Colombie : des femmes entre guerre et paix

Publié le 04/01/2013
Colombie
Colombie : des femmes entre guerre et paix
 

Prix 2002 des droits de l’homme de la République française, l’association colombienne Minga, engagée pour la promotion sociale alternative, œuvre pour la paix et le développement, en lien étroit avec l’Église catholique locale.

« La paix n’est pas un rêve, ce n’est pas une utopie : elle est possible », a déclaré Benoît XVI à l’occasion de la Journée mondiale de la paix, le 1er janvier. Après cinquante ans de conflit, la Colombie pense qu’ « elle est possible » depuis l’ouverture de négociations, le 18 octobre en Norvège, entre la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le président Juan Manuel Santos.

Elles connaissent davantage la guerre que la paix

« Minga est touchée par ce climat de changement dans la mesure où son engagement aux côtés des communautés villageoises et des organisations sociales locales, [en particulier dans les régions voisines de l’Equateur et du Venezuela], concerne directement et en même temps la guerre et la paix », affirme Olga Lucia Suarez, l’une de ses responsables. Depuis des décennies, des milliers de Colombiennes connaissent davantage la guerre que la paix, témoigne-t-elle.

« Des blessures indélébiles »

Olga Suarez donne l’exemple de cette femme de 50 ans, participante à un atelier animé par Minga sur « la récupération de la mémoire historique face aux violences de genre ». Pour la première fois, dit-elle, elle parle « des hommes qui, à plusieurs reprises, l’ont maltraitée et lui ont laissé des blessures indélébiles ». Mais, « malgré tout, elle continue à lutter pour son organisation sociale, se sentant plus forte et continuant à penser que la réalité peut changer ».

La formation facilite la défense de son territoire

Dans une autre région, des femmes indigènes, qui suivent un séminaire sur la défense des droits de l’homme, dénoncent également les violences qu’elles subissent et demandent « une santé et une éducation de qualité de même qu’une solution négociée du conflit armé. Leur participation à des modules de formation est importante, ajoutent-elles, pour orienter leur communauté vers la recherche du bien-être, la défense de son territoire et la résistance sociale ».

En 2012, le Secours Catholique a versé 50 000 euros à Minga sur un projet d’un montant total de 300 724€.

Yves Casalis
Crédit photo : © Patrick Delapierre/Secours Catholique-Caritas France
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