À Toulouse : sous les pavés, le pré

À Toulouse : sous les pavés, le pré

Publié le 18/01/2022
Haute-Garonne
 

Depuis bientôt trois ans, le terrain de Bordeblanche, une friche de 20 000 m2 située au coeur du quartier des Pradettes, à Toulouse, est au centre d’une négociation entre la mairie et un collectif d’associations et d’habitants du quartier. Ce dernier se mobilise pour convaincre l’équipe municipale de ne pas vendre le terrain à des promoteurs immobiliers. Il voudrait y créer une ferme urbaine.
 

Situé à l’ouest de Toulouse, le quartier des Pradettes a vu sa population fortement augmenter ces dernières décennies. Depuis trois ans, un collectif d’associations et d’habitants se bat avec la mairie pour que la dernière friche verte publique du quartier, le terrain de Bordeblanche, ne soit pas vendu à des promoteurs pour la construction de 300 logements supplémentaires. Sur ces 20 000 m2 situés dans la partie la plus densifiée des Pradettes, le collectif souhaite développer une ferme maraîchère, un jardin pédagogique et des potagers collectifs, ainsi qu’une salle de spectacle.

 






La friche de Bordeblanche, au coeur du quartier des Pradettes, à Toulouse.
 

 

Martine

« Certains habitants du quartier nous demandent : « Vous voulez faire quoi ici ? Ce n’est qu’un terrain vague ». Mais moi je ne le vois pas comme ça. Je ne sais pas comment l’expliquer… J’observe plein de choses qui s’y passent. » Chaudement vêtue d’un anorak rose et d’un bonnet en tissu polaire, Martine Taillemite déambule sur la friche de Bordeblanche.

Tout en foulant de ses chaussures de randonnée les herbes hautes encore trempées de la dernière averse, elle cherche les mots justes pour nous permettre d’imaginer tout ce qu’elle perçoit dans cet « écosystème » : la diversité des plantes, les insectes qui pullulent, comme les oiseaux, nombreux à venir se nicher dans les haies.
 

Ce que je souhaite, c’est amener les gens vers ce dont ils se sont éloignés.

Martine.

Martine fait partie de l’association Natures Pradettes qui défend le projet de ferme urbaine. Ce qui lui tient à cœur dans ce projet, « c’est d’amener les gens à ce qu’ils étaient avant, et vers ce dont ils se sont éloignés pour diverses raisons ». À savoir : manger sainement et avoir un jardin. Dans le quartier voisin de la Reynerie, où elle vit, « beaucoup d’habitants sont des enfants d’immigrants. Leurs parents avaient, dans leur pays, un bout de terrain où ils cultivaient des fruits et légumes qu’ils cuisinaient ». Quand elle leur parle de la ferme urbaine, elle n’a pas l’impression « de leur faire violence » mais plutôt que « ça sonne vrai dans leur tête », que « ça répond à quelque chose ». Il y a un réel besoin, est-elle persuadée.

apport humain et environnemental

« Mais on est face à des personnes qui ne raisonnent que par l’argent. Elles ne sont pas d’accord pour mesurer tout l’apport humain et environnemental, regrette Martine. Du coup, c’est compliqué. On se bat face à des gens qui ne nous entendent pas. » Soudainement, ses yeux bleus se plissent, elle se met à rire. « Oups, je suis en train de dire du mal de mon patron. » Depuis qu’elle s’est installée à Toulouse, il y a deux ans, cette quinquagénaire travaille comme contractuelle dans une école municipale où elle fait le ménage.

 
À Toulouse : sous les pavés, le pré
Martine dans son quartier de la Reynerie.
 

« J’ai toujours été militante, sous diverses formes », assure-t-elle . Elle ne sait vraiment l’expliquer, suppose que cela lui vient de l’opposition à son père, « quelqu’un de fermé qui avait peur de tout ce qu’il ne connaissait pas. Mais il n’avait pas d’argument, donc je n’étais pas convaincue ».

