À Grenoble, le quotidien de Moussa, mineur non accompagné

À Grenoble, le quotidien de Moussa, mineur non accompagné

Publié le 01/07/2019
Isère
 

Ils s’appellent Aliou, Mohammed, Moussa, Ahmed, Fodé… À Grenoble, ils sont plus de 2 000 jeunes, d’origine africaine, à se déclarer mineurs et isolés, mais tous ne sont pas reconnus comme tels par le Département.

Ces “MNA” (“mineurs non accompagnés”) affrontent le quotidien sans promesse d’avenir, accompagnés par le tissu associatif grenoblois.

Sans celui-ci, ils seraient encore plus nombreux à la rue, privés de soins et de nourriture. Nous avons suivi le quotidien d’un de ces jeunes, désemparé par tant de difficultés, mais guidé par son désir d’être scolarisé.

 

15 février 2019 - La rencontre 

14h10 : Moussa est assis, les bras enlacés, la tête reposant contre le mur. Emmitouflé dans son anorak rouge des jours de pluie, le jeune homme a le regard perdu. Parfois il s’échappe complètement. Mais il répond, avec un grand sourire, à tous les “bonjour” lancés par les bénévoles, au premier étage des locaux du Secours Catholique à Grenoble.

Son regard croise le mien – assise sur la table d’en face –, sans sourire. Repart et puis revient. Un sourire. J’engage le dialogue : « Ça va, aujourd’hui ? – Ça va. Mais j’ai la migraine. » Moussa semble connaître tout le monde. Il serre des mains, échange des salutations dans une autre langue avec de jeunes hommes originaires d’Afrique. Il reste assis pendant que d’autres s’agitent, se servent du thé et du café ; c’est le rituel de la permanence de l’association le vendredi après-midi. 

« Tu viens souvent ici ? – Depuis environ deux mois. » Depuis le 26 décembre 2018, très exactement. J’apprends qu’il est guinéen. Contrairement à beaucoup d’autres jeunes venus chercher un logement pour le soir même avec l’aide des bénévoles, Moussa aspire surtout à prendre un moment de calme, dans ce lieu où il a des repères.

Il fait partie des “chanceux” à disposer d’un point de chute pour plusieurs semaines : un gymnase a été ouvert pour la trêve hivernale quelques jours plus tôt, à Échirolles, grande agglomération de la banlieue grenobloise. La rencontre est brève, Moussa n’est décidément pas bien aujourd’hui. Je souhaite le revoir. « On s’appelle, je te donne mon numéro », conclut-il, mettant fin à la conversation. 


Moussa dans le gymnase qui l'accueille à Échirolles, en banlieue.

Quelques jours plus tard, nous nous retrouvons dans la rue Sergent-Bobillot, où est situé le Secours Catholique. Je rencontre Moussa tel que je le verrai souvent par la suite : souriant, l’air malicieux, les mains dans les poches, l’allure vigoureuse du haut de son 1m90.

Il explique qu’il marche beaucoup dans la ville. « Je suis même allé là, tu vois ? » Le bras tendu, il désigne la Bastille, lieu touristique par excellence de la capitale des Alpes, qui domine la ville. « J’y suis allé à pied, pas dans les bulles, ça fait trop peur ! 

 

À Grenoble, ils sont nombreux, comme lui, à tuer le temps. L'expression "MNA", mineur non accompagné, a remplacé en mars 2016 celle de “mineur isolé étranger”, sous l’impulsion du garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, afin d’être en adéquation avec la directive européenne qui met l’accent sur la protection de l’enfance plutôt que sur le pays d’origine. En effet, les mineurs étrangers ne sont pas soumis aux règles de séjour des étrangers mais relèvent de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), qui est une compétence départementale. Dans l’Isère, le nombre de jeunes se déclarant mineurs et isolés s’élèverait à 2 200 fin 2018, un chiffre multiplié par dix en trois ans. « L’Isère est un département très, très impacté. C’est le plus touché de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec la métropole de Lyon. Il se situe juste après le Grand Paris », précise Sandrine Martin-Grand, vice-présidente du conseil départemental en charge des affaires familiales et de la protection de l’enfance. Les raisons en sont difficiles à cerner : elles sont géographiques, liées à des réseaux de passeurs ou aux différentes communautés qui s’y rejoignent… 93 % des MNA arrivant à Grenoble sont originaires d’Afrique, dont 82 % de Guinée, du Mali et de Côte d’Ivoire (la moyenne nationale étant établie à 71 % de MNA originaires d’Afrique).
 

