la seule région parisienne (chiffres 1er janvier 2014).

 

Caritas Habitat

La Foncière Caritas Habitat a été créée début 2015 afin d’apporter des réponses innovantes dans le champ de l’hébergement et du logement.

En s’appuyant sur le principe de l’investissement solidaire, et grâce à l’aide de l’État et des collectivités territoriales, Caritas Habitat va permettre de construire une centaine de logements sociaux par an.

Elle financera également l’implantation de nouvelles maisons relais, destinées aux personnes ou familles en difficulté. Caritas Habitat favorise aussi l’insertion sociale, en contribuant à la mise en place de nouvelles boutiques solidaires.

Découvrir notre action en faveur du lien social

 

Caritas Habitat : la Foncière pour réaliser les projets sociaux

Il y a grand besoin de logements sociaux en France. Fort de son expérience et de son réseau, le Secours Catholique-Caritas France s’engage pour construire, en complément des actions de l’État et des collectivités territoriales, des logements sociaux, des maisons relais, des boutiques solidaires... Pour le faire, il a besoin de partenaires institutionnels, publics, para-publics et privés. Avec un acte fondateur fort : Caritas Habitat.
Télécharger la plaquette Caritas Habitat
 

À l’international

Dans des pays où les politiques sociales sont défaillantes, le Secours Catholique-Caritas France s’engage auprès des Caritas locales pour accompagner les personnes sans abri ou mal logées.

Accompagnement des sans-abri

Les Caritas de Moscou et Saratov, en Russie, allient leurs efforts depuis 2009 pour accompagner les personnes sans abri. Appuyées par le Secours Catholique, elles ont mis sur pied un programme d’accompagnement très large, en organisant des maraudes, en ouvrant des accueils de jour et des centres d’hébergement et de réinsertion, en créant des groupes d’appui par la création artistique ou encore en proposant un soutien socio-psychologique.
 

Enfants des rues


Dans le monde, des dizaines de millions d’enfants vivent dans la rue, exposés aux dangers de la ville et aux risques d’exploitation (travail forcé, prostitution…). Le réseau Caritas en a fait un champ d’action important, notamment au Cambodge ou encore au Mali où presque 8 000 enfants errent dans les rues de la capitale, Bamako.
 

Post-catastrophe

L’hébergement et le relogement sont des problématiques particulièrement importantes à la suite d’une crise humanitaire. Le Secours Catholique agit de deux manières auprès des populations sinistrées. Il peut intervenir sur le terrain pour aider à assurer, en urgence, la mise sous abris des personnes qui ont perdu leur logement, puis pour accompagner, une fois l’urgence passée, la reconstruction. Il peut aussi, via le réseau Caritas, soutenir financièrement ses partenaires mobilisés sur le terrain. 



Le Secours Catholique a le souci de valoriser le savoir-faire local. Il travaille avec les acteurs locaux et utilise des matériaux achetés sur place. Une précaution essentielle pour redynamiser l’économie du pays sinistré.

Ainsi, actif à Haïti depuis le séisme du 12 janvier 2010, le Secours Catholique a accompagné la reconstruction des édifices individuels et collectifs et soutenu plusieurs programmes de santé physique et mentale mis en œuvre avec les populations locales.



De même, aux Philippines, après le puissant typhon du 8 novembre 2014 qui a détruit plus de 580 000 maisons, le Secours Catholique et la Caritas diocésaine de Kalibo ont mis en place un programme de reconstruction en misant sur le savoir-faire des habitants. De nouvelles maisons, assez solides pour résister aux typhons qui balayent régulièrement l’archipel, on ainsi pu être construites.

 

Philippines : la reconstruction en marche

Philippines : la reconstruction en marche
Philippines :

la reconstruction en marche

Crédits photos : © Lionel Charrier - M.Y.O.P. / Secours Catholique-Caritas France © Christophe Hargoues / Secours Catholique © Xavier Schwebel / Secours Catholique
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