Sa fibre écologique aussi remonte à son enfance. Ses parents, mariniers, convoyaient des péniches. « C’était une vie de nomades, proche de la nature, se souvient Martine. Nous vivions de pêche et de cueillette, avec toujours le souci de prendre juste ce dont nous avions besoin pour en laisser à ceux qui passaient derrière nous. »
 

À la Reynerie, je débarquais de la campagne, ça m’a fait un choc. 

Martine.


Martine a vécu à Nancy, où elle a grandi, puis dans le Jura, vingt ans, avec son mari et leurs deux enfants. « J’étais caissière en grande surface. » C’est en 2009, après s’être séparée de son mari, qu’elle a débarqué dans le sud-ouest, pour rejoindre une communauté Emmaüs dans le Tarn-et-Garonne. Une expérience riche humainement, mais au bout d’un moment la vie communautaire a commencé à lui peser. Les années qui ont suivi ont été rythmées par les déménagements et les petits boulots (chantier d’insertion, ouvrière agricole en intérim, plonge et ménage dans un hôtel).

Jusqu’à son installation à Toulouse, en 2019. « Comme je n’ai pas le permis, je cherchais une grande ville avec des transports en commun pour être indépendante. Et puis c’est surtout là qu’il y a du travail. » En arrivant au pied des barres du quartier de la Reynerie, elle avoue avoir songé à repartir. « Je débarquais de la campagne, ça m’a fait un choc. » Mais la vue depuis son balcon sur les platanes et les jardins partagés qui bordent le parking l’a « réconciliée avec l’idée de vivre ici ».

En mai 2020, à la fin du confinement, ne trouvant pas de parcelle disponible en bas de son immeuble, Martine s’est mise à chercher un projet de jardin autour de chez elle. « C’est là que je suis tombée sur un article, dans la presse locale, qui parlait de l’association Nature Pradettes. Il y avait un numéro de téléphone. J’ai appelé et c’est Malik qui a décroché. »

 

Malik

Malik Beldjoudi a failli annuler notre rendez-vous. « Je suis crevé, souffle-t-il, assis à la table de sa cuisine. En ce moment, j’ai envie de lever le pied. » Le bras de fer avec le maire, autour de l’avenir de la friche de Bordeblanche, épuise ce professeur de collège de 49 ans, vice-président de l’association Natures Pradettes.

Ancien ingénieur dans l’industrie aéronautique et spatiale, reconverti dans l’enseignement des mathématiques, Malik est investi à fond, depuis bientôt dix ans, dans la vie du quartier. Au risque parfois de frôler le burn out, comme en cette soirée de novembre où nous le rencontrons. En 2013, lorsqu’il a quitté le monde industriel, en quête de sens, cet engagement citoyen a été salvateur, confie-t-il. « J’étais en pleine bourre, mais au chômage, il fallait que j’utilise mon temps et mon énergie, sinon je sombrais dans la dépression. »
 

À l’époque on ne vivait pas ensemble dans le quartier.

Malik.

Il a alors intégré la commission « Vivre ensemble » du collectif associatif des Pradettes. « À l’époque on ne vivait pas ensemble dans le quartier », considère l’enseignant. Depuis, les choses ont changé, observe-t-il. Et ce, grâce à la forte mobilisation associative et citoyenne dont il a été un élément moteur. « En 2015, nous avons lancé le projet Cap 2030 dans le but d’améliorer la qualité de vie aux Pradettes. » Aujourd’hui, les résultats sont là, assure-t-il. Et de donner deux chiffres : « Il y a eu six événements festifs dans le quartier en 2013, contre 55 en 2021. »

Renouveau

Le symbole de ce « renouveau » est le réaménagement en 2015 de la place des Pradettes. « C’était un lieu glauque avec un square pourri et une contre-allée qui faisait office de " Drive " du trafic de drogue, se souvient-il. Les habitants, notamment les femmes, ne s’y attardaient pas à cause de la présence massive de dealeurs. »

En 2014, le collectif des associations établit une liste des dysfonctionnements du lieu qu’il soumet au maire du quartier. Quelques mois plus tard, la contre-allée est supprimée et le square complètement repensé. « La municipalité s’est emparée de notre diagnostic pour faire un super projet », se réjouit Malik. La place est devenue un lieu de vie. Des concerts y sont organisés et un marché s’y tient tous les samedis matins. « Ce marché, c’est notre Facebook local, s’amuse le professeur de maths. Il a une fonction sociale essentielle, on y croise des personnes de toutes origines et de toutes catégories socio-professionnelles. »

 
À Toulouse : sous les pavés, le pré
Malik dans son salon.
 