18 février 2019 – Raconter son parcours 

Un écouteur dans l’oreille, Moussa est en grande discussion. Nous nous sommes donné rendez-vous à la gare de Grenoble. Dans le hall, il a trouvé du wifi pour appeler son cousin, à New York. Ce dernier a également quitté la Guinée, il y a quelques années. À la gare, les voyageurs peuvent croiser des jeunes en petits groupes.

Plus pour longtemps. « Hier, la police nous a demandé de sortir du hall, on n’a plus le droit de rester si on n’a pas de ticket de transport », annonce Moussa. Dans le hall, une inscription fraîche sur le sol interdit en effet désormais de s’asseoir sur les sièges “sans titre de transport”.

Le regard du jeune homme se perd à nouveau, son visage si souriant d’ordinaire s’assombrit : « J’ai dormi deux nuits ici à mon arrivée à Grenoble », confie-t-il. Puis sans prévenir, à l’entrée de la gare, au milieu de la foule, Moussa se livre : « Je ne regrette pas d’être venu, mais c’est trop de soucis. Chaque jour, tu t’inquiètes d’où tu vas dormir, tu cherches de quoi manger. C’est ça, la France ? Je suis venu ici en pensant que je pourrais aller à l’école. »

 

Chaque jour, tu t’inquiètes d’où tu vas dormir, tu cherches de quoi manger. C’est ça, la France ?

 

Lorsque nous nous retrouvons, nous marchons. Et Moussa me raconte des bribes de sa vie. Il a quitté la Guinée début 2018 ; il dit avoir 16 ans et 10 mois. Son périple l’a conduit au Maroc où il a vécu « plusieurs mois d’enfer » dont il ne veut jamais parler.

Il y reste jusqu’au jour où un passeur l’avertit qu’il partira pour l’Espagne dans la nuit : « On est monté sur un Zodiac à 1 heure du matin. On était tellement nombreux. À 7 heures, on a eu des difficultés, le moteur était gâté. J’ai cru qu’on allait mourir, j’ai toujours eu très peur de la mer. Je ne l’avais jamais touchée pour de vrai et là, on était coincé en plein milieu de la mer Méditerranée. »

Les mots s’entrechoquent avec le son de la vidéo qu’il a enregistrée avec son téléphone à l’arrivée des secours espagnols : « Ça me fait pleurer de revoir ça. Quand je pense à la souffrance que j’ai vécue pour me retrouver aujourd’hui comme ça, forcément ça me fait pleurer. »

 
 

“Comme ça”, c’est-à-dire sans visibilité d’avenir, errant. Après l’Espagne en novembre 2018, puis Bayonne, Bordeaux, il arrive à Grenoble le 26 décembre. « Au hasard, j’ai pris le premier train qui partait à la gare de Bordeaux. » Le jeune homme donne ces détails sans hésiter ; cette histoire, il l’a déjà racontée à beaucoup d’inconnus, évaluateurs, bénévoles…

Il passe ses deux premières nuits à la gare et le 28 décembre, un homme s’arrête devant lui pour l’emmener à la Cité administrative, où se trouve la Direction départementale de la cohésion sociale de l’Isère, de l’autre côté de la ville : « C’était un bénévole d’une association, il m’a dit que j’allais être évalué, et je ne savais pas ce que ça voulait dire. »

 

Pile ou face : l'évaluation de la minorité

 

L’évaluation de la minorité est un passage obligé pour les mineurs non accompagnés. Depuis le 15 octobre 2018, à Grenoble, cette tâche revient à six évaluateurs embauchés par le Département. Ils doivent déterminer sixpoints majeurs : l’état civil du jeune, ses conditions de vie dans le pays d’origine, la composition de sa famille, les motifs de son départ, son  parcours migratoire, ses conditions de vie en France et enfin, ses projets sur le territoire.

