« 70 ans » au fil de l’eau

Publié le 29/04/2016
Ille-et-Vilaine
« 70 ans » au fil de l’eau
 

En Bretagne, les festivités du 70e anniversaire du Secours Catholique se passent forcément… sur l’eau ! Des équipes locales naviguent quelques heures à bord de la péniche solidaire La Bienveillante. Une parenthèse fraternelle au fil des canaux.

Le décor est idyllique. Les nuages se reflètent dans l'étroit ruban lisse que forme le canal d'Ille et Rance, au nord de Rennes. Alors que le soleil réchauffe cette matinée de la fin du mois d'avril, La Bienveillante, toute pimpante avec sa coque bleue, attend son tour pour passer la première écluse de la journée.

À son bord, des membres du Secours Catholique de Saint-Aubin d'Aubigné, Betton et Melesse, communes environnantes. Tous goûtent au privilège de naviguer quelques heures sur cette péniche un peu particulière. À propulsion électrique, elle a été mise à l'eau pour la première fois à Saint-Malo en mars dernier, après avoir été construite de A à Z lors d’un chantier solidaire, en partenariat avec le Secours Catholique. En remerciement et à l’occasion du 70e anniversaire, le bateau est mis à disposition des équipes durant trois semaines.

On pense que conduire une péniche c’est « pépère », mais pas du tout !

Élodie

« J’avais hâte ! Ça faisait six mois que j’y pensais ! », s’enthousiasme Magalie. Cette maman seule a tenu à passer la nuit à bord. Elle est enchantée de l’expérience, une première pour elle. « J’avais apporté de quoi faire un dîner avec l’équipage et de la brioche pour le petit-déj’, raconte-t-elle. Nous avons passé une très belle soirée à échanger et une bonne nuit sur la péniche. Au réveil, avec le soleil, c’était magnifique ! ». Magalie imagine déjà ce qu’elle va raconter à sa fille de 6 ans lorsque celle-ci rentrera de l’école.

À 4 km/h, le paysage verdoyant se laisse admirer. Mais pour l’équipage, la balade est sportive. Les écluses se succèdent. Il faut amarrer le bateau, patienter puis manœuvrer au plus juste entre les parois du canal. C’est Georges, le chef de chantier de la péniche et désormais capitaine, qui dirige les opérations. À la barre, Élodie, qui a participé au chantier peinture du bateau et passé, depuis, son permis « eaux intérieures », effectue son premier périple sur les canaux.

 

« On pense que conduire une péniche c’est « pépère », mais pas du tout ! Cela demande une attention de tous les instants ! », témoigne la jeune femme qui trouve quand même le temps d’apprécier les « jolies rives », « le calme » et « les rencontres » faites au gré du voyage depuis Saint-Malo. « Hier soir, après la journée de navigation, j’étais crevée ! Mais voir les yeux de Magalie briller de joie en montant sur la péniche m’a redonné la pêche ! »

 Nous rencontrons de nouvelles personnes. Ça change des journées à ne rien faire dans la maison ou des rendez-vous administratifs...

Jalal

Tandis que sur le pont on papote au soleil, dans la cabine bien aménagée, Jalal, Surya et Hafedh se creusent les méninges autour d'une grille de mots mêlés, en compagnie d’Émilie. Jalal est arrivé du Kurdistan irakien il y a plus de dix ans. Il vient de terminer ses études de comptabilité et cherche du travail. Surya, sa compagne, et Hafedh, son cousin, sont, eux, en France depuis seulement un an.

 

Ayant obtenu le statut de réfugiés, ils sont accompagnés par une association paroissiale, vivent dans une maison mise à leur disposition et fréquentent tous les jeudis les cours de français dispensés par le Secours Catholique. « Ils ne sont jamais montés sur un bateau, c’était l’occasion, raconte Jalal, qui fait l’interprète pour ses proches. Nous passons un bon moment et nous rencontrons de nouvelles personnes. Ça change des journées à ne rien faire dans la maison ou des rendez-vous administratifs... »

Justement, après une pause pique nique sur les berges, Jalal et Hafedh doivent quitter la péniche pour se rendre à un rendez-vous Pôle Emploi. La parenthèse aura été courte pour les deux jeunes Kurdes, même si au rythme du bateau, le temps semble comme suspendu.

 

« C’était une belle façon d’amorcer le 70e anniversaire ! », résume Annie, responsable d’un des groupes de convivialité alors que la dernière écluse approche. Tous ont désormais le regard rivé vers le grand rassemblement régional du 5 juin, à Pontivy. D’ici là, la Bienveillante aura accueilli d’autres passagers et continuera de naviguer tout l’été.

Clarisse Briot
Crédits photos : ©Gaël Kerbaol / Secours Catholique.
Deux mamies sourient bras-dessus bras-dessous
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