Malik tient à ce mélange qui fait la particularité des Pradettes. « Ici, il y a des riches, des pauvres et toute une palette de situations intermédiaires qui font le lien entre les deux », décrit-il. Pour lui, cette mixité, qui n’existe ni dans le quartier bourgeois voisin du Lardenne, ni dans les quartiers populaires environnants du Mirail et de la Reynerie, est « plus qu’importante, c’est le seul modèle de société viable ».

Or elle ne se décrète pas, souligne-t-il : « Il faut la promouvoir, l’encourager, notamment via les enfants pour qui les problématiques d’origine sociale ou culturelle ne sont pas prégnantes comme chez les adultes. Beaucoup de fêtes qu’on organise sont pensées pour eux. Pour qu’ils s’approprient leur territoire, s’y sentent bien. Leurs parents les voient heureux et sont réconciliés avec cette diversité. »
 

La mixité sociale et culturelle ne se décrète pas, il faut la promouvoir, l’encourager.

Malik.

Pour lui, le projet de ferme urbaine s’inscrit dans cette dynamique. Mêlant des enjeux sociaux (notamment d’accès à une bonne alimentation) éducatifs et écologiques, il répond à des aspirations diverses au sein du quartier. De plus, les jardins pédagogiques, mis a disposition des écoles, et les jardins collectifs, ouverts à tous, seront des lieux de travail en commun. Malik en est convaincu : le « vivre ensemble » passe par le « faire ensemble ».

Comment faire en sorte que tout le monde soit intéressé par ce lieu et surtout se sente légitime pour s’y rendre ? « C’est une vraie question, admet-il. Comment attirer ceux qu’on ne voit jamais ? » Pour lui, il n’y a pas dix mille solutions, il faut aller vers eux et les écouter. Le reste : les mails, les annonces dans le journal du quartier, « ça ne marche pas ». Il a pu le constater en organisant au collège des cafés de parents. « Un mot dans le carnet de correspondance, ça ne sert à rien. Pour qu’ils viennent, il faut les appeler. »

Malik mise sur un travail de porte-à-porte effectué par l’association à caractère social Le Pavé, qui est en lien avec les personnes et familles en situation de précarité. Céline, 45 ans, qui vit aux Pradettes et élève seule son garçon de quatre ans, ne sait plus exactement comment elle a eu connaissance du projet de ferme urbaine. Peut-être justement par l’association Le Pavé auprès de qui elle récupère chaque semaine un panier solidaire garni de fruits et légumes bio.

 

Céline 

« Ne faites pas attention aux boîtes aux lettres défoncées et aux parties communes abîmées », s’excuse presque Céline, en ouvrant la porte du hall de son immeuble. Elle s’est installée il y a cinq ans dans ce deux-pièces de 46 m2 situé à deux pas de la place des Pradettes. Touchée par une maladie qui la fatigue énormément, elle reçoit l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Lorsqu’elle a payé son loyer et ses charges, il lui reste un peu moins de 20 euros par jour pour elle et son fils.

Depuis un an et demi, elle va à l’épicerie sociale pour pouvoir mettre un peu d’argent de côté. Auparavant, elle faisait ses courses chez Aldi. « Je prenais toujours les premiers prix, explique-t-elle. Des Knacki, du jambon par paquets de dix tranches… Même des escalopes de dinde, je ne pouvais pas m’en payer. » De temps en temps, elle se rendait à la distribution alimentaire. « On nous donnait essentiellement des boîtes de conserve et des pâtes. »

Manger dignement

L’épicerie lui a permis de diversifier son alimentation. C’est important pour elle de pouvoir « manger dignement ». Elle a a appris l’existence des paniers bio solidaires grâce à un tract. L’initiative l’a intéressée. « C’est meilleur pour la santé, et puis l’écologie fait partie de ma culture familiale », explique la jeune femme originaire de Lorraine.