Si la minorité est confirmée, le jeune est placé en foyer ou en famille d’accueil et orienté vers un parcours scolaire jusqu’à sa majorité. Ceux qui ne sont pas “confirmés mineurs” peuvent engager un recours devant le juge des enfants et ne font l’objet d’aucune prise en charge de la part du Département .

 

30 % des jeunes évalués sont reconnus mineurs par le Département, et les autres, les 70 % restants, sont remis à la rue le soir même.

 

C'est le cas de Moussa. Le 28 décembre 2018, il était reçu à la Cité administrative pour être évalué : « J’étais épuisé par le voyage et les nuits dehors, se souvient-il. Une femme m’a posé plein de questions, sans que je comprenne pourquoi ! C’était comme un interrogatoire de police. » Le jour même, dans l’après-midi, il se voit remettre un papier qui stipule qu’il n’est pas confirmé mineur. Le jeune homme certifie pourtant être né le 30 avril 2002. « On m’a dit : tu n’as pas l’âge que tu prétends. Je n’ai rien compris. »

 

Si un arrêté du 17 novembre 2016 fixe une “trame” à suivre pour les évaluateurs afin de mener l’entretien, la procédure est critiquée par les associations grenobloises (il en est de même au niveau national). « Le constat est que 30 % des jeunes [évalués] sont reconnus mineurs par le Département, et les autres, les 70 % restants, sont remis à la rue le soir même », témoigne Stéphane Dezalay, coresponsable du groupe local de la Cimade. Malgré la “trame” officielle, les procédures d’évaluation varient selon le département ; le taux de reconnaissance oscille ainsi entre 9 % et 100 %. « Ces chiffres sont la preuve que chaque pratique d'évaluation diffère d’un département à un autre ; certains utilisent des critères très stricts et vont refuser plus de jeunes, de manière arbitraire », constate Angélique Giannini, coordinatrice de l’association Médecins du monde qui reçoit beaucoup de jeunes.
 
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Un vendredi matin, au Secours Catholique
 

« Quand je suis sorti de mon entretien, des bénévoles m’ont emmené directement au Secours Catholique. Depuis, je suis entre ses mains pour survivre, tous les jours… », murmure Moussa avec reconnaissance, un jour où nous prenons une pause sur un banc public.

À Grenoble, plusieurs associations assurent donc le quotidien de plusieurs centaines de jeunes sur le territoire : la Cimade, le Secours Catholique, Médecins du monde et des associations locales comme Migrants en Isère, l’Amicale du Nid (pour la prévention de la prostitution), 3Amies (pour la scolarisation), l’Arepi (pour le logement)...

Marie-Noël est depuis plus de vingt ans travailleuse sociale et animatrice au Secours Catholique. C’est elle notamment qui, tous les vendredis après-midi, aide les jeunes à trouver un logement pour la nuit : « Le vendredi soir, c’est la galère car certains foyers ferment le week-end. On doit donc leur trouver une solution pour trois nuits, alors on appelle le 115. Sinon, on fait jouer notre réseau de familles d’accueil aux alentours de Grenoble. »

 

