ALERTE : « Il est urgent de changer d’échelle dans la lutte contre la pauvreté »

Publié le 07/02/2017
France
 

Le collectif d’associations de lutte contre la pauvreté ALERTE, dont le Secours Catholique est membre, présente ce mardi 7 février les principales revendications et propositions qu’il porte dans le cadre de la campagne présidentielle.

 

Pour une société bienveillante, fraternelle et solidaire

Le collectif ALERTE - qui rassemble 38 fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l’exclusion - demande au futur président de la République un plan interministériel de lutte contre la pauvreté traduit dans une loi de programmation financière sur 5 ans.
Télécharger
 
Entretien avec Daniel Verger, responsable du pôle Action et plaidoyer du Secours Catholique-Caritas France.

 

S’engager pour une société bienveillante, fraternelle et solidaire : c’est la demande du collectif ALERTE au futur président de la République. Quelles sont vos préconisations pour y parvenir ?

 

Il est nécessaire et urgent de changer d’échelle dans la lutte contre la pauvreté, et de mettre en oeuvre une loi de programmation financière, qui permet de sécuriser les budgets alloués. Il faut aller plus loin qu’un plan de lutte contre la pauvreté.

 

Quels sont selon vous les axes prioritaires dans la lutte contre la pauvreté ?

 

La position fondamentale d’ALERTE, c’est de dire qu’il ne doit plus y avoir en France de personnes qui vivent dans la misère. Pour le Secours Catholique, la question de l’accès aux droits en particulier est prioritaire.

Nous demandons une simplification des minima sociaux et des démarches administratives pour y avoir accès, dans la ligne de ce qui est mené actuellement par le gouvernement.

Cet effort doit être poursuivi, et il faut aller plus loin en articulant trois dimensions : un revenu minimum garanti, un accompagnement renforcé et une politique de travail décent pour tous.

 

Concrètement ?

 

Tout d’abord, nous pensons qu’il faut permettre à chacun d’avoir des moyens convenables d’existence, supérieurs au niveau très insuffisant du RSA, 535 euros.

C’est pourquoi nous demandons un revenu minimum garanti (ou allocation unique) de 850 euros, ce qui correspond au seuil de 50% du revenu median, de manière automatique et sans contrepartie de type obligation de travailler. Ce revenu doit être accessible aux jeunes dès 18 ans.

 

Un revenu universel en quelque sorte ?

 

Non. Le débat actuel sur le revenu universel est riche mais nous pensons qu’il faut concentrer les moyens vers les personnes en situation de pauvreté et revaloriser les minima pour ces personnes.
 

Lire aussi l'analyse Revenu universel, bonne ou mauvaise idée ?

Cette aide monétaire permettrait de régler les difficultés rencontrées ?

 

Non bien sûr. Il faut mettre en place un accompagnement renforcé pour tous les bénéficiaires des minima sociaux : cela passe par un référent de parcours, un accompagnement à la fois global et personnalisé. Pour y parvenir, il faut revitaliser l’obligation des départements de consacrer des budgets aux politiques d’insertion.

La « garantie jeune » est un bon exemple d’un système d’accompagnement efficace. C’est un droit ouvert aux jeunes de 16 à moins de 26 ans en situation de précarité qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en étude et qui favorise leur insertion par un accompagnement intensif.

 

L’emploi est également au centre des préoccupations d’ALERTE.

 

La politique d’emploi française doit être renforcée, avec une attention particulière portée aux chômeurs de longue durée et aux jeunes. Il existe des initiatives de type zéro chômeurs de longue durée sur lesquelles on peut s’appuyer.

De même, le secteur de l’insertion par l’activité économique doit être soutenu.
 

Lire aussi le reportage Emploi : « Ici, on remet tout à plat »

Comment poursuivre le plaidoyer après l’élection présidentielle ?

 

Nous poursuivrons le travail en prenant des contacts auprès des candidats ou des nouveaux élus au Parlement français.

Le Secours Catholique en particulier proposera à ses délégations de rencontrer les futurs députés ou les nouveaux députés pour présenter un certain nombre de positions qui vont dans le sens de ce qu’évoque ALERTE.

Marina Bellot
Jeune homme réparant un ordinateur
Plus d'informations
Emploi, Insertion, Microcrédit
# sur le même thème