 
À Toulouse : sous les pavés, le pré
Martine et les membres de Natures Pradettes vont à la rencontre des habitants du quartier pour les informer du projet de ferme urbaine.
 

Son état de fatigue l’empêche de participer aux réunions autour de la ferme urbaine. Mais elle soutient le projet à 100%. « Ça peut apporter davantage de convivialité », estime-t-elle. Sans attaches familiales, elle s’est longtemps sentie isolée aux Pradettes. Elle a essayé de créer du lien avec d’autres parents dans les parcs. « Mais les personnes sont peu réceptives. »
 

Au contact de la terre, mon fils pourrait se préparer à être un adulte qui mange sainement.

Céline.

Ce n’est qu’au mois de septembre dernier, en adhérants aux paniers solidaires, qu’elle a enfin trouvé du répondant. « Des gens sympas qui m’ont facilement donné leurs numéros, se réjouit-elle. C’est peut-être le cadre associatif qui inspire confiance. » Elle voit dans la ferme urbaine qui pourrait voir le jour un « lieu fédérateur ».

Elle s’imagine déjà dans le jardin collectif, « en train de discuter tout en bêchant, avec les enfants qui jouent à côté ». Elle pense aussi à son fils qui au contact de la terre pourrait « apprendre beaucoup de choses et se préparer à être un adulte qui mange sainement ». Cette dimension éducative est au cœur de l’engagement d’Estelle Barbier qui vit dans une zone résidentielle du nord des Pradettes.

 

Estelle

Chevelure blonde coupée au carré, Estelle vient de se garer devant le pavillon de crépi rose qu’elle habite depuis onze ans avec son mari et leurs deux enfants aujourd’hui adolescents. « Désolé, c’est un peu la course le samedi, entre les entraînements de basket et les anniversaires », sourit cette ingénieure en biotechnologie.

Elle est investie au sein de l’association Natures Pradettes comme responsable du jardin pédagogique. « Mes grands-parents avaient un jardin vivrier où, petite, je jardinais avec eux, se souvient-elle. C’est important cette transmission. » Estelle regrette qu’on ait « perdu le lien avec la nature qui est pourtant source de bien-être. Mettre les mains dans la terre, planter une graine, la regarder pousser et voir le fruit de son travail, c’est satisfaisant et enrichissant. »
 

Mes grands parents avaient un jardin vivrier où, petite, je jardinais avec eux. C’est important cette transmission. »

Estelle.

Elle aurait aimé pour ses enfants qu’un tel lieu existe lorsqu’elle et sa famille se sont installés dans le quartier. C’était en 2010, « un peu sur un malentendu », confie-t-elle. Auparavant, ils vivaient au Lardenne, à quelques pâtés de maisons. « Lorsqu’on a voulu acheter, on n’a pas trouvé là-bas. Et l’agent immobilier nous a dit : "C’est comme au Lardenne ici". On n’a pas cherché plus loin. »

 
À Toulouse : sous les pavés, le pré
Une étudiante toulousaine en licence Espace et nouvelles pratiques urbaines, présente à Estelle le travail d’analyse mené par les élèves de sa promotion sur la friche de Bordeblanche.
 

Une fois installés, ils se sont rendus compte auprès d’amis que les Pradettes n’avaient pas bonne réputation. « Au début, ça nous a fait peur. On a hésité à mettre nos enfants dans le privé, dit-elle. Finalement on ne l’a pas fait et on ne le regrette pas. Notre fille et notre fils ont des amis de toutes origines et c’est très bien. »

climat social

Elle apprécie cette mixité « équilibrée » et pense que le projet de ferme urbaine pourrait contribuer à « maintenir un bon climat social, voire même l’améliorer ». À l’instar de Malik elle s’interroge sur la manière de fédérer autour du projet les habitants des zones QPV (Quartier prioritaire de la politique de la ville).