UN DÉNI DE PROTECTION
Depuis 2016, des enjeux politiques et un climat de suspicion croissant se font jour envers les mineurs étrangers sollicitant une protection, ce qui aboutit à une dégradation de la prise en charge de ces jeunes.
Ces dernières années, les équipes locales du Secours Catholique constatent une défaillance croissante des départements, responsables de l’Aide sociale à l’enfance, qui montrent des réticences à remplir leur mission de protection et d’accompagnement des mineurs non accompagnés (MNA). Dans un contexte de bras de fer entre le gouvernement et les conseils départementaux sur les questions budgétaires, les jeunes étrangers sont un moyen de pression politique, déplore Franck Ozouf, en charge du sujet au Secours Catholique. « Pour ne pas assumer pleinement leur prise en charge, les départements affirment que ce sont des migrants avant d’être des enfants, et que ce n’est donc pas du ressort de la politique de l’enfance mais de la politique migratoire gérée, elle, par l’État. »
L’obligation d’accueil provisoire d’urgence, impliquant une prise en charge matérielle, éducative et sanitaire du jeune le temps que sa situation (minorité, dangerosité de son environnement) soit évaluée, est de moins en moins respectée. Dans certains départements, comme l’Isère, cette mise à l’abri provisoire n’existe plus ; dans d’autres, elle est réduite au strict minimum sous la forme d’un hébergement précaire.
Lorsque le jeune est reconnu mineur, il arrive que des conseils départementaux, à l’instar de celui des Bouches-du-Rhône, refusent d’exécuter la prise en charge demandée par le juge des enfants. Enfin, de plus en plus de départements créent des dispositifs dérogatoires pour les MNA, sortant ces derniers du droit commun de la protection de l’enfance au profit d’une prise en charge au rabais. Pour le Secours Catholique, il faut cesser de considérer ces jeunes comme des “migrants à contrôler”, mais réaffirmer leur nécessaire protection au titre des droits de l’enfant afin d’assurer un accueil et une prise en charge adaptés à leur situation de vulnérabilité.
 

25 février 2019 : Enfin l’école !

 

Moussa est en retard. Il arrive en trombe sur un vélo, son grand sourire aux lèvres. « Bonjour Moussa et bienvenue ! » Régine ne lui tient pas rigueur de son retard et fait avec lui le tour du propriétaire : un étage d’immeuble aménagé en salles de classe dans le quartier Saint-Bruno, quartier populaire de Grenoble.

Elle est la directrice de l’association 3Amies, créée il y a presque deux ans pour offrir un accompagnement scolaire aux mineurs non accompagnés ayant introduit un recours. Moussa et Régine s’installent dans le bureau de celle-ci.

Le jeune Guinéen lui raconte son périple. Régine apprend qu’il a quitté l’école il y a plusieurs années, mais estime que son niveau de français est très bon. « Tu as un niveau de sixième par rapport au programme français, mais peut-être as-tu beaucoup plus de connaissances, tu as appris plein d’autres choses ailleurs ! » déclare-t-elle.


Dans le bureau de l'association 3Amies, avec Régine.

La directrice lui explique le projet de 3Amies : “Accueil, aide et accompagnement”. Moussa ne semble pas tout comprendre mais il est de bonne volonté. Après une heure d’entretien, le jeune homme repart avec un rendez-vous pour le lundi suivant, afin de passer une petite évaluation de niveau, à l’issue de laquelle il sera intégré à un groupe pour aller en cours tous les jours. 

Il remonte sur son vélo, comme grandi : « Je suis trop content. M’éduquer, c’est mon seul objectif, pour parler et écrire très bien. J’ai encore du chemin à faire. » Il pourra rester dans le dispositif jusqu’à la décision de justice.

 
 

5 mars – L’entraide entre jeunes

« Courage, mon frère. » Moussa pose la main sur l’épaule de Fodé. Derrière lui, l'hôtel de police où son ami guinéen a rendez-vous à 14 heures. Passage obligé où la Police de l’air et des frontières (PAF) vérifie les papiers d’identité de chaque MNA, ce service est le seul habilité à authentifier l’extrait de naissance lorsqu’il y en a un, une pièce utile ensuite pour le juge des enfants. Les jeunes sont normalement convoqués une fois, la PAF devant contrôler les papiers qu’ils possèdent et faire une prise d’empreintes. « Vas-y et je t’attends là », dit Moussa à Fodé.

Depuis quelques semaines, tous deux sont inséparables. Ils s’épaulent au quotidien. « Fodé m’a accompagné dans mes démarches, à mon arrivée au Secours Catholique. Tous les jeunes ne font pas ça, il y a beaucoup de méfiance. Alors, après, on ne s’est plus quittés, relate Moussa. Dans la vie, il faut marcher avec quelqu’un avec qui vous vous comprenez. » Peut-être parce qu’ils viennent tous deux de Guinée forestière, qu’ils ont connu le Maroc, le Zodiac, l’arrivée difficile en France.

