Prison : droits des mineurs et des condamnés à perpétuité kirghizes

Publié le 14/04/2015
Kirghizistan
Prison : droits des mineurs et des condamnés à perpétuité kirghizes
 

Au Kirghizstan, en Asie centrale, l’association de défense des droits de l’homme Bir Duïno presse les autorités d’améliorer les conditions de détention des condamnés à perpétuité dans les 36 prisons du pays, et des mineurs dont la prise en charge est inexistante. Elle les pousse aussi à humaniser le système judiciaire et pénitentiaire.

Les prisons kirghizes souffrent de nombreux maux : surpopulation, conditions sanitaires déplorables, soins médicaux insuffisants, activités professionnelles inexistantes, violences, visites familiales très limitées. De plus, la prise en charge spécifique des mineurs n’existe pas. L’organisation de défense des Droits de l’Homme « Citoyens contre la corruption » (CAC), soutenue par Caritas France, a donc mis au cœur de ses priorités deux catégories de détenus particulièrement déshéritées à l’intérieur des prisons : les condamnés à perpétuité et les mineurs.

Un "centre alternatif" pour les mineurs

Le projet porté par Bir Duïno, partenaire du Secours Catholique, prévoyait la mise en place d’un lieu de "reconstruction familiale" à Bichkek, la capitale. C’est fait : le “centre alternatif ” est ouvert depuis un an aux jeunes de 14 à 18 ans placés sous la surveillance du ministère de l’Intérieur, passés par la prison, ou condamnés à des peines alternatives.

Ils sont 463 mineurs à avoir bénéficié au centre des services juridiques, sociaux, des consultations médicales ou psychologiques. Il a permis à 19 d’entre eux de participer au camp organisé au cours de l’été 2014. Par ailleurs, se nouent ici des contacts entre parents, représentants du ministère de l’Intérieur, psychologues, médecins, éducateurs et jeunes volontaires.

Soulager le quotidien des condamnés à perpétuité

Il s’agit de leur apporter un minimum de confort alors qu’elles sont privées de toute perspective d’avenir et ne peuvent exercer aucune activité : surveillance et entretien des lieux de détention, droits de visite, formation du personnel pénitentiaire, ou permanences juridiques sont envisagés. L’association veut également plaidoyer en faveur d’une réforme de la législation, afin de pouvoir préparer une proposition d’amendement au code pénal sur la révision de la peine pour les condamnés à vie.

Groupes de travail sur les codes pénal, civil...

Le plaidoyer réalisé par l’association auprès des pouvoirs publics a poussé ces derniers à créer des groupes de travail - auxquels participe Bir Duïno - axés sur les réformes du code pénal, du code civil et du système judiciaire. Le projet de loi présenté en septembre au Parlement sera le fruit de leurs réflexions.

Yves Casalis
Crédits photos: ©Gaël Kerbaol/Secours Catholique
Les barreaux d'une prison donnant sur un espace vert
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