La mairie a pour l’instant accepté la mise en place d’un jardin partagé de 2500 m2. Elle a aussi donné son accord pour la création du jardin pédagogique, mais celui-ci ne sera qu’éphémère. Un « compromis » loin des ambitions de Natures Pradettes, mais dont l’intérêt « est de nous permettre de démarrer quelque chose, pense Estelle. En étant visible, le projet va davantage susciter la curiosité et l’intérêt de personnes que nous avons du mal à atteindre aujourd’hui ». 

En attendant, les membres de l'association font le tour du quartier pour informer et sensibiliser les habitants. L'objectif : rassembler un maximum de monde lors de la marche citoyenne et festive prévue le 26 mars pour défendre le projet de ferme urbaine contre la construction de nouveaux immeubles. Quelques jours plus tard, la mairie doit rendre sa décision. 

 

Dates clés

Mai 2019 : trois habitants des Pradettes proposent trois idées complémentaires dans le cadre de l’appel à projet de la mairie « Toulouse je participe » : une ferme urbaine maraîchère – un jardin de la biodiversité – des jardins collectifs sur le terrain de Bordeblanche, une friche de 20 000 m2 située dans la zone la plus densifiée du quartier. Le projet est sélectionné par un vote des Toulousains, et la mairie choisit de financer un jardin partagé de 2500 m2.

Janvier 2020 : L’association Natures-Pradettes est créée pour promouvoir, développer et créer les conditions d’une ferme urbaine à Bordeblanche.

Décembre 2020 : La mairie de Toulouse, qui a prévu de vendre le terrain à des promoteurs immobilier, accorde à Natures-Pradettes un délai de 15 mois et une aide des services techniques pour structurer son projet.

Février 2021 : Natures-Pradettes est lauréate de l’appel à projet « Ma solution pour le Climat » de la Région Occitanie et obtient un financement de 150 000 euros.

Octobre 2021: La mairie autorise la création sur la friche d’un jardin pédagogique éphémère sur l’année scolaire.
 
Mars 2022 : Le 26, une marche citoyenne et festive est prévue dans le quartier pour défendre le projet de ferme urbaine.
 
Avril 2022 : Après remise de son dossier par Natures Pradettes, la mairie doit annoncer si elle renonce ou non à vendre le terrain de Bordeblanche à des promoteurs immobiliers, au profit du projet de ferme urbaine.
 
 

« Ce n’est pas un combat idéologique »

Par Nicolas Séné, chargé d’animation au département Territoires et Développement Social du Secours Catholique.

« Dans cette mobilisation pour la création d’une ferme urbaine, les habitants du quartier des Pradettes, à Toulouse, défendent quelque chose qui a du sens pour eux, dans leur quotidien et dans leur environnement immédiat. Ce n’est pas un combat idéologique.

Au secours catholique, cela rejoint l’idée de changement social local (CSL) que l’on promeut et qui vise une amélioration durable de la situation des habitants d’un territoire. Le CSL ne peut pas être quelque chose qui tombe d’en haut. Ce sont des personnes qui se mobilisent, réfléchissent ensemble à leurs besoins, entrent en dialogue avec les institutions, avancent, rencontrent des obstacles, ont envie de baisser les bras, puis se remotivent ou non.

Ce qui est intéressant dans ce processus, ce n’est pas seulement ce qui va en naître, l’aboutissement du projet, c’est aussi tout ce qui se passe pendant. Tout ce qui aura été vécu est important, collectivement et individuellement. Collectivement parce que cela redonne aux populations du pouvoir d’agir sur leur propre vie et leur environnement. Individuellement parce que dans le processus collectif, on se transforme nous-même. Le CSL nous enrichit personnellement. »
Benjamin Sèze.
Crédits photos : ©Guillaume Rivière / Secours Catholique
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