 

J’ai laissé ma vie à Dieu, en fait, depuis que je suis ici. Que faire d’autre ?

 

Moussa s’assoit sur un banc. Le chant des oiseaux et la chaleur du printemps naissant n’apportent pas de répit au jeune homme. Il souffle, fort, et s’assombrit en regardant des photos sur son smartphone, qu’il sort rarement. Sur le fond d’écran : « Ma maman, que j’ai perdue », soupire-t-il. Au bout de quelques secondes, il lâche : « Voilà, ça fait un an que je n’ai pas vu ma famille, je ne donne pas de nouvelles. Je n’y pense pas, quand tu as faim tu ne penses à rien d’autre. » Moussa invoque Dieu. « J’ai laissé ma vie à Dieu, en fait, depuis que je suis ici. Que faire d’autre ? »

 

Deux semaines plus tard, Fodé sera fixé sur son sort, convoqué devant le juge pour enfant. « Depuis mon arrivée, le 13 octobre (2018), j’attends ce moment », dit-il. Moussa observe que lui va devoir encore attendre longtemps, car il est arrivé deux mois après Fodé.

Ce dernier ne se réjouit pas pour autant : « Je ne comprends même plus ce que je fais ici. Je n’ose pas appeler ma maman pour lui raconter ce que je vis ici. » À demi-mot, on comprend que sa présence ici est un choix familial qu’il ne peut pas décevoir…

« invisibles »

En marchant, les deux jeunes hommes devisent. Moussa fait référence à la difficulté d’être Africain en France. Il tente de comprendre ce qu’est le racisme et rit d'anecdotes sur ces Français qui se retournent sur leur passage dans les rues. « Même si les gens nous remarquent, on reste invisibles pour eux ».

Fodé propose d’aller à la bibliothèque, pour se changer les idées. Ils repartiront avec le “Discours sur le colonialisme” d’Aimé Césaire, “De la traite et de l’esclavage des Noirs” d’Abbé Henri Grégoire, et “La fin des colonies françaises » de Bernard Droz...

 

1er avril 2019 : Retour à la case départ ?

 

Lundi, 7 heures du matin. La fin de la trêve hivernale sonne. Les résidents du gymnase Pablo-Picasso, dont Moussa, sont priés de quitter les lieux immédiatement par des vigiles et policiers municipaux de la ville d’Échirolles.

Le gymnase est fermé à clef rapidement, malgré la promesse de l’élue à l’action sociale que le lieu serait ouvert durant une semaine supplémentaire. Des militants du droit au logement sont présents, outrés par l’action plutôt brutale. « On m’avait prévenu que ça risquait de se passer comme ça », observe Moussa. « Je suis parti vite, avec mes affaires. »


Moussa sur son vélo, aux abords du gymnase évacué.

Sur les 40 personnes, 15 se retrouveront à la rue dans les jours qui suivront. De retour à Grenoble, Moussa est redirigé le jour même vers un foyer situé à 10 km du centre-ville de Grenoble, épaulé par le Secours Catholique. Cinq jours de répit mais beaucoup de transports : « Je dois prendre deux bus et beaucoup marcher, c’est dans la montagne ! » Sur les flancs du massif de la Chartreuse, exactement.

Tandis que le périple continue pour Moussa, Fodé reçoit une bonne nouvelle. Trois jours plus tôt, il a été confirmé mineur par le juge des enfants. Il sera bientôt scolarisé dans un lycée professionnel grenoblois. Beaucoup de changements, mais toujours cette amitié : « Malgré les choses qui changent, Moussa et moi on se voit tous les jours », dit-il. Et cela va de soi. Ils font route ensemble, maintenant. 

 

À Grenoble, dans les pas de Moussa

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Clémentine Méténier
Crédits : © Pablo Chignard / Secours Catholique
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